Le confinement vu par nos voisins : Grèce, Monténégro, Irlande et Russie

Le confinement vu par nos voisins : Grèce, Monténégro, Irlande et Russie

Nous avons interrogé nos homologues étrangers sur les effets de la quarantaine actuelle sur leur activité.

Voici les questions et les réponses du Kennel Club Grec, du Kennel Club du Montenegro, du Kennel Club Irlandais et du Kennel Club Russe.

Ces réponses sont les dernières que nous avons reçues. Nos voisins ont été eux aussi impactés par la crise du coronavirus, nous continuerons à travailler ensemble pour aider l’élevage de chiens à surmonter cette crise.

1 – Est-ce que des mesures de confinement ont été imposées dans votre pays ?

 

GRECE :  Nous sommes confinés depuis le 13 mars, et depuis le 16 mars, seuls les fournisseurs de denrées alimentaires – supermarchés, boulangeries, boucheries, épiceries, pharmacies, banques, animaleries, et quelques autres commerces – sont ouverts. Du 23 mars au 4 mai au moins, nous avons une quarantaine complète, ce qui signifie que pour pouvoir se déplacer, les gens doivent envoyer un SMS à l’avance, et ils sont autorisés à le faire pour 6 raisons différentes : par exemple, promener le chien / faire de l’exercice, acheter des produits de première nécessité, aller chez le médecin, rendre visite et aider les personnes dans le besoin, etc.

MONTENEGRO : Oui, depuis le 18 mars, tout le monde est en quarantaine ou en auto-isolement. Seuls les travailleurs essentiels sont autorisés à aller travailler, les autres doivent rester à la maison.

IRLANDE : Restez chez vous !

Il existe des exceptions pour certains travailleurs des entreprises clés, mais pour la majorité des gens, la règle est simple : restez chez vous.

C’est la meilleure façon de minimiser le risque du COVID-19 pour vos amis, votre famille et votre communauté. Vous pouvez acheter de la nourriture, vous rendre à vos rendez-vous médicaux, et même sortir pour faire de l’exercice, mais on vous demande de rester chez vous autant que possible. Vous ne pouvez pas organiser une rencontre avec une personne extérieure à votre ménage. Des mesures appelées « cocooning » ont été mises en place pour les personnes de plus de 70 ans, et celles qui sont médicalement extrêmement vulnérables au COVID-19. Elles restent à l’intérieur, et s’isolent autant que possible. A revoir dans 3 semaines.

RUSSIE : Comme la plupart des pays, nous sommes en quarantaine officielle, qui est maintenant annoncée jusqu’au 30 avril, mais qui sera probablement prolongée jusqu’à fin mai, ou mi-mai, selon le nombre de personnes infectées à ce moment-là.

 

 

2 – Les dog shows et autres épreuves de sélection sont-ils annulés ?

 

GRECE : Toutes les expositions et épreuves canines ont été annulées jusqu’au 1er juin.

MONTENEGRO : Oui, toutes les expositions canines et toutes les autres activités canines sont annulées depuis le 18 mars. Avant cela (quelques jours avant le 18 mars), tous les rassemblements ont été interdits. La plupart des expositions canines sont reportées pour l’été.

IRLANDE : Tous les événements canins sont annulés jusqu’à nouvel ordre.

RUSSIE : Bien sûr, aucun événement public n’est autorisé, et nous avons annulé ou reporté toutes les expositions prévues pour ces mois. Notre plus grand événement, « Eurasia », a été reprogrammé pour les 13-14-15 novembre 2020. Pour les expositions d’été, nous attendons toujours la décision officielle, mais il est fort probable que seulement de toutes petites expositions d’élevage puissent avoir lieu jusqu’à la fin du mois d’août.

 

 

3 – Une dérogation aux mesures de confinement est-elle prévue pour certaines activités économiques ? Si oui, l’élevage en fait-il partie ?

 

GRECE : L’élevage canin n’a pas été interdit.

MONTENEGRO : Oui, seuls les travailleurs essentiels sont exemptés de la quarantaine. Il s’agit des soins de santé, de la police, des pompiers, des entreprises de nettoyage, de l’agriculture… l’élevage n’est théoriquement pas interdit.

IRLANDE : Restez chez vous en toutes circonstances, sauf dans les situations suivantes :

– pour se rendre au travail et en revenir, lorsque le travail est considéré comme un service essentiel.

– travailler dans un magasin, une banque ou un bureau de poste essentiels ;

– pour acheter de la nourriture, des médicaments et d’autres produits de santé pour vous-même, votre famille ou une personne vulnérable ;

– pour se rendre à des rendez-vous médicaux ;

– pour des raisons familiales vitales, y compris les soins aux enfants, aux personnes âgées ou vulnérables, mais à l’exclusion des visites familiales à caractère social ;

– pour faire de l’exercice dans un rayon de 2 km de votre maison. Vous ne pouvez pas faire de l’exercice avec des personnes extérieures à votre ménage ;

Services essentiels, magasins, banques et bureaux de poste :

– toute personne qui peut travailler à domicile doit travailler à domicile. Cela inclut les travailleurs essentiels et les travailleurs exerçant des fonctions essentielles au sein du gouvernement, des services publics ou autres ;

– les centres d’éducation communautaire pour adultes et les centres communautaires locaux sont fermés ;

– tous les services essentiels doivent garantir des conditions de travail sûres.

RUSSIE : non renseigné.

 

 

4 – Concrètement, est-ce que les éleveurs ont le droit d’aller livrer les chiots chez les particuliers ?

 

GRECE : Oui, tant que la distanciation sociale est maintenue.

MONTENEGRO : Jusqu’à présent, il n’est pas autorisé de voyager d’une ville à l’autre, et les frontières sont fermées. Je suppose que si l’éleveur fournit un document prouvant que le transport d’un chiot est nécessaire, il pourrait être autorisé.

IRLANDE : La vente de chiens n’est pas considérée comme nécessaire et, en raison des restrictions de déplacement, la livraison est illégale.

RUSSIE : non renseigné.

5 – Y a-t-il une différence des règles entre les éleveurs professionnels et amateurs ?

 

GRECE : En ce qui concerne le Corona virus, il n’y a pas de différence.

MONTENEGRO : Il n’y a pas de différence, tout le monde doit rester à la maison.

IRLANDE : En ce qui concerne le Corona virus, il n’y a pas de différence.

RUSSIE : non renseigné.

 

 

 

6 – Comment cela se passe-t-il avec les vétérinaires ?

Sont-ils autorisés à faire : la vaccination ? l’identification des chiots ? des certificats de bonne santé pour la vente ? à se déplacer en élevage ?

 

GRECE : Les vétérinaires sont autorisés à pratiquer, mais uniquement pour des visites non régulières, comme les urgences, les vaccinations des chiots et les traitements qui ne peuvent pas être reportés.

MONTENEGRO : Les vétérinaires peuvent travailler dans cette situation et peuvent se déplacer pour soigner les chiens, si nécessaire. En général, s’il n’y a pas urgence, il est conseillé de reporter la procédure.

IRLANDE :  Les vétérinaires décident au cas par cas.

RUSSIE : non renseigné.

 

 

7 – Comment cela se passe-t-il pour les refuges ? Sont-ils autorisés à organiser des adoptions ?

 

GRECE : Cela dépend du refuge, mais en tout cas, toutes les précautions contre la propagation du  Corona virus doivent être prises.

MONTENEGRO : Comme les gens ne sont pas autorisés à quitter leur foyer, ils ne sont pas autorisés à se rendre au refuge afin d’adopter un animal de compagnie.

IRLANDE : Pas d’autorisation pour ce service jusqu’à nouvel ordre.

RUSSIE : non renseigné.

FAQ – Déconfinement

FAQ – Déconfinement

Depuis le 11 mai, la France entre en phase de déconfinement. Petit à petit, la Centrale reprend donc ses activités. Nous répondons à vos interrogations à ce sujet avec les informations dont nous disposons.

1 – J’ai fait ma déclaration d’inscription en ligne, quand recevrai-je les certificats de naissance ?

Le service LOF est de retour dans les locaux de la Centrale Canine, nous allons donc éditer les certificats de naissance pour lesquels tout est en règle.

Pour toute question sur un dossier en cours, merci de nous contacter de préférence par mail à lof.eleveur@centrale-canine.fr, cela permettra aux personnes en télétravail de vous renseigner et aux personnes présentes sur site de se consacrer au traitement des dossiers et des envois.

 

2 – Je dois faire une déclaration de saillie ou de naissance, est-ce qu’il vaut mieux la faire en papier ou en ligne ?

 

Nous vous conseillons de continuer à faire vos déclarations en ligne sur votre espace LOFConnect.

Au regard des conditions actuelles, privilégier les déclarations par le web vous garantit un service fiable et rapide, sans délai.

Pour toute question sur la déclaration en ligne, vous trouverez le guide ici : https://www.centrale-canine.fr/articles/decouvrez-lof-connect

 

3 – Où trouver le numéro de portée qui est demandé pour publier une annonce ?

 

Une fois votre déclaration de naissance déclarée en ligne, le numéro est simultanément disponible.

(cf dossiers en cours – numéro de portée)
Dans le cas d’une déclaration de naissance papier :

Si vous avez fourni une adresse e-mail de contact, un mail vous est adressé automatiquement.

Si vous n’avez pas fourni d’adresse e-mail, un courrier vous est adressé.

Attention : Nous vous invitons à utiliser la déclaration en ligne.

 

La SCC ayant été fermée pendant 8 semaines, le délai habituel de traitement est inévitablement rallongé.

4. J’ai fait une demande d’affixe pendant le confinement, est-ce que mon dossier a été traité ?

Les demandes reçues pendant la période de fermeture sont actuellement en cours de traitement.

 

5. J’ai fait une commande de tests génétiques ou de test génomique pendant le confinement, quand recevrai-je le kit de prélèvement ?

 

Le service ADN est de retour dans les locaux de la Centrale Canine, les kits de prélèvement vont donc être envoyés dans les prochains jours, dans l’ordre chronologique des commandes.

La SCC ayant été fermée pendant 8 semaines, le délai habituel de traitement est inévitablement rallongé. Les commandes sont en cours de traitement et vous recevrez prochainement votre kit de prélèvement.

