Journée de la Recherche et Colloque Epidemio 2020

Journée de la Recherche et Colloque Epidemio 2020

En Octobre, deux journées événements organisées par la Société Centrale Canine pour l’amélioration de la santé de nos chiens

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Le 1er Octobre prochain, la Société Centrale Canine rassemblera avec le soutien d’Agria Assurances pour Animaux, chercheurs, vétérinaires et acteurs majeurs du monde cynophile lors de la 2ème Journée de la Recherche Canine. Les neuf chercheurs conviés ainsi que les vétérinaires lauréats des Prix de Thèse SCC Agria 2019, présenteront leurs travaux sur le chien. Le public présent lors de cette deuxième journée de la Recherche Canine pourra ainsi découvrir un large panel de projets de recherche parmi les quinze financés par le Fonds de Recherche SCC Agria en 2019 et en 2020.

Entre autres interventions, le Dr Hanna Mila (NeoCare, ENVT) présentera les résultats préliminaires du projet sur la détection précoce des septicémies néonatales canines, tandis que le Dr Benoît Hédan (CNRS, Rennes) exposera l’avancement du projet de recherche visant à la compréhension des facteurs génétiques impliqués dans la longévité de l’espèce canine. Par ailleurs, le Dr Barbara Ferry (CNRS, Lyon) viendra parler de ses travaux en neuroscience sur les phénomènes de compensation olfactive chez le chien sourd et sur la mise en place d’une interface tactile pour le dressage d’orientation, et le Dr Christophe Blanchard (Université Paris 13) présentera ses résultats préliminaires dans le domaine de la médiation canine et de l’accompagnement des militaires victimes du syndrome de stress post-traumatique.

 

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Cette première journée dédiée à la recherche canine sera suivie le 21 Octobre d’un colloque événement coorganisée avec l’Académie Vétérinaire de France et nos amis du Livre Officiel des Origines Félines (LOOF) dans les locaux de l’OIE (Organisation Mondiale de la Santé Animale) : plusieurs chercheurs interviendront lors de ce colloque pour sensibiliser le monde vétérinaire et les acteurs des filières d’élevage des carnivores domestiques sur la nécessité de la mise en place d’un réseau de veille sanitaire des maladies contagieuses du chien et du chat en France.

Les années 2019 et 2020 ont en effet été à l’origine d’un constat alarmant sur la filière animaux de compagnie : hormis pour la rage, il n’existe actuellement aucun moyen officiel de surveiller les maladies contagieuses du chien et du chat en France. Ainsi, aucune entité n’était en mesure de prévoir en France les conséquences de l’épidémie de diarrhée survenue chez près de 200 chiens en Norvège en fin d’année 2019. De plus, la crise sanitaire que nous connaissons a jeté un voile de suspicion sur nos chiens et nos chats et nombre d’entre eux ont été soumis à des comportements dangereux devant la crainte de la propagation du SARS-Cov-2.

Il est donc apparu urgent à la Société Centrale Canine et au Livre Officiel des Origines Félines que la question de la création d’un réseau sentinelle dédié au chien et au chat en France soit posée afin de :

  • soutenir les efforts en faveur du bien-être animal en sauvant des vies de chiens et de chats,
  • prévenir les risques économiques sur la filière en protégeant les élevages contre les épidémies,
  • garantir la santé publique et protéger nos animaux de compagnie en surveillant l’émergence potentielle de maladies animales transmissibles à l’homme.

En rassemblant les différents acteurs de la santé animale en France, l’Académie Vétérinaire de France, le LOOF et la Société Centrale Canine souhaitent donc amorcer la création d’un tel réseau en France et en Europe.

Portraits croisés : Barbara Ferry et Dominique Grandjean

Portraits croisés : Barbara Ferry et Dominique Grandjean

Chargée de recherche au Centre de Recherche en Neurosciences du CNRS de Lyon, le docteur Barbara Ferry étudie les capacités olfactives du chien. Ses travaux, notamment soutenus par la Société Centrale Canine, portent sur la mise en évidence des processus sensoriels impliqués dans l’identification d’odeurs complexe (en particulier les odeurs humaines) mais ont aussi pour but la compréhension du lien entre mémorisation olfactive et apprentissage. Afin de nous aider à mieux comprendre les capacités olfactives de l’espèce canine, le docteur Ferry a accepté de répondre à nos questions.

– En tant qu’être humain, il nous est difficile de nous rendre compte de la façon dont nos chiens perçoivent leur environnement, notamment car nous faisons souvent beaucoup d’anthropomorphisme avec nos animaux de compagnie. Pourriez-vous nous décrire le rôle de l’odorat d’un chien dans sa perception du monde ?

On pourrait dire que le chien perçoit le monde à travers son odorat. Les recherches menées depuis une quinzaine d’années sur ce sujet ont permis de montrer que les capacités du chien d’aujourd’hui à détecter et identifier les odeurs résulte du fonctionnement complexe et très élaboré de son organe sensoriel périphérique ainsi que de ses aptitudes à l’apprentissage et sa grande mémoire, qui sont le résultat de cette formidable évolution. Grâce à son exceptionnelle acuité olfactive, le chien perçoit l’odeur de ce qui l’environne bien avant qu’il ne voie l’objet dont elle émane. Le chien est par ailleurs capable de localiser la source de cette odeur, même si celle-ci est présente en infime quantité.

 

– Concrètement, que peut déceler l’odorat de mon chien ? Par exemple, grâce à son flair mon chien est-il capable de savoir que je suis passée à 200 mètres de la maison durant ma journée de travail ou les émotions que j’ai ressenties ?

Les odeurs sont représentées par un mélange complexe de molécules chimiques qui sont présentes en suspension dans l’air. Grâce à ses 250 millions de cellules réceptrices appartenant à 880 types différents, le chien de distinguer des milliers d’odeurs. Mais toutes n’ont pas la même pertinence pour lui, et ce n’est pas parce qu’il ne montre pas de réaction vis-à-vis de certaines odeurs qu’il ne les perçoit pas.

Si vous passez à 200 mètres de votre maison durant votre journée de travail, il y a peu de chances que votre chien, qui sommeille sur le pas de votre porte montre une réaction. En effet pour qu’il montre une réaction de reconnaissance, il faudrait que le vent apporte, sans le diluer, l’ensemble du mélange représentant votre identité olfactive et qui est composé de centaines de molécules organiques volatiles qui la composent.

