Double-saillie : côté pratique

Double-saillie : côté pratique

La double-saillie est un énorme pas en avant pour l’élevage canin, comme cela est démontré dans notre dossier « De l’utilité des doubles-saillies ». Nous vous présentons dans cet article les éléments clés pour la déclaration d’une double-saillie auprès de la Centrale Canine. 

Déclarer une double-saillie

– Comment faire sa déclaration de double-saillie ?

C’est un point important à savoir concernant la procédure d’une déclaration de double-saillie : celle-ci ne peut se faire qu’en ligne dans l’espace éleveur de votre compte LOF CONNECT.

Bien que de moins en moins utilisée (+/-10%) la déclaration papier reste possible pour une déclaration de saillie normale.

 

– Quelles sont les conditions à la déclaration d’une double-saillie ?

  • Les 3 géniteurs (lice + 2 étalons utilisés) doivent impérativement être confirmés préalablement à la déclaration, le système ne permet pas de valider la DS avec des reproducteurs non confirmés ou en cours d’enregistrement.
  • Les 3 géniteurs doivent être identifiés ADN et les empreintes être préalablement enregistrées à la Centrale Canine. Ce n’est qu’à cette condition que les compatibilités de filiation pourront être lancées avant l’inscription des chiots. Cette étape est une étape essentielle du processus qui permet de rattacher chaque chiot à son père, en fonction de la compatibilité établie.

– Comment cela se passe-t-il après pour la déclaration de portée ?

L’inscription des chiots issus d’une saillie simple comporte 3 étapes. Déclaration de saillie, déclaration de naissance, demande d’inscription au Livre.

La procédure « double saillie » comporte une étape intermédiaire avant l’inscription définitive puisqu’il faut déterminer quel reproducteur est le père de chaque chiot à inscrire.
Une fois les chiots prêts à être inscrits, la procédure d’inscription est identique et vous déclarez pour chacun des chiots les éléments habituels (nom, numéro d’identification, informations complémentaires éventuelles pour les exports). Une fois cette déclaration faite, les dossiers sont habituellement clôturés, et vous recevez les certificats de naissance.
Dans le cas d’une double saillie, le dossier n’est pas clos, l’inscription est provisoire et en attente des contrôles de filiation. Dans vos dossiers en cours, votre dossier de portée apparait dans vos dossiers en cours avec le statut « Déclaration d’inscription en attente de contrôle ADN ».

Il faut alors procéder à l’identification ADN de chaque chiot, puis, dans un 2ème temps, faire la recherche en filiation. Ce n’est qu’une fois l’ensemble des chiots testés et donc génétiquement attribués à l’un ou à l’autre reproducteur que l’inscription définitive peut être finalisée.

Attention : cette procédure d’inscription est plus longue et plus complexe que la procédure habituelle. Nous vous invitons à vous rapprocher du service LOF pour faciliter vos démarches, au 01 49 37 55 90

Toute la procédure de déclaration en ligne de la double-saillie est détaillée dans un guide se trouvant sur le site de la Centrale Canine. Nous vous invitons à cliquer sur le lien suivant pour y accéder : lien du guide pratique

 

De l’utilité des double-saillies

De l’utilité des double-saillies

Depuis cette année, les éleveurs ont la possibilité d’utiliser deux mâles pour féconder une chienne permettant ainsi l’éventuelle naissance de chiots génétiquement très différents.

On entend ici par double-saillie l’utilisation consécutive de deux mâles (et non la répétition d’une saillie avec le même étalon).  Cette mesure a été rendue possible depuis peu grâce à la technique d’identification génétique permettant d’attribuer après coup les chiots à leurs géniteurs respectifs. Elle a été  proposée par la commission d’Elevage de la SCC, à la demande de nombreux éleveurs sélectionneurs, pour favoriser la diversité génétique (si importante dans la préservation des races à faible effectif) et améliorer la longévité des races. De plus, elle va dans le sens du bien-être animal en permettant de diminuer le nombre de portées pour une même chienne comme on le verra plus tard.  Néanmoins cette mesure a été mal perçue par certains défenseurs de la cause animale qui l’ont assimilée, à tort, à une surexploitation des chiennes. 