 

Pour toute question sur un dossier en cours, merci de nous contacter de préférence par mail à adn.contact@centrale-canine.fr.

 

6. J’ai envoyé du courrier (dossier de confirmation, déclaration de portée, …) à la Centrale Canine pendant le confinement, l’avez-vous reçu ?

 

Toutes les demandes transmises par courrier seront gérées progressivement, la SCC ayant été fermée pendant 8 semaines, le délai habituel de traitement est inévitablement rallongé. Les équipes font diligence pour réduire le délai de traitement au maximum.

 

N’hésitez pas à envoyer un mail au service concerné pour toute demande de renseignement. Toutes les informations sont ici : https://www.centrale-canine.fr/actualites/le-lof-en-periode-de-confinement-mode-demploi

 

7. Je dois faire confirmer mon chien pour valider la déclaration d’inscription des chiots, comment procéder ?

 

Nous sommes en train d’organiser la reprise des confirmations, qui devrait intervenir rapidement. Nous vous tiendrons informés dès que nous aurons des informations à vous communiquer.

 

8. Ai-je le droit d’aller chez mon vétérinaire s’il se trouve à plus de 100km ?

 

Pour aller chez votre vétérinaire, prenez rendez-vous avant. S’il se trouve à plus de 100km et que la consultation est une urgence, vous pouvez faire une attestation de déplacement. Si la consultation n’est pas une urgence, vous ne pouvez pas y aller pour l’instant.

 

9. Est-il possible d’aller à l’étranger pour livrer des chiots ou faire une saillie ?

 

Non, pour l’instant les frontières sont fermées.

 

10. Comment rester informé(e) de la suite des évènements ?

 

Pour toute question, n’hésitez pas à nous contacter par mail : https://www.centrale-canine.fr/articles/nous-contacter

 

La prochaine newsletter est prévue pour le vendredi 29 mai. Nous adapterons ensuite le rythme à la situation et aux informations que nous aurons à vous communiquer. En attendant, vous retrouverez toutes les informations sur notre site web (https://www.centrale-canine.fr/) et sur notre page Facebook Société Centrale Canine.

Covid 19 : Le point de vue des pensions

Covid 19 : Le point de vue des pensions

Le confinement a laissé des traces dans de nombreuses activités canines, notamment, les pensions pour chiens. Tous nos interlocuteurs sont unanimes : le confinement a véritablement tué l’activité et ce n’est pas terminé. 

La Pouponnerie

Nos interlocuteurs n’y vont pas par quatre chemins. A l’instar de Jocelyne Poupon et de sa fille Justine, qui gèrent une structure importante à deux heures de Paris : l’élevage Du Pré Moussey spécialisé dans le golden retriever et le berger allemand ainsi que différentes races de petits chiens d’agrément.

Elle est installée dans l’Aube (10) à Virey-sous- Bar, où se trouvent ses principales installations : « Depuis l’annonce du confinement et son démarrage effectif le 16 mars, notre activité pension est réduite à néant. Les habitués, qui partaient en week-end, prenait quelques jours de vacances à Pâques et ceux qui prenaient la poudre d’escampette pour s’évader sur un autre continent, aucun d’eux n’est bien entendu venu cette année. Ceux qui avaient posé une réservation ont demandé d’être remboursés. Les seuls clients qui viennent mettre leur chien en pension sont obligés de le faire sinon ils s’abstiennent ! Même le salon de toilettage est à l’arrêt car, comme le coiffeur, nous devons être fermés et les chiens qu’il faut impérativement toiletter à cette époque devront patienter… ».

La messe est dite ?

Pour Jocelyne, la pension, c’est mort actuellement, et ça risque évidement de perdurer car les vacances d’été s’annoncent catastrophiques pour la profession. En juillet et août, le taux de remplissage d’une pension est de 100%. Mais les annonces gouvernementales concernant les voyages à l’étranger et l’absence de visibilité face à cette pandémie, impliquent que nombre de clients habituels vont rester dans l’hexagone et choisir un lieu de vacances où les chiens seront acceptés. Résultat, une année très difficile à passer pour les pensions canines !

Pour mettre un peu de « baume au cœur » face à cette situation, Jocelyne rajoute : « Heureusement, contrairement à certains de nos confrères qui ne font que de la Pension, nous avons un élevage qui marche bien, avec une demande particulièrement soutenue depuis mars. Les demandes sont telles que nous ne pouvons toutes les satisfaire et nous invitons tous les futurs clients à s’armer de patience ».

Même son de cloche entendu dans l’élevage Du Haras de la Vergne géré par Bastien et Mathilde Charpigny qui considèrent cette année 2020 comme « catastrophique pour les pensions canines et félines » et sur le plan économique, des difficultés dont ils se seraient bien passés.

 

Les dresseurs qui ont une pension nous ont également fait part de leur désarroi face à des parcs, boxes et courettes vides. 

De Lady Noire

Autre point de vue, celui de Outi Kerkela et de son conjoint Thierry Marquet qui élèvent des schnauzers géants et nains dans le sud de l’Essonne sous l’affixe Scapman’s.
Ils ont une pension avec service de toilettage dont l’activité est actuellement réduite à néant. « Jamais je n’ai été confrontée à une telle situation. Habituellement, au mois de mars, les clients partaient au ski et laissaient leurs chiens et/ou chats en pension, puis également pendant les vacances de Pâques entre fin avril et début mai. Avec le confinement, je n’ai pas vu un seul client tout comme mon Salon de Toilettage alors que nous pouvions parfaitement gérer la venue de chaque client en respectant scrupuleusement les règles sanitaires en matière de Covid-19. ».
Plusieurs milliers d’euros si ce n’est beaucoup plus sont partis en fumée… plus précisément un chiffre d’affaire nul pour les activités de service annonce des lendemains difficiles. Et pire encore, selon elle, la pension cet été ne fera pas le plein alors que les factures des fournisseurs et des différents organismes seront bien au rendez-vous. Elle a donc déposé avec son expert-comptable un dossier afin d’être en partie indemnisée, mais pour l’instant, rien n’est venu créditer le compte bancaire de son activité pension ou toilettage.
« Dans une telle situation, je ne peux pas tourner en rond comme un lion en cage :  mes chiens sont toilettés au poil près, les installations nettoyées et repeintes, modernisées… Il faut bien que l’absence de clients me permette de préparer la reprise ».

Autre opinion, dans la lignée des précédentes : celle de Sylvain Raclin, qui sélectionne sous l’affixe De Lady Noire des bergers allemands et des bergers belges malinois pour le travail. Il est installé à Pernes-Les-Fontaines dans le Vaucluse (près d’Avignon). A côté de ses activités d’éleveur, il possède un terrain d’éducation et de dressage et gère également une pension : « Pour la première fois depuis la création de notre pension, je n’ai reçu aucune réservation pour le mois de mai, alors qu’habituellement les mois d’avril et de mai avec les vacances de Pâques et les ponts sont bien remplis. J’avais quelques chiens en pension début mars, qui sont partis entre-temps et depuis, je n’ai pas un seul pensionnaire dans mes boxes ! ».
Le dressage, n’en parlons pas, les terrains sont fermés donc pas d’entrainement et de préparation pour les futurs concours et compétitions. Et la réouverture ne se présente pas sous les meilleurs auspices.
Quant à l’élevage, « J’ai même vu des clients annuler car ils ne voulaient pas prendre en charge une partie des frais de livraison. Car bien entendu, ils ne peuvent pas se déplacer pour venir chercher leur chiot lorsqu’ils ont plusieurs centaines de kilomètres à parcourir. Donc ils annulent et repoussent à une date ultérieure, sans préciser de date. Avec des réservations annulées sur les meilleurs mois, l’année s’annonce catastrophique pour notre pension ».

 

Dans le midi, les touristes étaient souvent de bons clients occasionnels qui venaient chaque année, lui confier leurs chiens et/ou chats, et pour l’instant, il n’y a aucune réservation soulignent tous nos interlocuteurs très inquiets pour leur activité de pension. 

Le Palais des Papes

Du côté d’Avignon, l’élevage du Palais des Papes fondé au début des années 80 par Serge Laugier, sélectionne plusieurs races. La société dispose également d’une pension importante. Installé sur une propriété de 3,5 hectares, son emplacement se situe à quelques minutes du centre-ville historique d’Avignon. Pension canine, pension féline, salon de toilettage, magasin spécialisé, terrain d’éducation et de dressage attenant, tout est fait pour qu’un propriétaire puisse trouver tout ce qu’il peut souhaiter sur un même site. De surcroît, il y a un élevage important qui bénéficie d’installations de tout premier ordre. Et pour aller plus loin, l’élevage accueille également deux séances de confirmation sur son site chaque année. Mais le confinement est venu tout bousculer.
Pour Serge Laugier, le créateur de cette très belle structure, « C’est la galère depuis février pour l’activité pension, car nous avons vu les prémices de cette crise arriver dès la période des vacances d’hiver avec beaucoup d’annulations. A cette période, lors d’un voyage personnel, j’étais stupéfait par le nombre de passagers avec un masque et je pressentais que quelque chose de grave arrivait…
Sur les quatre premiers mois, j’accuse une baisse significative de mon chiffre d’affaires avec une activité pension réduite à néant, tout comme le service toilettage et la boutique d’aliments et accessoires a été désertée par nos client habituels. Je peux estimer la perte à près de 10 000 Euros par mois. Et ce n’est pas terminé, car le mois de mai, qui avec le mois d’août et les vacances de Noël, représente une période capitale pour la pension, je ne vais rien faire et je suis très inquiet pour cette période estivale habituellement pleine.
Heureusement, notre activité majeure, l’élevage, marche bien, très bien même, avec des ventes et des réservations record !
Je passais depuis quelques semaines tellement de jours sur nos outils en ligne afin de répondre aux personnes recherchant un chiot, que ce soit pour l’acquérir tout de suite ou à réserver, que j’ai pour l’instant arrêté de répondre à toutes les sollicitations. Dans le contexte actuel, nous sommes une équipe réduite pour nous occuper de l’élevage, des portées, des naissances etc…et je n’ai plus le temps de tout faire !
Avec mon statut d’exploitant agricole, je m’occupe également de livrer les chiots chez les acquéreurs et dans le même temps, je leur livre les croquettes et les accessoires requis
 ».