Quant aux émotions que vous avez pu ressentir, là-aussi, certaines auront une pertinence pour votre chien. Si vous êtes stressée par exemple, votre chien sera peut-être capable de le détecter et de montrer une réaction comportementale. Mais là-encore, je pense que 200 mètres est une distance bien trop importante pour qu’il puisse avoir accès à cette information dans son intégralité.

 

– Quelle est l’influence de la race de mon chien sur ses capacités olfactives ?

Je ne sais pas dans quelle mesure on a pu montrer que certaines races de chiens sont « meilleures » que d’autres dans les tâches de détection olfactives et je n’ai pas de références bibliographiques faisant état de différences statistiquement significatives dans le nombre des récepteurs olfactifs ou dans l’efficacité du flair entre les différentes races de chien. Au départ, sauf preuve du contraire, tous les chiens ont une grande capacité de détection olfactive. En revanche, certaines races se prêtent mieux à la formation de recherche d’odeurs que d’autres, parce qu’elles présentent des caractéristiques dans leur gabarit, leur caractère, leurs capacités d’apprentissage ou de mémorisation et d’attention qui faciliteront leur formation en salle. D’autres races, représentées par les chiens de chasse ont une excellente capacité de pistage d’odeurs mais sont incapables de travailler dans des milieux clos (Saint Hubert, Basset Artésien). Dès lors et pour finir, je dirais qu’il est facile de généraliser mais n’oublions pas que de grandes différences inter-individuelles existent et l’on peut trouver des champions de la détection olfactive et aussi de mauvais détecteurs au sein de chaque race !

 

– Comment apprend-t-on à un chien à détecter une odeur en particulier ?

Même si les procédures utilisées au cours des formations sont propres à chaque spécialité, le principe sur lequel repose le dressage des chiens de détection consiste toujours en un apprentissage simple de type « odeur cible – récompense ». Très rapidement, le chien montre un réel plaisir à effectuer la tâche. Mais surtout, il apprend aussi très vite les règles du jeu consistant à « marquer » l’odeur cible pour obtenir la récompense. En fonction du type de spécialité de dressage, la procédure d’entrainement se complexifie de manière à augmenter la sensibilité olfactive du chien.

 

– En pratique, à quoi sont employés les chiens de détection ?

A partir du moment où le mélange de composés organiques volatile est émis à un seuil détectable par le nez du chien, que la nature de ce mélange est comparable d’un échantillon à l’autre et qu’elle est propre à la cible recherchée, il est possible de conditionner un chien à le détecter. Les domaines dans lesquels les chiens de détection peuvent être employés sont multiples et très variés, allant de la détection médicale (cancers, diabète, stress…), à la détection de stupéfiants ou d’explosifs auprès des forces de secours et de sécurité, en passant par la recherche de personnes ou même la détection de la présence de nuisibles (Cochenille de la vigne, punaises de lit…).

 

– Détecter des virus ou des infections virales chez des personnes grâce à des chiens de détection, est-ce possible ou est-ce une utopie ?

Il nous manque des données aujourd’hui pour être sûr que ce n’est pas une utopie, mais en tous les cas, c’est un beau challenge ! Au vu des données de la littérature, rien ne s’oppose à cette possibilité. On trouve quelques articles montrant que les chiens sont capables d’identifier des patients infectés par certaines bactéries sur la base des  biomarqueurs spécifiques présents dans leurs selles, dans leurs urines ou dans leur haleine, en revanche, il y a très peu de travaux montrant qu’il est possible de former les chiens à identifier la présence d’une infection virale chez l’homme. Les deux seules études publiées sur ce sujet à ma connaissance ont montré que les chiens peuvent détecter la présence de biomarqueurs odorants émanant de cultures de cellules infectées par le virus bovin BVDV (virus bovin de la diarrhée) et, concernant l’organisme vivant, des biomarqueurs odorants spécifique au virus H1N1 chez l’oiseau.

 

Tout d’abord, on ne sait pas si chaque infection virale donne lieu à l’expression de composés organiques volatiles (COV) spécifiques que l’on pourrait retrouver chez tous les patients atteints d’un même virus. Ensuite, l’odeur corporelle d’un être humain est composée de centaines de molécules différentes. Selon moi, et ce qui sera le plus difficile à obtenir de manière fiable et reproductible, c’est un marquage spécifique de l’odeur émise chez un individu lorsque celui-ci est infecté par un virus, car rien ne nous dit aujourd’hui que le métabolisme des cellules infectées par un virus particulier chez l’homme exprimeront des COV qui seront similaires d’un individu à l’autre… Avant de répondre à cette question, il faudra donc procéder à de nombreux essais effectués en double aveugle. Cela prendra sûrement du temps mais le flair exceptionnel du chien mis à la disposition de bons professionnels cynotechniques en France est la recette idéale pour avancer vite et je ne serais pas étonnée d’en entendre parler prochainement !

Le professeur Dominique Grandjean, vétérinaire en charge de l’Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport (UMES) à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort (EnvA) et chef du service vétérinaire de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP), a initié en France les premiers essais visant à entraîner des chiens à la détection de personnes atteintes du Covid-19. Il a accepté de répondre à nos questions pour nous présenter ce projet novateur.

 

– Des chiens de détection de personnes atteintes du Covid-19, c’est possible ?

A la base, il s’agit du projet Nosais développé par l’UMES, pour la détection médicale des cancers et de la maladie de Parkinson par des chiens. Mais des travaux très prometteurs de l’Université d’Auburn (USA) ont montré la capacité du chien a mettre en évidence chez les bovins l’infection virale responsable de la maladie des muqueuses. Alors pourquoi le chien ne pourrait-il pas reproduire la même chose chez l’homme, concernant l’infection au SARS-CoV-2 ? En tout cas, nous, on y croit.

A l’instar de ce que nous faisons, d’autres projets similaires se montent à travers le monde, mais ces équipes travaillent sur d’autres types de prélèvements, comme de l’air expiré ou des masques, ou bien des prélèvements d’urines ou de salive. Nous préférons travailler à partir de la sueur de personnes infectées, qui ne comporte quant à elle pas d’excrétions virales.

Actuellement, les essais ont démarré sur trois site, à Maisons-Alfort, à Ajaccio et à Beyrouth (Liban). Ces chiens vont particulièrement intéresser les aéroports ainsi que la police de l’air et des frontières.

 

– Comment collectez-vous les prélèvements que vous utilisez pour former les chiens ?