Tout d’abord il est utile de rappeler que l’observation des populations de chiens sauvages montre que les femelles fécondes sont saillies par de nombreux mâles et ce plusieurs fois par jour. La monogamie n’est pas une caractéristique de l’espèce canine. Autre point important, la prolificité ne dépend pas du nombre de saillies (sauf si le mâle est défaillant) mais de la quantité d’ovules produits par la femelle. En clair, avec une seule saillie au bon moment on peut avoir une portée optimale et la double-saillie ne risque jamais d’engendrer une portée hors-norme par le nombre de chiots puisque la taille de celle-ci dépend uniquement du nombre d’ovules produits. C’est donc une caractéristique maternelle.

Ceci étant dit, pourquoi les éleveurs sélectionneurs étaient-ils demandeurs de cette mesure (adoptée depuis longtemps par des pays scandinaves très exigeants en termes de protection animale) ? Les raisons sont multiples.

La première, et la plus importante selon moi, est l’amélioration de la longévité des races par l’utilisation de mâles âgés souvent hypofertiles et qui étaient jusque-là écartés de la reproduction. Aucun éleveur ne veut prendre le risque d’utiliser un étalon quand on sait que sa semence s’est détériorée avec l’âge et qu’elle risque de laisser la chienne vide. Le choix se porte toujours vers des mâles plus jeunes avec le risque inhérent de transmettre des maladies génétiques que l’on n’a pas encore dépistées et qui apparaitront plus tardivement.  L’étalon âgé et en bonne santé représente un atout majeur génétique et il est absurde de s’en passer. Tout doit être mis en œuvre pour faciliter son utilisation. Il est clair que l’on parle ici uniquement des mâles. Pour les femelles, le discours est différent. La fatigue physiologique provoquée par la gestation et la lactation conduit à recommander pour la reproduction uniquement l’utilisation de jeunes chiennes. La sélection sur la longévité peut donc surtout s’opérer sur les mâles. Quoi de plus naturel dès lors de donner une chance à un étalon âgé mais de minimiser le risque en doublant la saillie avec un plus jeune. Ainsi, avec un peu de chance, quelques chiots bénéficieront de ce patrimoine génétique intéressant pour la race alors qu’auparavant, il était perdu à tout jamais. Certains chiens peu sollicités dans leur jeunesse ne seront même utilisés qu’à partir d’un certain âge juste sur ce critère de longévité.  Avec l’assurance d’avoir tout de même une portée, l’éleveur sera plus enclin à prendre le risque d’utiliser cet étalon âgé. Les femelles, surtout dans certaines races, ont une période de reproduction très courte, parfois guère plus de deux ou trois ans, et ne font que deux portées dans leur vie. On comprend alors aisément dans ce contexte​ que l’éleveur veuille minimiser les risques de « non gestation » et cela est bien légitime. 

Un autre cas de figure pas si rare en élevage peut bénéficier de cette mesure. L’éleveur choisit un étalon, effectue la première saillie un peu tôt (le jour de l’ovulation), celle- ci se déroule normalement mais au moment de la répéter deux jours après, le chien est souffrant ou sa semence est  devenue suspecte avec du sang d’origine prostatique (et peut-être des bactéries). La prudence impose de ne pas inséminer avec une telle semence. L’éleveur peut alors se tourner vers un autre mâle plutôt que de faire prendre des risques inutiles à la chienne. L’avenir lui dira si la première saillie a marché ou pas.

Les sélectionneurs ne veulent pas forcément de grandes quantités de chiots mais veulent parfois essayer différentes combinaisons génétiques sur une chienne donnée. Avec la double-saillie, un éleveur a, en une portée, l’éventail de combinaisons souhaité et peut épargner à la lice une portée supplémentaire. Ainsi, à l’occasion d’un déplacement à l’étranger, s’il trouve sur place deux étalons intéressants, il peut rapporter ces deux génétiques en une fois, améliorant de la sorte la diversité dans notre cheptel.

De même, la cotation en élite, élément important de la sélection, impose à la femelle d’avoir des chiots de deux étalons différents. Dorénavant, cela peut se faire en une seule portée, augmentant ainsi le nombre d’élites et diminuant peut-être aussi le nombre de portées faites pour de mauvaises raisons.