 

2020 s’annonce comme une année noire pour la grande majorité des professionnels du secteur et ce n’est malheureusement pas terminé !  

Portraits croisés : Barbara Ferry et Dominique Grandjean

Portraits croisés : Barbara Ferry et Dominique Grandjean

Chargée de recherche au Centre de Recherche en Neurosciences du CNRS de Lyon, le docteur Barbara Ferry étudie les capacités olfactives du chien. Ses travaux, notamment soutenus par la Société Centrale Canine, portent sur la mise en évidence des processus sensoriels impliqués dans l’identification d’odeurs complexe (en particulier les odeurs humaines) mais ont aussi pour but la compréhension du lien entre mémorisation olfactive et apprentissage. Afin de nous aider à mieux comprendre les capacités olfactives de l’espèce canine, le docteur Ferry a accepté de répondre à nos questions.

– En tant qu’être humain, il nous est difficile de nous rendre compte de la façon dont nos chiens perçoivent leur environnement, notamment car nous faisons souvent beaucoup d’anthropomorphisme avec nos animaux de compagnie. Pourriez-vous nous décrire le rôle de l’odorat d’un chien dans sa perception du monde ?

On pourrait dire que le chien perçoit le monde à travers son odorat. Les recherches menées depuis une quinzaine d’années sur ce sujet ont permis de montrer que les capacités du chien d’aujourd’hui à détecter et identifier les odeurs résulte du fonctionnement complexe et très élaboré de son organe sensoriel périphérique ainsi que de ses aptitudes à l’apprentissage et sa grande mémoire, qui sont le résultat de cette formidable évolution. Grâce à son exceptionnelle acuité olfactive, le chien perçoit l’odeur de ce qui l’environne bien avant qu’il ne voie l’objet dont elle émane. Le chien est par ailleurs capable de localiser la source de cette odeur, même si celle-ci est présente en infime quantité.

 

– Concrètement, que peut déceler l’odorat de mon chien ? Par exemple, grâce à son flair mon chien est-il capable de savoir que je suis passée à 200 mètres de la maison durant ma journée de travail ou les émotions que j’ai ressenties ?

Les odeurs sont représentées par un mélange complexe de molécules chimiques qui sont présentes en suspension dans l’air. Grâce à ses 250 millions de cellules réceptrices appartenant à 880 types différents, le chien de distinguer des milliers d’odeurs. Mais toutes n’ont pas la même pertinence pour lui, et ce n’est pas parce qu’il ne montre pas de réaction vis-à-vis de certaines odeurs qu’il ne les perçoit pas.

Si vous passez à 200 mètres de votre maison durant votre journée de travail, il y a peu de chances que votre chien, qui sommeille sur le pas de votre porte montre une réaction. En effet pour qu’il montre une réaction de reconnaissance, il faudrait que le vent apporte, sans le diluer, l’ensemble du mélange représentant votre identité olfactive et qui est composé de centaines de molécules organiques volatiles qui la composent.

Quant aux émotions que vous avez pu ressentir, là-aussi, certaines auront une pertinence pour votre chien. Si vous êtes stressée par exemple, votre chien sera peut-être capable de le détecter et de montrer une réaction comportementale. Mais là-encore, je pense que 200 mètres est une distance bien trop importante pour qu’il puisse avoir accès à cette information dans son intégralité.

 

– Quelle est l’influence de la race de mon chien sur ses capacités olfactives ?

Je ne sais pas dans quelle mesure on a pu montrer que certaines races de chiens sont « meilleures » que d’autres dans les tâches de détection olfactives et je n’ai pas de références bibliographiques faisant état de différences statistiquement significatives dans le nombre des récepteurs olfactifs ou dans l’efficacité du flair entre les différentes races de chien. Au départ, sauf preuve du contraire, tous les chiens ont une grande capacité de détection olfactive. En revanche, certaines races se prêtent mieux à la formation de recherche d’odeurs que d’autres, parce qu’elles présentent des caractéristiques dans leur gabarit, leur caractère, leurs capacités d’apprentissage ou de mémorisation et d’attention qui faciliteront leur formation en salle. D’autres races, représentées par les chiens de chasse ont une excellente capacité de pistage d’odeurs mais sont incapables de travailler dans des milieux clos (Saint Hubert, Basset Artésien). Dès lors et pour finir, je dirais qu’il est facile de généraliser mais n’oublions pas que de grandes différences inter-individuelles existent et l’on peut trouver des champions de la détection olfactive et aussi de mauvais détecteurs au sein de chaque race !

 

– Comment apprend-t-on à un chien à détecter une odeur en particulier ?

Même si les procédures utilisées au cours des formations sont propres à chaque spécialité, le principe sur lequel repose le dressage des chiens de détection consiste toujours en un apprentissage simple de type « odeur cible – récompense ». Très rapidement, le chien montre un réel plaisir à effectuer la tâche. Mais surtout, il apprend aussi très vite les règles du jeu consistant à « marquer » l’odeur cible pour obtenir la récompense. En fonction du type de spécialité de dressage, la procédure d’entrainement se complexifie de manière à augmenter la sensibilité olfactive du chien.

 

– En pratique, à quoi sont employés les chiens de détection ?

A partir du moment où le mélange de composés organiques volatile est émis à un seuil détectable par le nez du chien, que la nature de ce mélange est comparable d’un échantillon à l’autre et qu’elle est propre à la cible recherchée, il est possible de conditionner un chien à le détecter. Les domaines dans lesquels les chiens de détection peuvent être employés sont multiples et très variés, allant de la détection médicale (cancers, diabète, stress…), à la détection de stupéfiants ou d’explosifs auprès des forces de secours et de sécurité, en passant par la recherche de personnes ou même la détection de la présence de nuisibles (Cochenille de la vigne, punaises de lit…).

 

– Détecter des virus ou des infections virales chez des personnes grâce à des chiens de détection, est-ce possible ou est-ce une utopie ?

Il nous manque des données aujourd’hui pour être sûr que ce n’est pas une utopie, mais en tous les cas, c’est un beau challenge ! Au vu des données de la littérature, rien ne s’oppose à cette possibilité. On trouve quelques articles montrant que les chiens sont capables d’identifier des patients infectés par certaines bactéries sur la base des  biomarqueurs spécifiques présents dans leurs selles, dans leurs urines ou dans leur haleine, en revanche, il y a très peu de travaux montrant qu’il est possible de former les chiens à identifier la présence d’une infection virale chez l’homme. Les deux seules études publiées sur ce sujet à ma connaissance ont montré que les chiens peuvent détecter la présence de biomarqueurs odorants émanant de cultures de cellules infectées par le virus bovin BVDV (virus bovin de la diarrhée) et, concernant l’organisme vivant, des biomarqueurs odorants spécifique au virus H1N1 chez l’oiseau.

 

Tout d’abord, on ne sait pas si chaque infection virale donne lieu à l’expression de composés organiques volatiles (COV) spécifiques que l’on pourrait retrouver chez tous les patients atteints d’un même virus. Ensuite, l’odeur corporelle d’un être humain est composée de centaines de molécules différentes. Selon moi, et ce qui sera le plus difficile à obtenir de manière fiable et reproductible, c’est un marquage spécifique de l’odeur émise chez un individu lorsque celui-ci est infecté par un virus, car rien ne nous dit aujourd’hui que le métabolisme des cellules infectées par un virus particulier chez l’homme exprimeront des COV qui seront similaires d’un individu à l’autre… Avant de répondre à cette question, il faudra donc procéder à de nombreux essais effectués en double aveugle. Cela prendra sûrement du temps mais le flair exceptionnel du chien mis à la disposition de bons professionnels cynotechniques en France est la recette idéale pour avancer vite et je ne serais pas étonnée d’en entendre parler prochainement !

Le professeur Dominique Grandjean, vétérinaire en charge de l’Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport (UMES) à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort (EnvA) et chef du service vétérinaire de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP), a initié en France les premiers essais visant à entraîner des chiens à la détection de personnes atteintes du Covid-19. Il a accepté de répondre à nos questions pour nous présenter ce projet novateur.

 

– Des chiens de détection de personnes atteintes du Covid-19, c’est possible ?

A la base, il s’agit du projet Nosais développé par l’UMES, pour la détection médicale des cancers et de la maladie de Parkinson par des chiens. Mais des travaux très prometteurs de l’Université d’Auburn (USA) ont montré la capacité du chien a mettre en évidence chez les bovins l’infection virale responsable de la maladie des muqueuses. Alors pourquoi le chien ne pourrait-il pas reproduire la même chose chez l’homme, concernant l’infection au SARS-CoV-2 ? En tout cas, nous, on y croit.

A l’instar de ce que nous faisons, d’autres projets similaires se montent à travers le monde, mais ces équipes travaillent sur d’autres types de prélèvements, comme de l’air expiré ou des masques, ou bien des prélèvements d’urines ou de salive. Nous préférons travailler à partir de la sueur de personnes infectées, qui ne comporte quant à elle pas d’excrétions virales.

Actuellement, les essais ont démarré sur trois site, à Maisons-Alfort, à Ajaccio et à Beyrouth (Liban). Ces chiens vont particulièrement intéresser les aéroports ainsi que la police de l’air et des frontières.

 

– Comment collectez-vous les prélèvements que vous utilisez pour former les chiens ?

Afin que les chiens apprennent à s’arrêter uniquement sur les prélèvements issus de personnes infectées par le SARS-CoV-2, il est nécessaire que les prélèvements proviennent de personnes présentant des symptômes du Covid-19, qui ont été testés positifs par PCR (c’est-à-dire porteur du virus) et qui n’ont reçu un traitement médical que depuis au plus 24 heures. Parallèlement, il nous faut également des prélèvements « contrôles » de personnes non infectées.