Afin que les chiens apprennent à s’arrêter uniquement sur les prélèvements issus de personnes infectées par le SARS-CoV-2, il est nécessaire que les prélèvements proviennent de personnes présentant des symptômes du Covid-19, qui ont été testés positifs par PCR (c’est-à-dire porteur du virus) et qui n’ont reçu un traitement médical que depuis au plus 24 heures. Parallèlement, il nous faut également des prélèvements « contrôles » de personnes non infectées.

Actuellement, nous travaillons avec l’hôpital Bégin (94) et bientôt avec l’hôpital Antoine-Béclère (92) ainsi que d’autres centres hospitaliers de la Seine-et-Marne (77), en Corse et au Liban. Nous avons pu obtenir 50 prélèvements de personnes infectées, mais c’est malheureusement encore insuffisant. D’autant, plus qu’il est essentiel que les chiens comparent les odeurs provenant d’un même centre hospitalier car il est nécessaire que tous les chiens se figent sur une effluve commune qui n’est pas liée aux hôpitaux. Ainsi, le nombre de prélèvements dont nous avons besoin est très important et c’est à l’heure actuelle le plus gros facteur limitant à l’avancement du projet car nous devons en amont obtenir certaines autorisations pour avoir accès à ces prélèvements afin de respecter les normes de sécurité.

 

– Que détectent les chiens concrètement ?

Les chiens ne peuvent pas détecter les anticorps développés par le système immunitaire, car les molécules sont trop grosses pour les récepteurs olfactifs. Par contre, nous pensons qu’ils sont capables de déceler les résidus issus des chaînes métaboliques de réplication du virus lors de l’infection de l’organisme. C’est pourquoi le but du projet est de former les chiens à mettre en évidence des individus porteurs du virus.

 

– Où en êtes-vous du projet ?

Le premier résultat positif pour nous est que les chiens nous ont montré qu’ils existe bien une effluve spécifique chez les personnes infectées. Il nous est arrivé que tous les chiens s’arrêtent sur une odeur qui était marquée négative suite à l’analyse PCR et que l’équipe demande à l’hôpital de vérifier ce résultat : en refaisant l’analyse PCR, il s’est avéré que le prélèvement était en fait positif.

Je dirais que nous sommes à mi-chemin de la phase de formation des chiens. Lorsque les chiens seront suffisamment bien formés à la détection d’odeur sur les prélèvements de personnes infectées, la phase suivante consistera à passer de la détection sur support de prélèvement à la détection sur individu humain.

 

– Quels types de chiens utilisez-vous ?

Nous employons des chiens habitués au travail en ligne, notamment des chiens de DiagNose (Marne) détecteurs d’explosifs et exerçant sur les bagages en soute ou les containeurs de transport aérien. Les pompiers de Seine-et-Marne ont également mis 5 chiens de recherche de personnes sur le projet. Néanmoins ceux-ci ont besoin de s’adapter pendant 8 à jours au format de détection qu’on leur demande. Heureusement, nos maîtres cynophiles sont très qualifiés et savent comment s’y prendre pour aider les chiens à s’adapter rapidement.

Concernant les races, il s’agit essentiellement de chiens de Berger belge ou de Berger allemand, un Cursinu est également entraîné à Ajaccio. Mais cela pourrait être n’importe quelle race, des chiens croisés sont d’ailleurs entraînés à Beyrouth.

Attention à ne pas croire pour autant que tous les chiens détecteurs sont nécessairement de bons candidats : un chien habitué à détecter du clou de girofle (ou n’importe quel aliment par exemple) risquerait de se figer sur des odeurs qu’il connait, et donc de détecter comme positif un prélèvement en fonction de ce que la personne a mangé. C’est pourquoi les chiens détecteurs d’explosifs sont privilégiés, il ne peut pas y avoir d’explosifs dans la sueur !

 

Propos recueillis par le docteur Ambre Jaraud-Courtin

Interview de Marie Abitbol

Interview de Marie Abitbol

Le professeur Marie Abitbol, vétérinaire, enseignante-chercheuse en génétique, consultante en médecine préventive à l’école vétérinaire de Lyon (VetAgro Sup) et membre de la commission scientifique de la SCC a accepté de répondre à nos quelques questions concernant l’impact de la crise sanitaire pour la formation des vétérinaires et sur l’avancement de ses projets de recherche en génétique pendant le confinement.

Comment se déroulent les enseignements pour les futurs vétérinaires à VetAgro Sup ? Quel est l’impact du confinement sur leur formation ?

Tous les enseignements continuent en « distanciel » pour toutes les promotions jusqu’à la fin du déconfinement. Les étudiants disposent des cours sur une plateforme en ligne via des documents écrits, des vidéos de cours et ont accès à des exercices en ligne. De nombreux cours sont également dispensés en direct, grâce à la visioconférence. Ce système fonctionne très bien notamment car il a été mis en place rapidement ; les équipes pédagogiques, la direction et les équipes support de VetAgro Sup ont été très réactives et ont facilité le travail des enseignants. Je n’avais pour ma part plus beaucoup d’enseignement en formation initiale à dispenser cette année, mais les Travaux Dirigés (TD) ont pu être réalisés en ligne sans soucis. Les Travaux Pratiques (TP) de génétique qui étaient prévus ce semestre seront reproposés à la rentrée. Les enseignements reportés seront optionnels mais les élèves sont généralement friands de ces TP notamment car nous y génotypons leurs propres chiens pour la sensibilité médicamenteuse MDR1. Or Bergers australiens, chiens de Berger des Shetland et croisés Border Collie sont particulièrement représentés sur le campus vétérinaire ces dernières années ! [NDLR : la mutation responsable de la sensibilité médicamenteuse MDR1 est fréquente dans ces races.]

 

Savez-vous si les concours d’entrée en école vétérinaire auront lieu cette année ?

Oui, les concours auront bien lieu. Bien que les épreuves orales soient annulées, les épreuves écrites du concours d’entrée en école vétérinaire sont maintenues. Une nouvelle promotion démarrera donc bien sa formation dans chaque école vétérinaire à partir de la rentrée de septembre 2020.

 

Comment avancent vos travaux de recherche sur le chien en cette période inédite ?

La vie du généticien a beaucoup changé depuis 20 ans. Le travail de laboratoire jusqu’alors constitué en grande partie de manips à la paillasse est de moins en moins nécessaire, tandis que les analyses de données sur ordinateur sont devenues prépondérantes. Les projets de recherche sur lesquels je travaille n’ont donc pas vraiment été impactés par la période de confinement. Grâce au concours de thésardes vétérinaires, nous avançons sur l’identification des facteurs génétiques responsables de trois maladies héréditaires canines : la surdité chez le berger de Beauce (non liée à la couleur merle), l’ataxie juvénile du coton de Tuléar et l’ataxie spino-cérébelleuse du berger australien. Ces trois projets de recherche ont d’ailleurs été financés soit par la Société Centrale Canine, soit par le Fond de recherche SCC Agria.