Enfin, n’oublions pas d’évoquer la cause la plus fréquente de double-saillie dont aucun éleveur, même le plus sérieux, ne peut se prémunir : l’accident. Combien de chiennes déjà fécondées par un étalon mûrement choisi se sont fait prendre le lendemain par l’étalon de l’élevage au grand désespoir de l’éleveur ? Auparavant ce genre d’incident étaient souvent passé sous silence avec le risque avéré de créer de faux pedigrees car rares sont ceux qui optaient pour l’avortement. Dorénavant, la double-saillie permet d’éviter cet écueil et d’être transparent (et honnête) quant à la généalogie des chiots.

 

Ainsi contrairement à ce que les moins informés sur le sujet peuvent penser, la double- saillie ne permet pas d’engendrer des portées anormalement grandes car on a vu que la prolificité est une caractéristique maternelle. Elle permet au contraire d’améliorer la longévité et la diversité génétique, qui sont des préoccupations dans de nombreuses races. Enfin elle permet un meilleur respect du bien-être animal. Ainsi expliquée, cette mesure ne devrait plus avoir de détracteurs. 

Par le docteur Frédéric Maison

L’inscription au Livre des Origines

L’inscription au Livre des Origines

Obtenir le pedigree de votre chien passe par l’examen de confirmation. Dans la majorité des cas, cette inscription définitive au Livre se fait au titre de la descendance, pour tous les sujets issus de parents eux même LOF et confirmés.
Le même examen de confirmation est nécessaire pour tout chien importé, régulièrement inscrit à un Livre d’Origine étranger reconnu par la FCI, il s’agit de la confirmation au titre de l’importation. 

Des exceptions ?

Une procédure, identique aux précédentes, permet à un sujet d’origines inconnues ou d’origines non déclarées, d’être inscrit au Livre à titre initial. Si malgré l’absence de généalogie, le sujet examiné est considéré conforme au standard de la race par l’expert confirmateur, il peut prétendre à entrer au Livre des Origines, sous réserves d’éléments complémentaires au niveau santé et comportemental.

CONDITIONS D’INSCRIPTION A TITRE INITIAL :

1 – Morphologie : avoir obtenu au minimum un qualificatif Très Bon en exposition nationale (CACS) ou être estimé du niveau Très Bon par un expert confirmateur.

2 – Santé : Être indemne ou d’un niveau acceptable pour la maladie la plus recherchée dans la race

3 – Comportement : Avoir passé avec succès le Test d’Aptitudes Naturelles, le Test de Caractère ou obtenu le Certificat de Sociabilité et d’Aptitude à l’Utilisation, dans les conditions définies par le club de race

(les éléments de santé et de comportement sont fixés par les clubs de race)

Cette demande d’inscription est ensuite soumise à la validation du Club de Race (cf formulaire). Une fois l’avis favorable obtenu, le dossier complet peut être adressé à la SCC pour enregistrement. Le sujet est alors inscrit en 1ère génération (aucune ascendance sur le pedigree), et peut être utilisé en tant que reproducteur.

Exemple d'inscription à Titre Initial

Des restrictions ?

L’inscription à titre initial dépend cependant d’une dernière condition : que le club de la race accepte ce type d’inscription au livre généalogique de sa race. On dit alors que le Livre des Origines est ouvert (les inscriptions à titre initial sont acceptées) ou fermé (elles ne sont pas acceptées).

Voici la liste, au mois de septembre 2020, des livres fermés, qui n’acceptent donc plus d’inscription à titre initial :

Lorsque le livre généalogique d’une race est fermé aux inscriptions à titre initial, un chien présentant les caractéristiques du standard de cette race peut toutefois être inscrit provisoirement au LOF, mais au registre appelé le « livre d’attente ». Cette procédure est exceptionnelle et longue, et si elle donne le droit au sujet d’être utilisé en reproduction, ses descendants de 2e et 3e générations seront eux même enregistrés (s’ils répondent à toutes les conditions) provisoirement, et seuls les chiens issus de la 4ème génération d’ascendants ayant satisfait à l’ensemble des conditions au cours de 3 générations pourront être inscrits au Livre des Origines.