Actuellement, nous travaillons avec l’hôpital Bégin (94) et bientôt avec l’hôpital Antoine-Béclère (92) ainsi que d’autres centres hospitaliers de la Seine-et-Marne (77), en Corse et au Liban. Nous avons pu obtenir 50 prélèvements de personnes infectées, mais c’est malheureusement encore insuffisant. D’autant, plus qu’il est essentiel que les chiens comparent les odeurs provenant d’un même centre hospitalier car il est nécessaire que tous les chiens se figent sur une effluve commune qui n’est pas liée aux hôpitaux. Ainsi, le nombre de prélèvements dont nous avons besoin est très important et c’est à l’heure actuelle le plus gros facteur limitant à l’avancement du projet car nous devons en amont obtenir certaines autorisations pour avoir accès à ces prélèvements afin de respecter les normes de sécurité.

 

– Que détectent les chiens concrètement ?

Les chiens ne peuvent pas détecter les anticorps développés par le système immunitaire, car les molécules sont trop grosses pour les récepteurs olfactifs. Par contre, nous pensons qu’ils sont capables de déceler les résidus issus des chaînes métaboliques de réplication du virus lors de l’infection de l’organisme. C’est pourquoi le but du projet est de former les chiens à mettre en évidence des individus porteurs du virus.

 

– Où en êtes-vous du projet ?

Le premier résultat positif pour nous est que les chiens nous ont montré qu’ils existe bien une effluve spécifique chez les personnes infectées. Il nous est arrivé que tous les chiens s’arrêtent sur une odeur qui était marquée négative suite à l’analyse PCR et que l’équipe demande à l’hôpital de vérifier ce résultat : en refaisant l’analyse PCR, il s’est avéré que le prélèvement était en fait positif.

Je dirais que nous sommes à mi-chemin de la phase de formation des chiens. Lorsque les chiens seront suffisamment bien formés à la détection d’odeur sur les prélèvements de personnes infectées, la phase suivante consistera à passer de la détection sur support de prélèvement à la détection sur individu humain.

 

– Quels types de chiens utilisez-vous ?

Nous employons des chiens habitués au travail en ligne, notamment des chiens de DiagNose (Marne) détecteurs d’explosifs et exerçant sur les bagages en soute ou les containeurs de transport aérien. Les pompiers de Seine-et-Marne ont également mis 5 chiens de recherche de personnes sur le projet. Néanmoins ceux-ci ont besoin de s’adapter pendant 8 à jours au format de détection qu’on leur demande. Heureusement, nos maîtres cynophiles sont très qualifiés et savent comment s’y prendre pour aider les chiens à s’adapter rapidement.

Concernant les races, il s’agit essentiellement de chiens de Berger belge ou de Berger allemand, un Cursinu est également entraîné à Ajaccio. Mais cela pourrait être n’importe quelle race, des chiens croisés sont d’ailleurs entraînés à Beyrouth.

Attention à ne pas croire pour autant que tous les chiens détecteurs sont nécessairement de bons candidats : un chien habitué à détecter du clou de girofle (ou n’importe quel aliment par exemple) risquerait de se figer sur des odeurs qu’il connait, et donc de détecter comme positif un prélèvement en fonction de ce que la personne a mangé. C’est pourquoi les chiens détecteurs d’explosifs sont privilégiés, il ne peut pas y avoir d’explosifs dans la sueur !

 

Propos recueillis par le docteur Ambre Jaraud-Courtin

E-learning : 4 modules pour comprendre la couleur de robes

E-learning : 4 modules pour comprendre la couleur de robes

La Centrale Canine vous offre 4 modules de e-learning sur les couleurs de robes. Ces modules forment un parcours d’apprentissage complet sur les couleurs de robes et la génétique de ces caractères :

1)      Un premier module rappelle les bases de la génétique appliquées au chien et aux couleurs de robes.

https://www.centrale-canine.fr/articles/e-learning-couleurs-de-robes-1-rappels-de-genetique

2)      Le deuxième module est un voyage au cœur du poil afin de comprendre le métabolisme qui donne la coloration du poil.

https://www.centrale-canine.fr/articles/e-learning-couleurs-de-robes-2-voyage-au-coeur-du-poil

3)      Ensuite, vous apprendrez les gènes les plus importants qui gouvernent la couleur et leurs interactions.

https://www.centrale-canine.fr/articles/e-learning-couleurs-de-robes-3-les-genes-gouvernant-la-couleur

4)      Pour finir, le 4ème module sera une mise en application des connaissances sur la génétique des couleurs de robe dans le cadre de l’élevage.

https://www.centrale-canine.fr/articles/e-learning-couleurs-de-robes-4-predire-la-couleur-des-chiots

 

Après avoir suivi cette formation à distance, vous aurez toutes les bases pour comprendre la génétique des couleurs de robes de vos chiens. Cela vous permettra de choisir les accouplements en prédisant au mieux les couleurs (possibles) des chiots, et aussi de mieux lire les résultats de tests génétiques de vos chiens.

 

Pour en savoir plus sur les tests génétiques de couleurs de robes disponibles :

https://www.centrale-canine.fr/actualites/loffre-genomique-de-la-centrale-canine

https://www.centrale-canine.fr/articles/tests-adn-genomiques-formulaires-de-commande-listes-et-plus

 

Ces modules ont été développés par le service Formation de la Centrale Canine avec le soutien de notre partenaire Royal Canin et de la société Wolf Learning. Le contenu a été rédigé par le service Santé et Ressources génétiques (Fleur-Marie Missant et Dr Ambre Jaraud-Courtin), avec Pr Marie Abitbol, professeur de génétique à VetAgroSup, et membre de la Commission Scientifique de la SCC.

 

Les différents modules sont courts, de 5 à 15min environ. C’est une formation entièrement en ligne, accessible à tous et nous vous offrons ces premiers modules gratuitement. C’est une nouvelle façon d’apprendre que nous vous proposons, complémentaire des autres outils disponibles (livres, articles de nos différents sites internet, …). N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions sur ce premier cours, d’autres modules sont déjà en préparation !

Portraits croisés d’infirmiers cynophiles

Portraits croisés d’infirmiers cynophiles

Stéphane Moulis tout comme Mathieu Delahaye cumulent cynophilie – ils sont éleveurs, juges SCC et responsables cynophiles – avec leur métier d’infirmier hospitalier qui, dans le contexte actuel, requiert leur implication quotidienne. Comment parviennent-ils à gérer vie de famille, activités cynophiles et leurs obligations professionnelles ? 

Stéphane Moulis a acquis son premier bull terrier en 1994 et l’élève depuis 1998. Depuis, les titres se sont accumulés – 13 champions de France, 4 champions d’Espagne et des champions dans plus de douze pays. Aujourd’hui il produit peu et compte 8 chiens à la maison. Ces dernières années, il se consacre à sa fonction de juge récente, mais également à la présidence du Club du Bull Terrier qu’il a fondé en 2013.

« Début des années 90, je débutais ma vie professionnelle dans les moments les plus difficile de l’épidémie du sida. Les patients arrivaient le matin sans connaitre la raison pour laquelle ils étaient malades, parfois le soir même ils étaient décédés. Ces années ont été longues et douloureuses, elles ont évidemment marqué ma vie professionnelle. C’est en grande partie pour ces raisons que je me suis spécialisé en santé publique et en soins de fin de vie et prise en charge de la douleur, et finir ma carrière hospitalière en service de soins palliatifs.  Aujourd’hui infirmier à domicile depuis 22 ans, jamais je n’aurais pensé avoir à faire face à une telle pandémie, jamais je n’aurais pensé être autant en difficulté, devoir revoir ma façon de travailler et être finalement mis à l’arrêt pendant quelques semaines pour raison de santé… !

Cette mauvaise expérience m’aura certainement permis de réfléchir à ma façon de vivre et de travailler. A diminuer, à l’avenir, mon rythme de vie entre les expositions, mes jugements, mon élevage, mon travail et ma vie familiale. Cela aura été un passage obligé afin de prendre des décisions majeures et envisager la dizaine d’années professionnelles différemment.

Ma vie d’éleveur est aussi remise en cause, et même si je l’avais déjà décidé avant, je vais diminuer sensiblement mon nombre de chiens et de portées. Bien que d’ailleurs je n’ai effectué aucune saillie pendant cette période ; j’ai tout de même eu le plaisir d’avoir des naissances il y a trois jours, et le pouponnage fait un peu de bien…. Toute l’activité cynophile est à l’arrêt comme beaucoup d’autres secteurs. Ce qui me rassure c’est que pour l’instant les éleveurs arrivent à vendre leurs chiots et ont des demandes. Les expositions ne me manquent pas, mais je suis très inquiet sur le futur planning car beaucoup d’événements sont reportés pour les trois derniers mois de l’année sans savoir où en sera cette épidémie. Mon esprit scientifique et mathématique, fait que je reste très lucide et pessimiste. Ce confinement nous a permis, nous, soignants, de nous organiser, ce qui est essentiel….

Dans le bassin où se trouve mon cabinet, cela nous a permis de mettre en place une structure de consultation solide et efficace, avec souvent de grands bidouillages…. Malgré tout, cela n’enrayera rien, ce virus est toujours bien présent et le sera encore longtemps… Nous aurons encore beaucoup de personnes touchées et de nombreux décès. Dans une semaine je retourne travailler, en étant conscient que je prends des risques pour ma santé et mes proches, en mettant en danger mon élevage si je suis infecté. Mais c’est mon métier, ma vocation depuis 30 ans, ma vie…

 

Soyez prudents et ne relâchez surtout pas les efforts que vous faites pour vous  protéger ! On sera là pour vous soigner. Prenez soin de vous, en espérant boire avec vous une « coupette ou deux » autour d’un ring et avec le sourire !! »

Autre point de vue, celui de Matthieu Delahaye (ci-dessus, au centre)

Pour ceux qui ne le savent pas, Matthieu, 40 ans, est passionné par le dogue allemand qu’il a élevé en famille sous l’affixe De La Legende des Nymphes Bleues (spécialisé dans le bleu) depuis le début des années 80, avant d’occuper différentes fonctions. Il en est aussi devenu, depuis ces dernières années,  juge spécialiste. Il est également fortement impliqué dans l’association canine de sa région, la Saint-Hubert de l’Ouest, qui organise, entre-autre, la plus grande exposition canine de l’hexagone – hors Championnat de France – le CACIB de Nantes en décembre. 