 

Devoir rester chez soi, c’est l’occasion d’apprendre ou de mieux comprendre certaines notions et pourquoi pas la génétique, mais sans professeur cela semble difficile. Que pourriez-vous dire aux lecteurs concernant les modules d’apprentissage en ligne sur les couleurs de robe qui seront proposés prochainement sur le site de la SCC ?

Ces modules sont le fruit d’une collaboration entre la SCC, Royal Canin, Wolf Learning Consulting et l’équipe de génétique de VetAgro Sup. Ils ont été développés afin de démarrer facilement l’apprentissage des bases de la génétique et de la coloration de la robe chez le chien. Nous espérons donc que les éleveurs vont les utiliser pour augmenter en compétence dans ces deux domaines. Ces modules d’apprentissage en ligne constituent en effet une excellente entrée en matière pour comprendre les bases de la génétique puis les tests de maladies et l’interprétation de leurs résultats. Avec le développement des offres de tests génétiques et de la génomique (qui fournit de nombreuses données sur les génotypes des chiens), il peut parfois être difficile d’appréhender certaines notions. Mais nous pensons que celles-ci seront bien plus facilement comprises et assimilées grâce au prisme de la couleur de la robe du chien.

 

En parlant des éleveurs, recevez-vous plus de questions de leur part en matière de génétique en ce moment ?

Je reçois en effet des questions d’éleveurs en matière de génétique, mais pas plus que d’habitude. A mon avis, cela signifie simplement que les éleveurs sont restés très occupés par leurs autres activités (lorsqu’ils en ont), mais sans pour autant délaisser l’activité d’élevage.

 

Vous êtes également consultante en médecine préventive à VetAgro Sup, que pourriez-vous nous dire concernant le fonctionnement des activités cliniques de l’école ?

En accord avec les préconisations des instances vétérinaires, le service de médecine préventive a été fermé au début du confinement. En effet, beaucoup d’actes peuvent être reportés puisqu’ils ne relèvent pas de la médecine d’urgence. Actuellement, hormis pour le service des urgences, toutes les consultations sont suspendues. La réouverture de certaines consultations est prévue pour le 11 mai. Jusqu’à la rentrée de septembre, il est prévu que seuls les élèves de cinquième année et les internes pourront éventuellement reprendre les enseignements cliniques, sur la base du volontariat.

Propos recueillis par le docteur Ambre Jaraud-Courtin.

Le confinement vu par nos voisins : Lettonie, Croatie, Autriche, Allemagne

Le confinement vu par nos voisins : Lettonie, Croatie, Autriche, Allemagne

Nous avons interrogé nos homologues étrangers sur les effets de la quarantaine actuelle sur leur activité.

Voici les questions et les réponses du Kennel Club Letton, du Kennel Club Croate, du Kennel Club Allemand (VDH) et du Kennel Club Autrichien (ÖKV).

1 – Est-ce que des mesures de confinement ont été imposées dans votre pays ?

 

LETTONIE : Tout le monde est en quarantaine depuis le 12 mars. Les travailleurs essentiels peuvent continuer à aller travailler, mais les gens doivent rester chez eux.

CROATIE : La Croatie est confinée jusqu’au 4 mai au moins. Cela signifie que les gens doivent rester chez eux autant que possible, mais qu’ils sont toujours autorisés à sortir, par exemple pour travailler, faire des courses, se promener ou faire de l’exercice. Les personnes doivent garder une distance d’au moins 1,5 mètre à l’extérieur, et 2,5 mètres à l’intérieur, en groupes de moins de 5 personnes. Les bars, restaurants, centres commerciaux, et tous les autres lieux sont généralement fermés.

ALLEMAGNE : Nous sommes confinés au moins jusqu’au 3 mai. Les gens doivent rester chez eux autant que possible, mais sont toujours autorisés à sortir, par exemple pour se promener, faire des courses ou travailler. Les personnes (sans lien de parenté) doivent garder une distance d’au moins 1,5 mètres, à l’extérieur comme à l’intérieur.  À l’exception des personnes vivant dans le même foyer, deux personnes au maximum peuvent se trouver ensemble à l’extérieur. Les visites d’autres foyers ne sont pas autorisées.

AUTRICHE : Depuis le 16 mars, les citoyens ne sont autorisés à quitter leur domicile que pour des raisons strictement spécifiées. Les travailleurs clés sont autorisés à se rendre au travail, mais les gens doivent rester chez eux si le travail à distance est possible. Les masques sont obligatoires dans les transports publics, les magasins et les lieux publics. Les restrictions sociales en matière de distance imposent une distance minimale obligatoire de 1 m. Maximum 5 personnes vivant dans un même foyer sont autorisées à se promener ensemble.

 

 

2 – Les dog shows et autres épreuves de sélection sont-ils annulés ?

 

LETTONIE : Oui, toutes les expositions canines et autres activités canines ont été annulées depuis le 12 mars. Le Kennel Club de Lettonie – LKF a annulé l’exposition CACIB, et tous les clubs ont également annulé les expositions et les manifestations sportives.

CROATIE : Oui, toutes les expositions et autres activités canines ont été annulées jusqu’à nouvel ordre.

ALLEMAGNE : Oui, toutes les grandes expositions canines ont été annulées jusqu’au 31 août. Nous attendons la classification de grands et petits événements. Il est possible que les petites expositions canines et autres activités puissent avoir lieu avant le 31 août.

AUTRICHE : Oui, toutes les expositions canines et autres activités canines ont été annulées jusqu’à fin d’août. Il n’y a pas d’événements majeurs possibles. L’Assemblée Générale du Kennel Club d’Autriche – l’ÖKV a été reportée au 4 juillet 2020.

 

 

3 – Une dérogation aux mesures de confinement est-elle prévue pour certaines activités économiques ? Si oui, l’élevage en fait-il partie ?

 

LETTONIE : Non, nous n’avons pas d’exemption.

CROATIE : Comme nous vous avons informé que nous n’avons pas de quarantaine, l’élevage de chiens est possible, avec certaines exigences.