Exemple d'inscription au Livre d'Attente

DOCUMENTS UTILES

Formulaire de confirmation au titre de la descendance (lien)

Formulaire de confirmation au titre de l’importation (lien)

Formulaire de demande d’inscription au Livre à Titre Initial (lien)

Formulaire de demande d’enregistrement au Livre d’attente (lien)

 

CONTACT 

Pôle Généalogie – Service confirmation : 01 49 37 54 48

Longévité : enregistrer la date de décès de mon chien, pour quoi faire ?

Longévité : enregistrer la date de décès de mon chien, pour quoi faire ?

Dans votre espace LOFConnect, vous pouvez enregistrer la date de décès de vos chiens, ainsi que la cause. Cette information va nous permettre d’en apprendre davantage sur la durée de vie moyenne des races, ainsi que sur les causes de décès fréquentes en fonction des races.

Des projets de recherche sur la longévité

Car nous avons tous à cœur que nos animaux de compagnie vivent le plus longtemps possible à nos côtés, la longévité est une qualité essentielle, si ce n’est primordiale. C’est pourquoi elle est très recherchée par les éleveurs dans leur travail de sélection.

De manière générale, les chiens des races de grande taille vivent en moyenne moins longtemps que les chiens des races de petite taille. Mais ceci n’explique pas pourquoi au sein d’une même race, certains chiens décèdent très précocement (hors accidents) tandis que d’autres atteignent des âges records ! Dans le but d’évaluer la longévité des chiens et d’étudier l’évolution de l’espérance de vie de leurs races, certains clubs (comme le Doggen Club de France) ont déjà recueilli des données et établi des statistiques à ce sujet. Les résultats de ces enquêtes ont mis en évidence ces grandes variations de longévité des chiens au sein des races.

Améliorer l’espérance de vie de nos compagnons étant fondamental pour nous, le Fonds de Recherche SCC –  Agria finance un projet d’étude du CNRS de Rennes, visant à mieux comprendre le déterminisme génétique de la longévité canine. Ce projet s’intéresse à un grand nombre de races très diverses afin d’identifier des critères de longévité qui ne dépendent pas de la race, mais qui permettent à certains individus d’atteindre des longévités extrêmes : grâce à ce projet, nous espérons identifier les facteurs génétiques responsables des variations de longévité observées chez le chien et expliquant par exemple qu’un dogue allemand vive jusqu’à 8 ans tandis qu’un autre vivra jusqu’à 11 voire 12 ans.

Pour ce projet de recherche, mais aussi pour aller plus loin dans des études race par race, nous avons besoin de collecter un très grand nombre de données. Plus nous aurons d’informations sur les âges et les causes de décès des chiens, mieux nous pourrons appréhender la sélection sur ce caractère.

 

Le menu principal de LOF Connect

Comment faire pour enregistrer le décès de mon chien ?

Attention, le fichier I-CAD et le LOF sont deux entités différentes. Si vous avez déclaré le décès de votre chien auprès d’I-CAD (en renvoyant la carte, ou par l’intermédiaire de votre vétérinaire), cela ne veut pas dire que l’information est enregistrée dans la base de la SCC.

Pour enregistrer le décès de votre chien, connectez-vous à votre espace LOF Connect, onglet « Mes Chiens », et cliquez sur le bouton « Déclarer Décès » du chien en question. Il ne vous reste ensuite plus qu’à remplir la fenêtre qui apparaît (voir ci-dessous).

Si vous ne connaissez pas la date exacte du décès de votre chien, vous pouvez quand même remplir le formulaire en indiquant pour le jour le 1er du mois. Par exemple, pour un animal décédé durant le mois d’avril 2018, il est possible d’indiquer le 01/04/2018 si vous ne connaissez pas le jour exact.

Sinon, cette information peut être retrouvée dans le registre des entrées et sorties des animaux de votre élevage (ce document devant être conservé pendant 3 années après le départ du dernier animal de la structure).

En indiquant la cause de décès de votre animal, vous nous permettez également de lancer des enquêtes ciblées afin d’identifier les causes de mortalités fréquentes dans nos races canines, dans le but d’aider à la sélection pour que nos compagnons canins vivent plus longtemps à nos côtés. Cette information peut être retrouvée sur le certificat vétérinaire de décès de votre chien (si votre vétérinaire vous en a fourni un) ou dans le carnet de santé de votre animal. L’information qui nous intéresse ici est la cause réelle de la mort, il est donc primordial de nous donner le motif de décès le plus précis possible (le diagnostic du vétérinaire le cas échéant).