Il nous raconte sa façon d’appréhender de plein fouet, par son métier, la crise actuelle liée à cette pandémie de Covid-19 : « Je suis infirmier en réanimation et plus précisément un infirmier référent. Être infirmier dans un environnement aussi spécialisé que celui de la réanimation ne s’improvise pas, et avec mes deux collègues référentes, nous sommes chargés de former les nouveaux arrivants, d’encadrer les situations complexes et de travailler les protocoles et procédures avec les médecins seniors. Le service dans lequel je travaille est le service de référence pour les risques épidémiques et biologiques dans la région Pays de la Loire.

C’est à l’occasion d’une banale réunion de service que nous avons évoqué le risque lié au SARS COV 2 (c’est le nom du coronavirus qui entraîne la maladie nommée COVID-19). C’était en janvier 2020, et à cette époque, le risque paraissait bien lointain.

Parallèlement, à cette époque, nous finalisions avec Ginette Bourasseau, présidente de l’ACT Saint Hubert de l’Ouest, le jury de Chateaubriant 2020, et à titre personnel je rédigeais des courriers de demandes d’extension de juge dans le Groupe II, puisqu’enfin, mon planning me laissait plus de week-ends libres en 2020 et la possibilité de procéder à des assessorats. C’était jusqu’alors impossible puisque je travaillais en moyenne trois week-end sur cinq !

Février est arrivé, puis ce qui semblait « hypothétique » devenait rapidement inévitable et je comprenais bien vite que les expositions de mars ne pourraient pas avoir lieu en dépit des efforts des organisateurs, et que tous mes projets cynophiles, qu’ils soient associatifs ou personnels seraient bouleversés. J’avais notamment été invité juger en Irlande et j’ai dû me décommander.

Professionnellement, et bien que nous soyons un service de référence, nous n’étions pas préparés. Le premier patient, les premières inquiétudes, les renforts non spécialisés venus tous azimuts qu’il faut former à la réanimation en quelques jours puis encadrer jour et nuit.  En 15 jours, notre capacité de 30 lits est atteinte, il faut créer de nouveaux lits … en une semaine, nous aménageons une réanimation de guerre de 45 lits supplémentaires, puis les autres réanimations de mon CHU s’arment, ce qui nous permet même d’accueillir des patients venus du Grand Est et de l’Ile de France avec une capacité totale de presque 200 lits. Encore des renforts à former et à rassurer, jour et nuit. Ils sont plus de 250 venus des cliniques, des blocs opératoires, de pédiatrie. Tous aussi exceptionnels et motivés. Nous créons des supports vidéo de formation express avec l’aide du service communication du CHU. Notre hôpital devient une ruche où des centaines d’abeilles gravitent finalement avec méthode. Dans cette épouvantable période, nous vivons une véritable aventure humaine.

Une inquiétude demeure : les équipements de protection. Ils se font rares, dangereusement rares. Un de nos collègue est tombé face à la maladie, il est toujours en réanimation. Hors de questions pour nous de voir d’autres collègues tomber par défaut d’équipements. Je passe mes maigres périodes de repos à chercher des tenues de protection, puisque l’hôpital ne parvient plus à nous équiper. J’appelle au secours Françoise Lemoine, juge et vétérinaire qui mobilise son réseau professionnel. Nos appels au don sont relayés dans la presse et à la télévision … nous obtenons plus de 10 000 équipements de protection (soit 15 jours de sécurité) dont un gros tiers offert par les vétérinaires. Merci Françoise.

Depuis 6 semaines, je vis Covid, je dors Covid … non, en fait je dors très peu. Je pense à ce quoi nous n’avons peut-être pas pensé, à la sécurité des patients, à mes collègues du Grand Est et d’Ile de France qui vivent des choses bien plus difficiles encore. La cynophilie est très loin. Mes seuls contacts avec le milieu sont les messages de sincères amis, qui prennent de mes nouvelles et me soutiennent. J’ai régulièrement mon confrère Stéphane Moulis, nous échangeons et nous nous soutenons mutuellement.

Et après ? Je ne sais pas à quoi ressemblera l’après, ni quelle forme prendra le déconfinement. Cette maladie, dont nous connaissons bien peu de choses, nous a rendu prudent en termes de prévisions.  J’avais espoir que nos expositions puissent reprendre cet été. Non pas qu’elles aient un caractère essentiel, mais simplement parce que retrouver un peu de normalité pour les passionnés que nous sommes nous ferait du bien. Je suis (trop ?) optimiste. Il semble qu’il faille attendre au-delà de l’été.

A l’automne, il sera peut-être possible d’organiser de nouveau des expositions. Peut-être faudra-t-il faire évoluer le format, en organisant par exemple sur 3 jours pour limiter les concentrations. Sans doute faudra-t-il habituer les chiens à se laisser examiner par des juges masqués … ça promet quelques moments cocasses ».

 

Chaque crise de cette envergure génère de l’anxiété et de l’inconfort mais paradoxalement, elle stimule nos capacités à réfléchir autrement et à s’adapter. Il y a forcément quelque chose à tirer de cette situation pour les cynophiles que nous sommes.

Le confinement vu par nos voisins : Lettonie, Croatie, Autriche, Allemagne

Le confinement vu par nos voisins : Lettonie, Croatie, Autriche, Allemagne

Nous avons interrogé nos homologues étrangers sur les effets de la quarantaine actuelle sur leur activité.

Voici les questions et les réponses du Kennel Club Letton, du Kennel Club Croate, du Kennel Club Allemand (VDH) et du Kennel Club Autrichien (ÖKV).

1 – Est-ce que des mesures de confinement ont été imposées dans votre pays ?

 

LETTONIE : Tout le monde est en quarantaine depuis le 12 mars. Les travailleurs essentiels peuvent continuer à aller travailler, mais les gens doivent rester chez eux.

CROATIE : La Croatie est confinée jusqu’au 4 mai au moins. Cela signifie que les gens doivent rester chez eux autant que possible, mais qu’ils sont toujours autorisés à sortir, par exemple pour travailler, faire des courses, se promener ou faire de l’exercice. Les personnes doivent garder une distance d’au moins 1,5 mètre à l’extérieur, et 2,5 mètres à l’intérieur, en groupes de moins de 5 personnes. Les bars, restaurants, centres commerciaux, et tous les autres lieux sont généralement fermés.

ALLEMAGNE : Nous sommes confinés au moins jusqu’au 3 mai. Les gens doivent rester chez eux autant que possible, mais sont toujours autorisés à sortir, par exemple pour se promener, faire des courses ou travailler. Les personnes (sans lien de parenté) doivent garder une distance d’au moins 1,5 mètres, à l’extérieur comme à l’intérieur.  À l’exception des personnes vivant dans le même foyer, deux personnes au maximum peuvent se trouver ensemble à l’extérieur. Les visites d’autres foyers ne sont pas autorisées.

AUTRICHE : Depuis le 16 mars, les citoyens ne sont autorisés à quitter leur domicile que pour des raisons strictement spécifiées. Les travailleurs clés sont autorisés à se rendre au travail, mais les gens doivent rester chez eux si le travail à distance est possible. Les masques sont obligatoires dans les transports publics, les magasins et les lieux publics. Les restrictions sociales en matière de distance imposent une distance minimale obligatoire de 1 m. Maximum 5 personnes vivant dans un même foyer sont autorisées à se promener ensemble.

 

 

2 – Les dog shows et autres épreuves de sélection sont-ils annulés ?

 

LETTONIE : Oui, toutes les expositions canines et autres activités canines ont été annulées depuis le 12 mars. Le Kennel Club de Lettonie – LKF a annulé l’exposition CACIB, et tous les clubs ont également annulé les expositions et les manifestations sportives.

CROATIE : Oui, toutes les expositions et autres activités canines ont été annulées jusqu’à nouvel ordre.

ALLEMAGNE : Oui, toutes les grandes expositions canines ont été annulées jusqu’au 31 août. Nous attendons la classification de grands et petits événements. Il est possible que les petites expositions canines et autres activités puissent avoir lieu avant le 31 août.

AUTRICHE : Oui, toutes les expositions canines et autres activités canines ont été annulées jusqu’à fin d’août. Il n’y a pas d’événements majeurs possibles. L’Assemblée Générale du Kennel Club d’Autriche – l’ÖKV a été reportée au 4 juillet 2020.

 

 

3 – Une dérogation aux mesures de confinement est-elle prévue pour certaines activités économiques ? Si oui, l’élevage en fait-il partie ?

 

LETTONIE : Non, nous n’avons pas d’exemption.

CROATIE : Comme nous vous avons informé que nous n’avons pas de quarantaine, l’élevage de chiens est possible, avec certaines exigences.

ALLEMAGNE : L’élevage est théoriquement toujours possible si les règles du point 1 sont respectées, mais la gestion des activités d’élevage est problématique. Les contrôles nécessaires des portées et des chenils sont presque impossibles, et les éleveurs ont parfois des problèmes pour livrer leurs chiots. En Bavière, par exemple, il est interdit de chercher les chiots chez l’éleveur, sauf pour les chiens de travail qui sont formés pour la chasse ou l’assistance.

AUTRICHE : Oui, les « travailleurs essentiels » sont exemptés de la quarantaine. Il est possible de chercher un chiot au domicile de l’éleveur (contrat obligatoire). Les saillies ne sont autorisées que pour les éleveurs qui sont propriétaires à la fois de la lice et de l’étalon.

4 – Concrètement, est-ce que les éleveurs ont le droit d’aller livrer les chiots chez les particuliers ?

 

LETTONIE : Nous n’avons pas de restrictions particulières pour les éleveurs de chiens. Nous devons garder une distance de 2 m, mais nous pouvons livrer des chiots aux nouveaux propriétaires.

CROATIE : Ils sont autorisés à livrer un chiot s’ils peuvent justifier que c’est nécessaire, et s’ils sont enregistrés en tant qu’éleveurs par le Gouvernement.

ALLEMAGNE : La livraison est possible dans la plupart des régions de l’Allemagne si les règles mentionnées sous point 1 sont respectées.  En Bavière, les règles sont plus strictes que dans le reste de l’Allemagne (voir 3).