ALLEMAGNE : L’élevage est théoriquement toujours possible si les règles du point 1 sont respectées, mais la gestion des activités d’élevage est problématique. Les contrôles nécessaires des portées et des chenils sont presque impossibles, et les éleveurs ont parfois des problèmes pour livrer leurs chiots. En Bavière, par exemple, il est interdit de chercher les chiots chez l’éleveur, sauf pour les chiens de travail qui sont formés pour la chasse ou l’assistance.

AUTRICHE : Oui, les « travailleurs essentiels » sont exemptés de la quarantaine. Il est possible de chercher un chiot au domicile de l’éleveur (contrat obligatoire). Les saillies ne sont autorisées que pour les éleveurs qui sont propriétaires à la fois de la lice et de l’étalon.

4 – Concrètement, est-ce que les éleveurs ont le droit d’aller livrer les chiots chez les particuliers ?

 

LETTONIE : Nous n’avons pas de restrictions particulières pour les éleveurs de chiens. Nous devons garder une distance de 2 m, mais nous pouvons livrer des chiots aux nouveaux propriétaires.

CROATIE : Ils sont autorisés à livrer un chiot s’ils peuvent justifier que c’est nécessaire, et s’ils sont enregistrés en tant qu’éleveurs par le Gouvernement.

ALLEMAGNE : La livraison est possible dans la plupart des régions de l’Allemagne si les règles mentionnées sous point 1 sont respectées.  En Bavière, les règles sont plus strictes que dans le reste de l’Allemagne (voir 3).

AUTRICHE : Ils sont autorisés à livrer un chiot s’il existe un contrat en bonne et due forme. Le Gouvernement a publié des directives, et nous avons donné à nos éleveurs quelques conseils pour procéder à la livraison sans propager le virus entre humains.

 

 

5 – Y a-t-il une différence des règles entre les éleveurs professionnels et amateurs ?

 

LETTONIE : Nous n’avons pas une telle terminologie, dans notre législation il n’y a que le terme « éleveur », tous les autres sont des producteurs. Notre Gouvernement n’a pris aucune décision en matière d’élevage.

CROATIE : Les éleveurs doivent être enregistrés par le Gouvernement.

ALLEMAGNE : aucune différence.

AUTRICHE : Il y a seulement des différences en ce qui concerne la fiscalité, mais pas le COVID-2019.

 

 

6 – Comment cela se passe-t-il avec les vétérinaires ? Sont-ils autorisés à faire : la vaccination ? l’identification des chiots ? des certificats de bonne santé pour la vente ? à se déplacer en élevage ?

 

LETTONIE : Les vétérinaires sont autorisés à pratiquer, mais ils doivent se protéger contre le virus eux-mêmes et protéger leurs clients. Opérations uniquement avec programmation préalable.

CROATIE : Les vétérinaires sont autorisés à exercer dans la situation actuelle, mais ils doivent remplir les conditions requises de distance sociale.

ALLEMAGNE : De nombreux vétérinaires ont décidé de réduire les services vétérinaires non essentiels. La plupart d’entre eux continuent à vacciner les chiots. Les éleveurs et les nouveaux propriétaires doivent contacter leur vétérinaire pour savoir ce qu’il propose actuellement.

AUTRICHE : Les vétérinaires sont autorisés à pratiquer dans la situation actuelle, en particulier pour les soins d’urgence et les questions sanitaires relatives à l’élevage.

 

 

7 – Comment cela se passe-t-il pour les refuges ? Sont-ils autorisés à organiser des adoptions ?

 

LETTONIE : Les refuges sont totalement isolés de l’extérieur.

CROATIE : Oui, ils peuvent donner des animaux de compagnie à l’adoption.

ALLEMAGNE : Oui, ils peuvent continuer à placer des animaux après avoir pris rendez-vous avec les parties intéressées. Ils continuent également à accueillir des animaux.

AUTRICHE : La plupart des refuges pour animaux ont cessé le processus d’adoption jusqu’à nouvel ordre.

Le point sur le Covid 19 avec l’Ordre Vétérinaire et l’AFVAC

Le point sur le Covid 19 avec l’Ordre Vétérinaire et l’AFVAC

Dans le contexte actuel de crise sanitaire et de confinement des personnes, nous sommes confrontés à un certain nombre de problématiques pour les éleveurs canins. La Centrale Canine cherche à leur répondre le plus précisément possible en fonction de leurs questions. C’est pourquoi les points suivants ont été abordés avec l’ordre des vétérinaires et l’AFVAC :

  • Je suis éleveur professionnel/particulier. En période de confinement, mon vétérinaire a-t-il le droit :

    • d’identifier mes chiots ?

    • de vacciner mes chiots (primovaccination) ?

    • de rédiger des certificats vétérinaires avant cession pour mes chiots ?

    • de se déplacer jusqu’à mon élevage si nécessaire ?

  • Mon vétérinaire est-il en droit de refuser d’effectuer certains actes s’il juge qu’ils ne sont pas urgents ?

  • Quels conseils donner aux nouveaux propriétaires concernant la primovaccination ? Devront-ils faire réaliser le protocole entier de primovaccination après le confinement ?

 

La réponse du docteur vétérinaire Jacques Guérin, président de l’Ordre National des Vétérinaires :

Les vétérinaires se réfèrent aux recommandations de l’Ordre des vétérinaires dans un contexte de propagation du virus SARS-CoV-2 dont chacun mesure chaque jour les effets délétères sur les personnes fragiles, sur les équipes vétérinaires mais aussi sur les clients des vétérinaires, et nos entourages respectifs.

Vous me permettrez d’évoquer la note de service DGAL/SDSPAS/2020-218 du 1er avril 2020. Elle a pour objet de lister les missions essentielles qui doivent être maintenues dans le respect des règles édictées par le gouvernement dans le cadre de la gestion du Covid19, afin d’en limiter la propagation.
La fin du préambule explicite sans ambiguïté que « dans tous les cas, l’application des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale reste essentielle ». Cette précision doit être comprise comme impérative, préalable à tout acte quel qu’il soit et non négociable pour la sécurité et la santé de tous.
C’est dans ce sens qu’agissent les vétérinaires.

L’instruction technique DGAL/SDSPA/2020 du 20 mars 2020 indique au titre des autres activités vétérinaires libérales, en se référant à l’article 1 du décret 2020-260 du 16 mars 2020 premier alinéa, que « toute activité nécessitant un déplacement chez un détenteur ou propriétaire d’animaux doit se justifier comme étant insusceptible d’être différée ». Cette règle s’applique à l’ensemble des professionnels vétérinaires et non vétérinaires qui interviennent dans les élevages ou à domicile à quelque titre que ce soit. J’attire de plus votre attention sur l’obligation de respecter strictement les mesures d’hygiène définies par le Ministère de la santé et tous les moyens mobilisés pour veiller à leur application, par le personnel et les clients.