Pour toute question, n’hésitez pas à contacter le Service Santé et Ressources Génétiques :

Dr Ambre Jaraud-Courtin : ambre.courtin@centrale-canine.fr

Fleur-Marie Missant : fleur-marie.missant@centrale-canine.fr

Les handlers exposés à la crise du Covid 19

Les handlers exposés à la crise du Covid 19

Depuis mi-mars, tout s’est arrêté pour cette profession qui dépend totalement du déroulement des manifestations canines en France mais également à l’étranger. Pour l’instant, le mot d’ordre c’est tenir, jusqu’à ce que les expositions redémarrent et que les associations de race puissent à nouveau organiser leurs Nationales et Régionales d’Elevage. 

Pascal Douis

Le handling est une activité relativement nouvelle dans la Cynophilie française. Les pionniers de ce « métier » furent Pierre Boetsch qui s’illustra en particulier, avec les cockers américains De La Haute Fortelle, Marie-France Sequino qui était devenue dès le début des années 80, une présentatrice reconnue et renommée. Mais ce n’est qu’au début de ce siècle que de plus en plus d’amateurs se sont lancés dans le handling. Depuis le début du confinement, et plus précisément, l’annulation des expositions, leur agenda est vide et ils attendent avec impatience que l’activité redémarre, sans quoi leur avenir peut être remis en cause !

Pascal Douis est connu, très connu même, puisqu’il est un pionnier dans cette profession. Il a commencé en 1998. Au début, ce n’était que le handling, puis petit à petit est venu se greffer l’élevage sous l’affixe D’Harcourt, même si sa première portée remonte à 1995. C’était une portée de whippet qui était sa « première race canine ».

« C’est un affixe que j’avais repris de mon père. Mon grand-père également était un amoureux des animaux ». Une histoire de famille ? En quelque sort, car Pascal a grandi en étant très proche de ses grands-parents, en particulier de son grand-père Lucien qui était un amateur de chiens de race : braque allemand, dobermann, boxer et tant d’autres l’entourèrent au fil des années. Il adorait aller avec lui en exposition par plaisir, « pour aller voir d’autres chiens ». Dès qu’il y avait une exposition canine pas trop éloignée de son domicile, Pascal l’accompagnait…
« C’était un amoureux de la nature. Mais avant lui, j’ai fait mes premiers pas de cynophile chez mes parents qui avaient des fox terriers et des épagneuls de Pont Audemer ».

Les fondamentaux c’est avec son grand-père qu’il va les apprendre.

« J’ai toujours été attiré par les lévriers. Pourquoi ? Je ne sais pas mais je suis tombé sous le charme du whippet qui fut mon premier chien de race. Ce n’était pas un super chien, et de surcroît, il est mort accidentellement ».

En apprenant la nouvelle, des amis de Pascal organisent une collecte et grâce à eux, il achète enfin son premier whippet inscrit au LOF. C’est l’époque où il rencontre Colette De Saint Seine, la « Dame aux Lévriers », qui l’oriente vers l’élevage XR de Chambord fondé par Jacques Gayraud disparu l’année dernière. Un chiot repart dans les bras de Pascal et il commence à s’embarquer dans les expositions.

 « J’ai commencé mes premières expositions avec lui. En 1991, j’ai tout arrêté subitement, la personne avec qui je vivais est décédée brutalement. Quelques années après ce choc terrible, je me suis décidé à retourner dans le milieu des expositions canines. J’avais à ce moment-là trois whippets. J’ai arrêté l’enseignement, j’ai testé le handling. Je me suis dit je tâte le terrain et si je vois qu’il y a quelque chose à faire, je persiste. Fin 1998, je me suis lancé en me déclarant dès le départ alors que la profession était inconnue des différentes administrations ».

Il finit par obtenir plusieurs rendez-vous avant que la Chambre des Métiers accepte de l’enregistrer. A l’époque, personne n’était encore enregistré dans le métier de handling.

« J’étais enfin inscrit avec ma carte professionnelle sur laquelle est mentionné : Profession Handler, préparation, présentation de chiens en exposition ».