AUTRICHE : Ils sont autorisés à livrer un chiot s’il existe un contrat en bonne et due forme. Le Gouvernement a publié des directives, et nous avons donné à nos éleveurs quelques conseils pour procéder à la livraison sans propager le virus entre humains.

 

 

5 – Y a-t-il une différence des règles entre les éleveurs professionnels et amateurs ?

 

LETTONIE : Nous n’avons pas une telle terminologie, dans notre législation il n’y a que le terme « éleveur », tous les autres sont des producteurs. Notre Gouvernement n’a pris aucune décision en matière d’élevage.

CROATIE : Les éleveurs doivent être enregistrés par le Gouvernement.

ALLEMAGNE : aucune différence.

AUTRICHE : Il y a seulement des différences en ce qui concerne la fiscalité, mais pas le COVID-2019.

 

 

6 – Comment cela se passe-t-il avec les vétérinaires ? Sont-ils autorisés à faire : la vaccination ? l’identification des chiots ? des certificats de bonne santé pour la vente ? à se déplacer en élevage ?

 

LETTONIE : Les vétérinaires sont autorisés à pratiquer, mais ils doivent se protéger contre le virus eux-mêmes et protéger leurs clients. Opérations uniquement avec programmation préalable.

CROATIE : Les vétérinaires sont autorisés à exercer dans la situation actuelle, mais ils doivent remplir les conditions requises de distance sociale.

ALLEMAGNE : De nombreux vétérinaires ont décidé de réduire les services vétérinaires non essentiels. La plupart d’entre eux continuent à vacciner les chiots. Les éleveurs et les nouveaux propriétaires doivent contacter leur vétérinaire pour savoir ce qu’il propose actuellement.

AUTRICHE : Les vétérinaires sont autorisés à pratiquer dans la situation actuelle, en particulier pour les soins d’urgence et les questions sanitaires relatives à l’élevage.

 

 

7 – Comment cela se passe-t-il pour les refuges ? Sont-ils autorisés à organiser des adoptions ?

 

LETTONIE : Les refuges sont totalement isolés de l’extérieur.

CROATIE : Oui, ils peuvent donner des animaux de compagnie à l’adoption.

ALLEMAGNE : Oui, ils peuvent continuer à placer des animaux après avoir pris rendez-vous avec les parties intéressées. Ils continuent également à accueillir des animaux.

AUTRICHE : La plupart des refuges pour animaux ont cessé le processus d’adoption jusqu’à nouvel ordre.

Lycées agricoles : la filière « animal de compagnie » face au confinement

Lycées agricoles : la filière « animal de compagnie » face au confinement

Pascal Henault est enseignant en zootechnie et cynotechnie au lycée de la nature et du vivant de Somme Vesle (51) au sein de la filière baccalauréat professionnel « Conduite et Gestion d’une entreprise dans le Secteur Canin et Félin » (CGESCF). Il doit faire face comme la totalité de ses collègues à cette période jamais vécue depuis les années quarante. Il fait le point sur cette situation inédite. 

Quelle est la situation de votre établissement ?

La plupart des établissements dispensant des formations dans lesquelles « le vivant » animal est au centre de l’apprentissage professionnel. Cela reste compliqué mais gérable pendant cette tourmente mondiale.

 

Quelle est la situation des animaux sur le site ?

Les animaux n’échappent pas à la règle et sont en confinement justifié dans la plupart des établissements, y compris ceux qui pourraient bénéficier d’une vie de famille et pour plusieurs raisons :   

– Sociale : Eviter de multiplier les déplacements en ville et causer un souci supplémentaire aux familles avec à l’avenir, l’utilisation supplémentaire de « masques de protection » lors des sorties des chiens.

– Sanitaire : Possibilité pour l’encadrement sur place de réaliser les premiers soins de tout animal malade ou blessé. Éviter de la part des élèves, des déplacements trop fréquents chez le vétérinaire (période de déplacement réglementée) et parfois non justifiés. Le problème d’espace, suite au confinement de toute la famille dans un appartement, n’est pas envisageable. Demeure également la difficulté de prévoir le complément en alimentation canine ou féline (avec la fermeture de nombreux magasins spécialisés).  

-Technique : Seul et en fonction du caractère et de la race du chien, l’Apprenant ne maitrise pas d’emblée la progression d’une méthode de travail d’éducation

 

Comment les gérez-vous au quotidien ?

Le bien-être animal est au cœur des conversations lors de concentration d’animaux. Leur domestication les rend tributaires de nos connaissances zootechniques quel que soit les espèces (animaux de rente, et domestiques).

Pour les chiens, chats et nouveaux animaux de compagnie (pour les établissements effectuant une formation spécifique en animalerie) la tâche est plus délicate. En concert avec la direction, nous organisons un travail journalier de surveillance afin de subvenir aux besoins physiologiques et psychologiques des chiens.

 

Plus d’animaux sur le site signifie plus de travail au quotidien ?

 

C’est une autre de nos préoccupations, l’entretien des locaux en planifiant un service de nettoyage dans le respect des mesures de biosécurité. Pour les jeunes chiens, après avoir réalisé une bonne socialisation avant le confinement et si les chiens ou chats sont en âge de puberté, nous ne négligeons pas cette période importante pour la stabilité caractérielle et émotionnelle du chien ou du chat. Cela passe par un travail d’éducation /détente progressif et continu (cynotechnie) afin d’éviter des dérives comportementales (hiérarchie, syndrome du chenil, troubles obsessionnel compulsifs…) qui pourraient être néfastes par la suite pour l’animal et son entourage. C’est notre préoccupation de chaque jour depuis l’arrivée de ce virus.

Les soins aux animaux ne posent pas de problème particulier ?

Nous avons été très vigilant pour le ravitaillement en nourriture en anticipant sur le planning des commandes. Nous veillons également à respecter un calendrier vaccinal en fonction des services de transport et de l’agenda du vétérinaire traitant.

 

Comment occupez-vous les « pensionnaires » qui sont eux aussi confinés ?

Rester en courette pour un chien plusieurs jours voire un mois n’est pas une maltraitance si ce dernier est soigné, manipulé et éduqué chaque jour. Le bien-être et la maltraitance sont de vastes sujets. Faut-il un grand espace pour un chien inoccupé ou un espace restreint aux normes ICPE pour un chien ou un chat en activité journalière ?

 

Avez-vous instauré le télétravail entre les professeurs et les élèves ?

Depuis le 17 mars, les enseignants / formateurs et élèves de notre établissement sont obligés de télétravailler à distance et d’échanger à distance. Tout se passe très bien au niveau des cours, des rendus et du partage enseignants / élèves par le biais des classes virtuelles.

 

Et la formation pratique est donc impossible actuellement ?

Malheureusement reste la problématique des filières agricoles, services aux personnes et l’élevage canin et félin qui demandent une bonne partie de pratique mais les parents ne peuvent pas se substituer à l’enseignant technique. Nous devons également faire face aux différents problèmes inhérents au numérique (zone blanche, absence de matériel informatique au sein des familles et saturation des outils et des réseaux). Concernant les périodes de stage en entreprise d’élevage, un calendrier scolaire sera adapté afin de répondre aux exigences de la formation pour les classes rentrantes en Septembre 2020.

 

Comment allez-vous gérer les examens ?

Au niveau des épreuves terminales du BACPRO CGESCF pour la session 2020 l’Autorité académique des établissements publics, privés et des maisons familiales œuvre chaque jour pour trouver la solution la plus adaptée afin d’assurer une égalité de traitement qui doit être conçue dans un esprit de bienveillance vis à vis des candidats et de confiance vis-à-vis des équipes enseignantes.

 

 

Merci d’avoir répondu à nos questions. 

Les éleveurs face au confinement

Les éleveurs face au confinement

Jamais au grand jamais, les éleveurs canins français n’avaient été confrontés à une telle situation rendant difficile l’exercice de leur sélection d’élevage. Les contraintes auxquelles ils sont confrontés sont nombreuses et la sortie du confinement ne va pas tout résoudre…Cependant, cette crise sanitaire n’a pas fait chuter la demande de chiens de race… bien au contraire !

Valérie Bontemps n’est pas du genre à se laisser faire. Cette jeune femme élève des Chiens de Leonberg sous l’affixe Du Clos De Willmatt dans la banlieue ouest de Paris. Comme tous les éleveurs français, elle est confrontée au confinement et à ses nombreuses contraintes dans la vie de tous les jours.
Elle élève le chien de montagne allemand depuis une trentaine d’années, un colosse dont le gabarit est encore plus éloquent en période de confinement. « Cette année 2020 sera une année exceptionnelle pour moi en raison du confinement lié à la pandémie du Covid 19 ».  

Actuellement, elle a cinq chiens adultes à la maison – 1 mâle et 4 femelles – et une portée de 8 chiots qui sont largement en âge de partir. « Ces derniers devaient tous regagner leurs nouvelles familles le 11 avril, mais en raison du confinement tout a été bouleversé. Autant vous dire que la maison est bien remplie avec toutes ces boules de poils qui frisent actuellement les 14-15kg et mes adultes qui pèsent entre 55 et 65 kg ».

Elle reconnait cependant, avoir eu la chance d’avoir des contacts avec de futurs acquéreurs avant la mise bas, soit bien avant que le Covid-19 ne fasse parler de lui en France. « Malheureusement, ces derniers n’ont pas pu venir à la maison pour voir les chiots » souligne Valérie. « Je n’ai donc eu que des échanges téléphoniques ou par mails avec eux, ce qui est dommageable car rien ne vaut une rencontre physique pour pouvoir échanger et évaluer les motivations des futurs acquéreurs.  Cela dit, la chance a continué à me sourire, car ils ont tous réservé, en toute confiance, sans avoir vu ma chienne et ses chiots. Seules des photos, publiées chaque semaine, me permettent d’assurer le suivi avec les futurs acheteurs ».