Mon  message aux vétérinaires a dès lors été le suivant. Il est constant et  sans  ambiguïté :

– « En considération des moyens de protection qui font défaut (masques FFP2 – gel hydroalcoolique), l’Ordre des vétérinaires recommande de mettre en place opérationnellement et de manière rigoureuse les autres mesures de biosécurité et de promouvoir les gestes barrières définis par le Ministère de la santé auprès des clients, dans les établissements de soins vétérinaires, à leur domicile et sur les lieux d’élevage ».

– « L’Ordre des vétérinaires est pleinement conscient que la mesure de distanciation sociale d’un mètre est peu réaliste à mettre en oeuvre dans de nombreuses situations de notre quotidien professionnel, lorsqu’il s’agit par exemple de contenir un animal ou lors d’opérations de prophylaxie sur les petits ruminants. Les préconisations du gouvernement paraissent bien théoriques et illusoires lorsqu’elles sont regardées à l’aune de la  » vraie vie  » d’un vétérinaire et des équipes qui l’entourent ».

– « L’Ordre des vétérinaires appelle les vétérinaires à prendre leurs décisions de manière raisonnée, en toute connaissance de cause, dans le respect des valeurs attachées à notre profession, profession de santé, sans méconnaître leurs responsabilités de chef d’entreprise ».

Les vétérinaires sont engagés et répondront présents, en toute connaissance des risques qu’ils prennent, pour assumer leur devoir envers la société, de permanence et de continuité des soins aux animaux malades et pour surveiller les maladies réglementées.

Concrètement, cela implique que les vétérinaires font des choix dans leurs modalités d’exercice et le report des actes et des chirurgies qui ne mettent pas en jeu la vie des animaux. L’identification, la vaccination et la certification en font partie.

Dans ces circonstances exceptionnelles, le travail des professionnels s’en trouve dégradé, nous en sommes conscients et sachez bien que nous le déplorons. Chacun de nous doit accepter les effets négatifs du confinement dans sa vie personnelle ou professionnelle. C’est à ce prix que collectivement nous aurons la certitude d’avoir fait le maximum pour sauver des vies et protéger les plus fragiles.

Dès que la situation sanitaire du pays le permettra, soyez assurée que les vétérinaires seront à vos côtés pour reprendre au mieux leurs activités auprès des éleveurs canins et trouver des solutions scientifiquement validées par les experts en matière de continuité des protocoles de vaccination. Des travaux ont déjà démarré à cet effet.

La réponse du docteur vétérinaire Jean-François Rousselot, président de l’AFVAC :

Les mesures barrières s’appliquent à tous et concernent les rapports entre les personnes mais aussi entre l’Homme et l’animal, le chien, notamment, celui-ci pouvant être un support passif du virus transmis par un Homme infecté.

Dans ce contexte grave, inédit, la profession vétérinaire a courageusement relevé le défi de se placer dans des conditions optimales pour ne pas contribuer à l’émergence d’une crise sanitaire animale.

Son choix a été d’assurer tous les soins que le bien-être et la santé des animaux exigeraient, et qui ne seraient pas susceptibles d’être différés, dans le souci de rester au service de l’élevage, canin notamment.

Quelle que soit la légitimité et l’intensité de la pression à laquelle il se trouve soumis, le vétérinaire sollicité ne doit jamais perdre de vue le caractère instable d’une balance bénéfices incertains/risques potentiels, conséquence de la situation sanitaire actuelle, dans laquelle l’appréciation du risque reste de la responsabilité du professionnel de santé. La qualité des informations, généralement téléphoniques, transmises par l’éleveur est primordiale pour faciliter la prise de décision. Le couple éleveur/vétérinaire a déjà une belle expertise positive dans ce domaine !

Chaque situation particulière ne peut trouver de ce fait une solution que dans le cadre du respect scrupuleux de règles générales dont le but est de protéger au mieux la santé de l’éleveur, du vétérinaire et de leurs équipes, tout en apportant dans des conditions aussi bonnes que possible les soins qu’exigent dans une situation donnée, le maintien du bien-être et de la santé des chiens.

Ces règles sont soumises à un respect intransigeant des conditions suivantes :

– le libre accès des établissements de soins vétérinaires est suspendu ;

– les interventions non urgentes doivent être différées ;

– les interventions ne pouvant pas être différées sur site d’élevage ne peuvent se faire que dans des conditions de respect des règles de biosécurité relatives au Covid ;

– la vaccination uniquement si la pression infectieuse le nécessite ;

– les états de lieux en élevage ne sont réalisés qu’en cas de suspicion de maladies sujettes à notification obligatoire.

 

Au bénéfice de nos chiens, elles doivent être scrupuleusement appliquées au cas par cas, après évaluation par le vétérinaire du risque sanitaire et du caractère indispensable ou/et urgent de chaque intervention, afin de ne faire courir de danger, si minime soit-il, à aucun des acteurs.

 

 

Covid19 : comment continuer son activité dans le respect des mesures sanitaires

Covid19 : comment continuer son activité dans le respect des mesures sanitaires

La période actuelle est particulière pour les éleveurs canins car la pandémie de coronavirus oblige un confinement le plus strict possible pour ralentir la propagation du virus entre les êtres humains. Cependant, les animaux ne doivent pas pâtir de cette situation et les éleveurs professionnels doivent pouvoir continuer leur travail. Quelques conseils pour continuer votre activité tout en respectant à la fois les mesures barrière et en assurant le bien-être de vos animaux.

Attention, seuls les éleveurs professionnels déclarés auprès de la Chambre d’agriculture sont autorisés à continuer leur activité professionnelle.

 

En préambule, il faut bien sûr écarter de l’élevage dans la mesure du possible toute personne présentant des symptômes ou testée positive au coronavirus. Si c’est un salarié, il est alors en arrêt maladie. Si vous êtes vous-même malade, il est recommandé de chercher une personne non malade pour s’occuper de l’élevage pendant votre quarantaine. Vous pouvez vous tourner vers la Chambre d’agriculture de votre département pour une aide locale éventuelle.

Pas de visites à l’élevage

Que ce soit une visite de futurs acquéreurs pour choisir un chiot ou bien une visite de vos commerciaux habituels, il ne faut pas recevoir de visites à l’élevage.

