Covid19 : un risque pour nos compagnons ?

Alors que la pandémie mondiale se poursuit, avec les répercussions dramatiques actuelles, de nombreux propriétaires d’animaux se posent la question de la protection de leur compagnon et du risque éventuel de leur contamination. Il est donc important de comprendre ce qu’est réellement ce virus afin d’avoir les réactions adaptées et de ne pas céder à une vaine panique.

 

Qu’est-ce que « le coronavirus » ?

En réalité, il ne faudrait pas parler «du» coronavirus, mais «des» coronavirus, dont certains sont connus depuis très longtemps (chez l’animal comme chez l’homme). Il existe ainsi de nombreux coronavirus, rassemblés dans une famille appelée Coronaviridae. Ce sont des virus à ARN simple brin, enveloppés. Les particules, quasi-sphériques, sont généralement décorées de projections de surface, en forme de massue ou de pétale, qui créent une image sous microscope électronique, rappelant une  couronne. Cette propriété est à l’origine du nom des virus de cette famille, les « coronavirus ». Ils sont transmis par voie fécale-orale ou par aérosols de sécrétions respiratoires. Ils sont présents dans le monde entier et infectent une large diversité de mammifères et d’oiseaux.

Les coronavirus « classiques » de l’animal n’ont aucune relation avec le SARS-coronavirus-2, responsable du Covid19 humain. Ces coronavirus identifiés chez nos animaux domestiques, n’ont aucun rôle zoonotique, c’est-à-dire que la contamination à l’homme est impossible. Ils ne présentent aucun danger pour l’homme.

Par exemple :

  • Le corona virus félin est un coronavirus entérique, responsable de de la péritonite infectieuse féline (PIF) chez le chat
  • Le coronavirus canin est aussi un coronavirus entérique, responsable d’une diarrhée parfois grave chez le chiot
  • Le coronavirus bovin, responsable d’une diarrhée importante chez le jeune veau

Aucun de ces virus humains ne présente de parenté avec le SARS-CoV2.

Les origines du Covid19

La pandémie de maladie « Covid19 » est une pandémie d’une maladie infectieuse émergente, et provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2, qui débute en 17 novembre 2019 dans la ville de Wuhan, en Chine centrale, puis se propage dans le monde entier.

Au début des années 2000, des coronavirus transmissibles aux humains ou sources de maladies émergentes zoonotiques ont été trouvés chez divers mammifères sauvages notamment vendus sur les marchés chinois : civettes des palmiers, chiens viverrins et pangolins.

Le rôle du marché de Huanan à Wuhan (Chine) reste incertain car l’analyse épidémiologique des premiers cas recensés montre qu’ils ne semblent pas avoir fréquenté ce marché. Les chauves-souris et les pangolins présents sur ce marché semblent les principales pistes de l’origine de ce virus.

 

Covid19 et carnivores domestiques

A la fin mars 2020, deux chiens et un chat sont diagnostiqués contaminés par le SARS-coronavirus 2, l’agent du Covid19 humain. Ces deux chiens (de Hong Kong) et ce chat (de Belgique) ont été contaminés par leur propriétaire malade.

  • Le premier chien, un spitz nain de 17 ans, a été a été diagnostiqué faiblement positif à cinq reprises à partir de prélèvements oraux et nasaux. Les résultats plaident pour l’infection du chien par sa propriétaire.
  • Le deuxième chien, un berger allemand âgé de 2 ans, a été confirmé infecté par le virus, mais n’a pas montré de signes cliniques de la maladie.
  • Le chat vivait en Belgique chez sa propriétaire confinée en isolement après un diagnostic positif. Ce chat a montré des signes cliniques (anorexie, diarrhée, vomissements, toux et respiration superficielle) et s’est révélé positif pour le virus SARS-CoV2 à partir d’échantillons successifs. Neuf jours après le début des signes cliniques, le chat montrait un état général en amélioration.

La contamination des carnivores domestiques est donc possible, mais reste un évènement rare. A ce jour, si la contamination d’un chien ou d’un chat est possible, il ne semble pas y avoir de transmission possible à d’autres animaux ou à l’homme. Ils sont ainsi considérés comme des culs-de-sac épidémiologiques.

Les gestes barrières avec ses animaux :

Nettoyage des mains des maîtres

  • Nettoyer ses mains au savon, pendant au moins 30 secondes, régulièrement
  • Après séchage des mains, appliquer d’une solution hydro-alcoolique

Nettoyage des coussinets chiens et chats qui sortent

  • Nettoyer les coussinets au savon doux et rinçage. Ne pas utiliser de produits biocides, trop agressifs pour la peau des animaux. Utiliser de préférence des produits pour animaux.

Si vous êtes contaminé au coronavirus Covid19 :

  • Éviter les contacts étroits avec son animal, surtout au niveau de la face
  • Désigner une personne proche, non contaminée, pour nourrir et soigner l’animal
  • Garder le collier et la laisse à l’entrée de la maison, sans contact avec le patient positif
  • Poursuivre les promenades du chien, en ramassant ses matières fécales
  • Nettoyer les coussinets plantaires avant et après la promenade
  • Maintenir une distance avec les autres chiens au cours de la promenade

Plus d’information : http://www.afsca.be/comitescientifique/avis/2020/

L’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort a également communiqué sur le Covid 19 dans une vidéo de Sophie Le Poder, professeure de virologie à l’ENVA : https://www.youtube.com/watch?v=Tk3J6dnqgqA

N’abandonnez pas vos compagnons !!

Sur les réseaux sociaux, il semblerait qu’une épidémie d’abandon irait de pair avec l’épidémie Covid19. Il est absolument inutile de se séparer de son animal. Le risque de contamination de celui-ci est extrêmement faible et le risque de propagation ou de dissémination du virus par l’intermédiaire de son chien ou de son chat est considéré à l’heure actuelle comme quasi nul. Quelques gestes barrières suffisent, dans un principe de précaution en vigueur actuellement!

 

 

Par le docteur vétérinaire Alexandre Balzer, CEAV de Médecine Interne et DU de Psychiatrie Vétérinaire

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