Au début du confinement, sa première préoccupation était de savoir si elle allait pouvoir se fournir en aliments pour chiens, n’ayant pas prévu autre chose que le stock indispensable pour les chiots jusqu’à ce qu’ils aient deux mois. Elle n’avait donc qu’un faible stock d’avance pour ses cinq adultes. « Heureusement, mes fournisseurs de croquettes et de viande, situés en France et en Allemagne, ont continué à assurer le service sans aucun problème, grâce à la mise en place des gestes barrières lors de la livraison ».

Là où le confinement prend toute sa démesure dans son élevage, c’est l’impossibilité de faire vacciner et d’identifier ses chiots.
« En effet, l’Ordre Vétérinaire ayant interdit la pratique des actes qualifiés de non urgents, c’est donc logiquement que mon vétérinaire a refusé ces actes. Chose que je comprends et accepte totalement car il est tout aussi important pour lui et ses assistantes vétérinaires, de se protéger du virus en limitant les contacts, qu’il ne l’est pour nous ».

Pour cette raison, elle a décidé de ne plus sortir ses adultes comme elle le faisait habituellement avec des ballades quotidiennes dans le village MAIS de les restreindre à des sorties uniquement dans son petit jardin clôturé. Un choix bien entendu dicté par le bon sens, afin d’éviter tout risque sanitaire pour les chiots.

Valérie poursuit : « A la suite de la dérogation autorisée par le Ministère de l’Agriculture aux éleveurs professionnels qui peuvent ainsi continuer leur activité (considérés comme des exploitants agricoles), et qui peuvent à présent faire vacciner, identifier et surtout livrer leurs chiots, les choses se sont nettement compliquées pour moi ».

En effet, comment expliquer aux acquéreurs qu’elle ne peut ni faire vacciner, ni identifier et encore moins livrer ses chiots car son statut l’en empêche.  « Je ne suis pas professionnelle mais juste dérogataire…  Pourquoi les règles appliquées à la SPA et aux refuges ne s’appliquent pas pour moi… ? J’élève depuis 1991, je produis que des chiots inscrits au LOF, mes reproducteurs sont tous niveau 4 recommandés, ont les tests de santé conseillées et pourtant, je ne suis pas considérée comme un éleveur puisque je n’ai pas de SIRET… Comme beaucoup d’autres qui sont dans le même cas que moi, je pense que nous sommes les « oubliés » des mesures prises par les autorités ». 

Elle va donc devoir gérer des chiots aussi longtemps que le confinement va durer avec toutes les conséquences que cela va pourvoir poser en termes de gestion sanitaire, de place, de surcoût financier lié à l’alimentation… Sans oublier de préciser que les acquéreurs se font de plus en plus pressants, pour ne pas parler de harcèlement, que ce soit par téléphone, courrier électronique voire même SMS pour avoir leurs chiots.

 

« Ceci-dit, précise Valérie, pour donner un point positif au confinement, mes chiots continuent leur sociabilisation et apprennent les codes canins auprès de mes adultes. Je passe beaucoup de temps avec eux pour les occuper, à jouer, à leur apporter de nouvelles expériences (objets insolites, bruits…). Un bonheur, en définitive, qui n’a pas de prix pour l’éleveuse que je suis ! »

 

 

Mathilde Charpigny gère en Dordogne, avec son mari Bastien, l’une des plus prestigieuses sélections françaises, l’élevage Du Haras de la Vergne, qui sélectionne avec bonheur deux races très distinctes, le basset hound et le bouvier bernois. Elle reconnait explicitement : « Que cette crise est venue bouleverser nos habitudes, et nous avons dû nous organiser en conséquence ».

Prenez la livraison des chiots : alors que chaque semaine, les clients venaient sur rendez-vous chercher ou choisir leur chiot à l’élevage, depuis le 16 mars tout semble s’être arrêté. « Pour pallier cette impossibilité de recevoir nos clients, j’ai fait appel aux services d’un présentateur professionnel qui, après accord de chacun de mes clients, organise avec moi un planning de livraison dans des conditions parfaitement respectueuses des mesures d’hygiène face au Covid-19. Il le fait bien évidemment en exclusivité car il est hors de question, pour des raisons sanitaires, que des chiots d’autres élevages fassent partie du même transport. Je veux que chaque client reçoive son chiot dans de très bonnes conditions ».

Ce qui a changé également, « ce sont les conditions pour faire identifier et vacciner nos chiots, sans quoi, ils ne sont pas inscrits au LOF et ne peuvent pas quitter l’élevage » souligne Mathilde. Le praticien qui suit l’élevage lui a donné un cahier des charges où effectivement, devant la clinique, chiot par chiot, est géré pour la vaccination, l’identification puis l’établissement du certificat de bonne santé. Ces derniers étaient pré remplis (Nom du chiot) afin de faciliter les choses, tout en observant parfaitement les gestes barrière et les précautions recommandées sur le plan sanitaire.

Et pour faire saillir les femelles, l’élevage dispose d’une batterie d’étalons et de lignées diversifiées : « Nous ne sommes pas confrontés au problème des déplacements extérieurs pour faire saillir nos femelles car nous avons plusieurs étalons à la maison. Par contre, pour les demandes de saillie venant d’autres élevages, les éleveurs prennent rdv à partir du moment qu’ils répondent aux exigences de la législation (statut) : il n’y a pas de contact entre eux et nous. Ils déposent la femelle, qui se retrouve en pension chez nous et viennent la chercher quand tout s’est bien passé, tout en observant les bons gestes ».

Pour les expositions, tout a changé et il y a un manque évident : « Imagine, nous sortions près d’un week-end sur deux, entre les expos en France et à l’étranger. Mon mari « ronge son frein ». Régulièrement, il démarre le camion et va le garer ailleurs dans la cour, un signe évident que les déplacements expositions lui manquent… à moi aussi »

Note positive dans ce contexte « confiné » ? Les courriels et les coups de fil pleuvent et parfois, les interlocuteurs veulent le chiot tout de suite : Mathilde reçoit des textos à des heures totalement indues !
Elle passe beaucoup de temps au téléphone afin de « sonder » le client, car elle ne veut surtout pas avoir de retour à la suite d’un achat impulsif, sur un coup de tête. C’est le risque en période de confinement où les gens achètent un chiot sans le voir et parfois, sans connaitre la race. Il faut que je sois prudente lors d’une réservation.

Pour remplacer les contacts, la communication sur le terrain (expositions, manifestations diverses), les réseaux sociaux sont devenus le meilleur allié de l’élevage. En filmant les mise-bas, en postant régulièrement des vidéos et des photos sur les chiots, la demande explose et les journées s’allongent pour tout le monde à l’élevage Du Haras de la Vergne. Les respirations et les temps morts, sont presque inexistants.

Cependant, l’agenda quotidien a peu changé : 80% de notre personnel est là et nous permet de continuer à travailler dans de bonnes conditions. Nous sommes à plein temps et le travail est resté le même à une nuance près : « Notre fille de 6 ans réclame bien entendu du temps et de l’attention car elle n’est pas éleveuse de chien. Il faut donc que nous parvenions à lui octroyer du temps, pour jouer avec elle car elle est bien entendu confinée avec nous, et Papy et Mamy ne sont pas là. Le fait d’être confiné donne l’impression que les journées sont plus longues qu’habituellement et sont sans fin ».

Autre changement significatif, l’absence de visites : « Habituellement, les clients après de nombreux contacts, prennent rendez-vous afin de visiter l’élevage. C’est un moment décisif pour eux avant de prendre leur décision : ceci n’existe plus en période de confinement. Et a été remplacé par des petits films réalisés lors d’une échographie, lors de la mise-bas, avec tout ce que cela implique : montage, formatage et enfin mise en ligne.  Cette communication a explosé et de surcroit, une vidéo génère un nombre de contacts ensuite en MP incroyable. Nous n’avions pas connu cela avant le confinent ». 

Mais quel bonheur, le calme qui règne dans l’élevage est atypique. Parfois je bloque la messagerie de Facebook sinon, notre sommeil serait compromis !

 

Dernier point et non des moindres, la pension. « C’est une activité importante mais cette année, alors que les mois de mars, avril et mai ont un bon coefficient de remplissage, nous avions beaucoup de réservations qu’il a fallu rembourser. Sur la deuxième quinzaine de mars, les annulations se succèdent. Et nous n’avons plus de réservation actuellement. Habituellement, en avril et sur les ponts du mois de mai nous tournons à 70 à 80% de taux de remplissage. Et pour cet été, nous attendons de voir, avec 100% de taux de remplissage. Mais d’ici là, les choses peuvent changer… »

 

Autre témoignage, au cœur des Vosges. Celui de Philippe Breinlen qui présente tous les ingrédients de l’amateur passionné par le berger allemand. Il est né « dedans », car son papa, Pierre, sélectionne le berger allemand depuis de nombreuses années sous l’affixe De Maxonchamp. L’affaire familiale ne s’arrête pas là, puisqu’il y a également l’élevage Du Domaine de La Tournelle à Brigitte Breinlen, Du Domaine Des Grands Brizeux à Pascale Breinlen etc… etc… Une saga familiale comme il en existe d’autres dans le berger allemand (Clautour, Trentenaere, etc.).

Dans cette période difficile, et qui change la donne pour beaucoup de gens, Philippe est heureux : « J’ai énormément de demandes, j’avais beaucoup de chiots disponibles car j’avais fait saillir pratiquement toutes mes femelles. J’avais près de 50 chiots bergers allemands au moment où le confinement a été mis en place : aujourd’hui, il m’en reste une vingtaine à placer qui vont partir sans problème ».

Les demandes pleuvent, car en période de confinement, Philipe martèle que les amateurs veulent absolument leur chiot pendant le confinement : ils voulaient attendre cet été mais comme les vacances sont compromises, bon nombre d’acquéreurs ont voulu faire tout de suite l’acquisition de leur chiot plutôt que d’attendre pour l’avoir avec eux pendant ce moment unique que représente le confinement.

Pour livrer les chiots, Philippe le fait très peu : des personnes se déplacent, envoient un professionnel chercher le chiot en gardant les distances de sécurité : j’ai des clients dans toutes les régions et ils se débrouillent.  

En tirant vers le haut sa sélection, au niveau qualitatif, Philippe s’est rendu compte que les clients le contactaient en toute connaissance de cause, faisant référence à ses prestations en exposition, les titres obtenus par ses chiens, la qualité de son étalon du moment, Nacia, sans doute l’étalon berger allemand le plus demandé en France.