Pour les futurs acquéreurs, c’est l’occasion d’essayer les outils de communication qui peuvent vous permettre d’envoyer photos et vidéos des chiots pour faciliter le choix, vous pouvez notamment renseigner la fiche de votre portée sur le portail de la Centrale Canine en passant par votre site Eleveur.

Pour les commerciaux divers que vous avez l’habitude de recevoir à l’élevage, ils seraient évidemment un vecteur de contamination en continuant leurs tournées des élevages. La plupart restent disponibles en télétravail et vous pouvez là aussi faire des rendez-vous à distance si besoin.

Votre vétérinaire

Votre vétérinaire continue d’assurer le service d’urgence et la continuité des traitements en cours. Cependant, il est recommandé de reporter toute consultation ne présentant pas d’urgence. Dans tous les cas, appelez votre vétérinaire avant de vous rendre à son cabinet, il pourra vous conseiller et vous informer des règles mises en place dans son cabinet.

N’hésitez pas à le contacter pour toute question concernant la santé de vos chiens, il vous répondra toujours et vous donnera la marche à suivre.

Saillie chez un autre éleveur

Il est recommandé de ne pas vous rendre chez un autre éleveur pour effectuer une saillie. Si toutefois vous deviez faire ce déplacement (cette nécessité étant sujette à interprétation des forces de l’ordre qui vous contrôleraient – il faudra justifier l’urgence du déplacement), il faut là encore vous munir de tous les justificatifs nécessaires. De plus, il faudra avoir désinfecté la cage de transport avant, prévoir du matériel de protection (blouse, surchaussures, gel hydroalcoolique, masque), ainsi qu’un sac poubelle pour les jeter. En arrivant chez l’autre éleveur, vous équiper avant de le rencontrer, bien respecter la distance de sécurité d’1 m entre les personnes (et bien entendu limiter au strict minimum le nombre de personnes présentes). Une fois la saillie terminée, repartir directement, en enlevant les protections avant de rentrer dans votre voiture et en les jetant directement dans le sac poubelle prévu à cet effet et en vous désinfectant les mains. De retour à l’élevage, mettre votre chien dans la zone de quarantaine et le laver avec des produits adaptés afin de vous assurer qu’il ne soit pas vecteur du virus.

NB : les frontières sont fermées.

 

Rottweiler dog puppies lying down on a white background

Les démarches d’inscription au LOF

Toutes les démarches (déclaration de saillie, déclaration de naissance, déclaration d’inscription) sont disponibles en ligne à partir de votre espace Eleveur LOF Connect. Aucun envoi de documents papier ne sera effectué durant le confinement mais les chiots seront bien inscrits au LOF, suite à votre demande d’inscription en ligne, vous recevrez un document officiel, certificat de naissance provisoire, pour chaque chiot. Ce document est à remettre aux futurs acheteurs.

 

Organiser la vente

Votre activité professionnelle peut continuer malgré le confinement, et vous êtes autorisé à vendre vos chiots.

Pour éviter toute contamination, il est recommandé de faire signer les documents (contrat de vente) en passant par une version électronique. Vous pouvez aussi envoyer de manière électronique les documents d’information nécessaire à la vente.

Vous ne pouvez vendre un chiot que s’il est identifié, vacciné et avec un certificat de bonne santé délivré par votre vétérinaire. Comme indiqué plus haut, voyez directement avec votre vétérinaire s’il peut réaliser ces actes. Là encore, envoyez une copie des justificatifs par voie électronique, sachant que l’original doit être donné avec le chiot.

Pour la livraison en elle-même, il faut là encore prendre toutes les précautions sanitaires. On peut conseiller de ne faire qu’une livraison à la fois afin d’éviter d’être vecteur de contamination entre deux clients. De plus, il faut s’assurer que la famille est prête à recevoir le chiot dans de bonnes conditions, qu’ils ont le matériel adéquat en leur possession et qu’aucun membre de la famille n’est malade ou suspect de contamination afin que l’arrivée du chiot se fasse dans des conditions aussi bonnes que possible. Il faut aussi que la famille d’accueil du chiot ait pris contact avec son vétérinaire traitant pour l’informer de l’arrivée du chiot.

Il faudra avoir désinfecté la cage de transport avant, prévoir du matériel de protection (blouse, surchaussures, gel hydroalcoolique, masque), ainsi qu’un sac poubelle pour les jeter. En arrivant chez le client, vous équiper avant de sortir, bien respecter la distance de sécurité d’1 m entre les personnes (et bien entendu limiter au strict minimum le nombre de personnes présentes). Vous pouvez déposer le chiot avec le minimum d’éléments nécessaires (documents obligatoires) devant la porte de la maison ou de l’immeuble des futurs propriétaires. Vous pouvez en profiter pour leur donner des conseils rapides (tout en respectant toujours les mesures de distance), mais il est conseillé de leur avoir tout envoyé préalablement par voie électronique. Une fois la livraison terminée, repartir directement, en enlevant les protections avant de rentrer dans votre voiture et en les jetant directement dans le sac poubelle prévu à cet effet et en vous désinfectant les mains.

Quels conseils donner aux acquéreurs ?

En cette période particulière, il faudra accompagner les acquéreurs de vos chiots, sûrement plus que vous ne le faites déjà d’habitude. Il faudra leur conseiller de laver le chiot à son arrivée avec des produits adaptés en leur précisant de toujours utiliser des produits développés spécifiquement pour les animaux.

Vous trouverez dans le prochain article des conseils que vous pouvez aussi adapter et leur donner pour sociabiliser son chiot à la maison.

Tous ces conseils et recommandations sont d’actualité au 07 avril 2020 et sont susceptibles d’évoluer en fonction de l’évolution de la situation. Ils prennent notamment en compte les éléments diffusés dans la circulaire « Règles de travail dans l’élevage » publiée jeudi 2 avril : Télécharger le PDF

Les différents services de la Centrale Canine restent mobilisés pour répondre à vos questions :

Merci de nous contacter par e-mail – CLIQUER ICI POUR LES CONTACTS

Par Fleur-Marie Missant – Service Santé et Ressources génétiques de la SCC

Covid19 : un risque pour nos compagnons ?

Covid19 : un risque pour nos compagnons ?

Alors que la pandémie mondiale se poursuit, avec les répercussions dramatiques actuelles, de nombreux propriétaires d’animaux se posent la question de la protection de leur compagnon et du risque éventuel de leur contamination. Il est donc important de comprendre ce qu’est réellement ce virus afin d’avoir les réactions adaptées et de ne pas céder à une vaine panique.

 

Qu’est-ce que « le coronavirus » ?

En réalité, il ne faudrait pas parler «du» coronavirus, mais «des» coronavirus, dont certains sont connus depuis très longtemps (chez l’animal comme chez l’homme). Il existe ainsi de nombreux coronavirus, rassemblés dans une famille appelée Coronaviridae. Ce sont des virus à ARN simple brin, enveloppés. Les particules, quasi-sphériques, sont généralement décorées de projections de surface, en forme de massue ou de pétale, qui créent une image sous microscope électronique, rappelant une  couronne. Cette propriété est à l’origine du nom des virus de cette famille, les « coronavirus ». Ils sont transmis par voie fécale-orale ou par aérosols de sécrétions respiratoires. Ils sont présents dans le monde entier et infectent une large diversité de mammifères et d’oiseaux.

Les coronavirus « classiques » de l’animal n’ont aucune relation avec le SARS-coronavirus-2, responsable du Covid19 humain. Ces coronavirus identifiés chez nos animaux domestiques, n’ont aucun rôle zoonotique, c’est-à-dire que la contamination à l’homme est impossible. Ils ne présentent aucun danger pour l’homme.

Par exemple :

  • Le corona virus félin est un coronavirus entérique, responsable de de la péritonite infectieuse féline (PIF) chez le chat
  • Le coronavirus canin est aussi un coronavirus entérique, responsable d’une diarrhée parfois grave chez le chiot
  • Le coronavirus bovin, responsable d’une diarrhée importante chez le jeune veau

Aucun de ces virus humains ne présente de parenté avec le SARS-CoV2.

Les origines du Covid19

La pandémie de maladie « Covid19 » est une pandémie d’une maladie infectieuse émergente, et provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2, qui débute en 17 novembre 2019 dans la ville de Wuhan, en Chine centrale, puis se propage dans le monde entier.

Au début des années 2000, des coronavirus transmissibles aux humains ou sources de maladies émergentes zoonotiques ont été trouvés chez divers mammifères sauvages notamment vendus sur les marchés chinois : civettes des palmiers, chiens viverrins et pangolins.

Le rôle du marché de Huanan à Wuhan (Chine) reste incertain car l’analyse épidémiologique des premiers cas recensés montre qu’ils ne semblent pas avoir fréquenté ce marché. Les chauves-souris et les pangolins présents sur ce marché semblent les principales pistes de l’origine de ce virus.

 

Covid19 et carnivores domestiques

A la fin mars 2020, deux chiens et un chat sont diagnostiqués contaminés par le SARS-coronavirus 2, l’agent du Covid19 humain. Ces deux chiens (de Hong Kong) et ce chat (de Belgique) ont été contaminés par leur propriétaire malade.

  • Le premier chien, un spitz nain de 17 ans, a été a été diagnostiqué faiblement positif à cinq reprises à partir de prélèvements oraux et nasaux. Les résultats plaident pour l’infection du chien par sa propriétaire.
  • Le deuxième chien, un berger allemand âgé de 2 ans, a été confirmé infecté par le virus, mais n’a pas montré de signes cliniques de la maladie.
  • Le chat vivait en Belgique chez sa propriétaire confinée en isolement après un diagnostic positif. Ce chat a montré des signes cliniques (anorexie, diarrhée, vomissements, toux et respiration superficielle) et s’est révélé positif pour le virus SARS-CoV2 à partir d’échantillons successifs. Neuf jours après le début des signes cliniques, le chat montrait un état général en amélioration.

La contamination des carnivores domestiques est donc possible, mais reste un évènement rare. A ce jour, si la contamination d’un chien ou d’un chat est possible, il ne semble pas y avoir de transmission possible à d’autres animaux ou à l’homme. Ils sont ainsi considérés comme des culs-de-sac épidémiologiques.

Les gestes barrières avec ses animaux :

Nettoyage des mains des maîtres

  • Nettoyer ses mains au savon, pendant au moins 30 secondes, régulièrement
  • Après séchage des mains, appliquer d’une solution hydro-alcoolique

Nettoyage des coussinets chiens et chats qui sortent

  • Nettoyer les coussinets au savon doux et rinçage. Ne pas utiliser de produits biocides, trop agressifs pour la peau des animaux. Utiliser de préférence des produits pour animaux.

Si vous êtes contaminé au coronavirus Covid19 :

  • Éviter les contacts étroits avec son animal, surtout au niveau de la face
  • Désigner une personne proche, non contaminée, pour nourrir et soigner l’animal
  • Garder le collier et la laisse à l’entrée de la maison, sans contact avec le patient positif
  • Poursuivre les promenades du chien, en ramassant ses matières fécales
  • Nettoyer les coussinets plantaires avant et après la promenade
  • Maintenir une distance avec les autres chiens au cours de la promenade

Plus d’information : http://www.afsca.be/comitescientifique/avis/2020/

L’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort a également communiqué sur le Covid 19 dans une vidéo de Sophie Le Poder, professeure de virologie à l’ENVA : https://www.youtube.com/watch?v=Tk3J6dnqgqA

N’abandonnez pas vos compagnons !!

Sur les réseaux sociaux, il semblerait qu’une épidémie d’abandon irait de pair avec l’épidémie Covid19. Il est absolument inutile de se séparer de son animal. Le risque de contamination de celui-ci est extrêmement faible et le risque de propagation ou de dissémination du virus par l’intermédiaire de son chien ou de son chat est considéré à l’heure actuelle comme quasi nul. Quelques gestes barrières suffisent, dans un principe de précaution en vigueur actuellement!

 

 

Par le docteur vétérinaire Alexandre Balzer, CEAV de Médecine Interne et DU de Psychiatrie Vétérinaire

Tests Génomiques : modification importante !

Tests Génomiques : modification importante !

Le Service ADN de la Centrale Canine tient à vous informer d’une modification importante concernant deux tests qui faisaient partie du Pack Génomique.

Les tests des Locus D (Dilution) et M (Merle) ne sont plus disponibles dans les packs génomiques. Cette mesure est provisoire.
Elle permet à notre laboratoire partenaire d’améliorer, à notre demande, la performance des deux tests pour en garantir la fiabilité pour l’ensemble des races concernées par ces Locus.
Nous vous informerons de la réintégration dans les packs génomiques.

Les tests A65 Locus D et A70 Locus M restent disponibles à la commande à l’unité dans le catalogue ADN.

Merci pour votre compréhension.