« Vraiment, la demande a explosé avec toujours le même discours justifiant leur décision de prendre leur bébé chiot rapidement » résume Philippe.  

D’autres éleveurs vosgiens confirment être dans une situation inconnue jusqu’alors : tous les chiots sont vendus ou réservés !

Cette embellie va-t-elle perdurer après le 11 mai ? Nul ne le sait, mais très clairement, la période de confinement, les contraintes, la crise sanitaire ont incité de nombreux acquéreurs potentiels à franchir le pas.

« Sur le plan vétérinaire, mon praticien a joué le jeu en respectant toutes les règles de sécurité : identification et les vaccins après avoir reçu la liste des chiots que je vais lui présenter. Il vient avec tout le nécessaire et les certificats de bonne santé. Pour que tout se déroule dans de bonnes conditions sur le plan sanitaire, j’ai aménagé un espace spécialement aménagé pour cela à l’élevage. Contrairement à certains éleveurs, je fais tout chez le même vétérinaire, qui est mon seul interlocuteur pour l’ensemble de mes besoins vétérinaires (radios, échographie, taux de progestérone, identification, vaccinations, soins …) et il répond toujours présent. ».

Philippe doit avouer en définitive, qu’il vit très bien cette période de confinement.  

Par contre, si la sélection est basée sur un socle de lices de qualité et des lignées connues, le poids des étalons demeure important : L’Allemagne et l’Italie possèdent les plus grands étalons actuels qui sont sollicités par les meilleurs éleveurs de bergers allemand de la planète. En cette période où les règles sanitaires sont très strictes avec comme point d’orgue le confinement, Philippe est très prudent : « Je ne prends pas le risque d’aller à la saillie à l’étranger pour me retrouver en prison en Allemagne ou en Italie. J’ai la chance d’avoir mes propres étalons maison. A ce sujet, je n’ai pas fait saillir une seule de mes lices en Allemagne depuis décembre 2019 !  Une situation unique dans l’histoire de mon élevage ».

Autre problème soulevé, l’impossibilité d’entrainer les chiens, en particulier, les jeunes et la future génération de reproducteurs. « Avec l’ensemble des clubs d’éducation fermés, je ne peux plus faire travailler mes chiens pour les préparer. Pour les éleveurs de bergers allemands, c’est notre plus gros problème actuellement. Comment préparer la nouvelle génération de jeunes chiens et entrainer les adultes ? Cela fait donc bientôt deux mois qu’on ne peut pas les emmener ».

« Pour les jeunes de deux ans, impossible de leur faire passer leurs titres et cela signifie, si les Championnats reprennent, qu’ils ne seront pas prêts à la rentrée… Pour les radios coudes et hanches, le siège du CCBA étant fermé, nous n’avons pas de résultat, en tout cas en ce qui me concerne ».

Mais son plus grand souci reste la préparation des chiens sans laquelle rien n’est possible pour répondre aux exigences de la sélection du chien de berger allemand qui sont uniques dans la sélection canine actuelle.  

Dernier point soulevé par Philippe, qui connait bien la musique car il a travaillé plus de 20 ans chez l’un des leaders du Pet Food : « Les livraisons d’aliments se passent sans aucun problème : la palette est livrée devant le portail et comme j’ai mon attestation professionnelle, je peux me déplacer pour tous les besoins de l’élevage, même en période de confinement ».

 

Si les situations sont contrastées et les droits pas égaux, tous reconnaissent que le marché du chien de race ne baisse pas de pied et que parfois la débrouille ou le système D permettent de faire des miracles. Tous sont respectueux des règles sanitaires mises en place et ont su s’adapter. C’est la moindre des choses dans ce contexte historique de cloisonnement d’un pays pour Pandémie. 

Le confinement vu par nos voisins : Suède, Finlande et Dannemark

Le confinement vu par nos voisins : Suède, Finlande et Dannemark

Nous avons interrogé nos homologues étrangers sur les effets de la quarantaine actuelle sur leur activité.

Voici les questions et les réponses du Kennel Club Suédois (SKK), du Kennel Club Finlandais et du Kennel Club Danois (DKK).

1 – Est-ce que des mesures de confinement ont été imposées dans votre pays ?

SUÈDE : Il est recommandé de travailler à domicile, si possible. Lorsque c’est possible, d’éviter les transports publics, et de garder une distance sociale. Le bureau du SKK est ouvert, 15-20 personnes travaillent au bureau. Environ 50 travaillent à distance.

FINLANDE : Les gens doivent rester à la maison autant que possible, mais sont autorisés à aller à l’épicerie et à la pharmacie, à faire des promenades et à sortir les chiens. Toutefois, il doit y avoir une distance de 1 à 2 mètres entre les personnes, si elles n’ont pas de lien de parenté. Tous les musées, théâtres, centres sportifs, etc. sont fermés jusqu’au 13/05. Les écoles et la plupart des écoles maternelles sont fermées, mais les écoles organisent un enseignement à distance. Les restaurants sont fermés jusqu’au 31/05, mais ils ont la possibilité de vendre des plats à emporter. Le Gouvernement finlandais décidera des mesures supplémentaires le 22/04/2020.

DANEMARK : Le Gouvernement danois a décrété un confinement total à partir du vendredi 13 mars. Les travailleurs essentiels ont pu continuer à travailler, mais les autres personnes devaient rester chez elles et travailler à domicile. Toutes les écoles et institutions ont fermé, mais elles ont rouvert leurs portes pour les plus jeunes (-12 ans) après Pâques.

 

2 – Les dog shows et autres épreuves de sélection sont-ils annulés ?

SUÈDE : Le gouvernement a interdit les rassemblements de plus de 500 personnes, puis de 50 personnes. Cela signifie qu’aucun spectacle, concours, etc. ne peut être organisé. Le Conseil d’administration du SKK a choisi d’annuler toutes les activités liées aux chiens jusqu’au 31 mai avec plus de 10 personnes, afin de réduire le risque de propagation de la maladie.

FINLANDE : Toutes les expositions canines et toutes les épreuves et compétitions sont annulées jusqu’au 31/05. Les organisateurs d’événements entre le 01/06 et le 31/07 ont déjà la possibilité de reporter ou d’annuler leurs événements.

DANEMARK : Toutes les expositions et activités sont annulées jusqu’au 31 mai. La grande triple exposition du Kennel Club Danois (DKK) à Vejen en juin est cependant annulée, et la plupart des spéciales sont annulées jusqu’en août. L’entrainement des chiens dans les régions a été autorisé à reprendre après Pâques, s’ils le souhaitent et certains l’ont fait.

 

3 – Une dérogation aux mesures de confinement est-elle prévue pour certaines activités économiques ? Si oui, l’élevage en fait-il partie ?

SUÈDE : Non, pas de quarantaine de ce type en Suède.

FINLANDE : Il n’y a pas de quarantaine totale en Finlande jusqu’à présent.

DANEMARK : Tous les travailleurs essentiels sont exemptés de la quarantaine. L’élevage canin est une affaire privée, et n’a pas été qualifié comme étant ni interdit ni légal. Mais nous avons constaté une grande augmentation de l’intérêt pour l’achat de chiots pendant la période de coronavirus. Une grande partie de notre communication externe est basée sur un choix informé et les médias en demandent encore plus.

 

4 – Concrètement, est-ce que les éleveurs ont le droit d’aller livrer les chiots chez les particuliers ?

SUÈDE : Oui, voir ci-dessus.

FINLANDE : Oui, tant qu’ils gardent suffisamment de distance. Pendant trois semaines, une de nos provinces a été fermée et pendant cette période, il n’était pas possible de livrer des chiots depuis ou vers cette province.

 

DANEMARK : Nous demandons aux éleveurs de tenir les acheteurs de chiots informés par le biais de chats vidéo, de streaming et de photos. Il n’y a pas de règles interdisant de livrer un chiot à un acheteur, à condition que cela soit fait de manière appropriée et avec les précautions nécessaires. Il existe seulement une décision de justice interdisant de réunir plus de 10 personnes à la fois.

5 – Y a-t-il une différence des règles entre les éleveurs professionnels et amateurs ?

SUÈDE : Non.

FINLANDE : Non.

DANEMARK : Les éleveurs ayant trois portées ou plus par an sont soumis à une visite annuelle de l’Administration vétérinaire et alimentaire danoise, mais ni les éleveurs commerciaux ni les éleveurs non professionnels n’ont été traités différemment pendant la crise coronavirus.

 

6 – Comment cela se passe-t-il avec les vétérinaires ?

Sont-ils autorisés à faire : la vaccination ? l’identification des chiots ? des certificats de bonne santé pour la vente ? à se déplacer en élevage ?

SUÈDE : Oui, les vétérinaires peuvent vacciner les chiots, les identifier à l’aide de micropuces, délivrer des certificats sanitaires et aller chez les éleveurs.

FINLANDE : Les vétérinaires peuvent exercer leur métier dans les cabinets vétérinaires, mais ne sont pas autorisés à se rendre dans les maisons. Dans les cabinets vétérinaires, ils ne peuvent accueillir qu’un seul client à la fois.

DANEMARK : Les vétérinaires sont autorisés à être ouverts, mais ont également la possibilité de rester fermés. La plupart, si ce n’est pas tous, sont cependant ouverts. Ils ont été autorisés à fonctionner comme d’habitude, mais ont dû prendre des précautions, comme recevoir les chiens à l’extérieur de leur bâtiment, limiter le nombre de patients accueillis, etc.

 

7 – Comment cela se passe-t-il pour les refuges ? Sont-ils autorisés à organiser des adoptions ?

SUÈDE : Oui.

FINLANDE : Les refuges n’acceptent pas de visiteurs pour le moment. De même, en Finlande, les éleveurs de chiens de race constatent une plus forte demande de chiots.

DANEMARK : Les refuges sont ouverts et il n’y a pas eu de restrictions aux adoptions dans les centres. Cependant, comme nous l’avons mentionné, les gens ne sont autorisés à sortir que pour le strict nécessaire, de sorte que les adoptions pourront être limitées.