L’élevage se développe avec le teckel poil long, d’abord avec un étalon qui fera une belle carrière en exposition. Puis il achète sa première chienne chez un top éleveur italien. Un excellent mélange de lignées italiennes et hollandaises. « Elever c’est savoir sélectionner, travailler des Pedigrees, derrière ce que je fais il y a de la logique dans le choix des lignées, du type sélectionné, de la pertinence des « mariages ». Les lévriers irlandais sont arrivés au début des années 2000. J’ai ramené une chienne d’Espagne qui ne devait rester que quelques temps chez moi. A force de la toiletter, l’entraîner et vivre avec elle quotidiennement, je me suis attaché à elle et j’ai proposé à son éleveur de la garder ».

D’autres géants irlandais vivront chez Pascal, dont certains venant du plus célèbre éleveur allemand Von der Oelmühle. « J’avais trouvé un accord avec cet éleveur. Je lui sortais plusieurs chiens en exposition, je les gardais chez moi. J’ai donc pu travailler sur des lignées de tout premier plan. J’ai toujours privilégié des chiens très lévriers dans leur construction car pour moi et le standard d’ailleurs le souligne, l’irish wolfhound est avant tout un lévrier ».

« Aujourd’hui, tout est à l’arrêt. Depuis le 15 mars, plus d’expositions canines signifie plus de travail. Entre-temps, j’ai préféré arrêter l’élevage ». Pour l’instant, il ne peut donc plus élever ni présenter en exposition. Mais il vient tout juste de reprendre le toilettage et l’entretien de chiens d’expositions : ses premiers rendez-vous n’ont repris que depuis le lundi 11 mai !

Il fait un petit peu de pension, réservée souvent aux chiens qu’il présente en exposition. « Actuellement, je n’ai pratiquement aucune demande, j’ai des amis qui ne font que de la pension et qui n’ont pas une seule réservation… J’ai des gens qui viennent de loin pour préparer leur chien en vue de la possible reprise des expositions mais je ne peux en faire qu’un ou deux dans la journée et de plus ce n’est pas mon activité principale ».

 

Son comptable n’avait pas de boulot pour les mois d’avril, mai, juin… Certes, il a pensé aux stages de formation. Mais ce n’est pas simple car les candidats viennent de loin…  Alors son seul souhait ? « Que les expositions reprennent au plus vite ! ». 

Cédric Jegou

Atypiques par rapport à bon nombre de leurs confrères ? Oui, très certainement, Maud Hillaireau et Cédric Jegou font partie des « présentateurs professionnels » les plus connus sur le circuit français. Ils ne sont jamais inactifs, même au cours de la période de confinement. Mais en ce début de déconfinement ils ont un calendrier d’expositions à l’arrêt et un agenda inconnu pour l’instant.

Ils ne vivent que par et pour le handling, c’est-à-dire, la préparation et la présentation en exposition de chiens de différentes races, pour le compte de clients répartis dans toute la France. Le toilettage et la pension ne sont donc pas des activités annexes, mais tout simplement, elles sont liées au métier de handler.

« Quand tout s’est arrêté le 16 mars au soir, nous savions que nous devions rebondir et trouver des solutions à cette situation unique et historique ».

Leur histoire débute il y a 16 ans. Cédric Jegou avait fait sa formation chez Pascal Douis tandis que Maud Hillaireau venait d’une formation suivie chez un célèbre éleveur de caniches moyens, aujourd’hui disparu, Philippe Coquelin. Pendant quelques années, Cédric fera naître quelques portées de bedlington sous l’affixe Of Celtic Odyssey et construira un palmarès de haut niveau avec plusieurs de « ses élèves ». Puis, en 2004, Cédric décide de lancer sa société de handling, TDS (Tendency Dogs Standing). Pas de spécialisation, car dès le début, le mot d’ordre était « tout chien ayant des qualités mérite un handling de qualité »

Les résultats ne se font pas attendre : Meilleur de race, Podiums, Victoires dans les Groupes et parfois, le Best in Show, tant en France qu’à l’étranger. Les rings d’honneur deviennent une habitude pour le couple.  Pour aller plus loin, l’idée germa de créer un magazine « à l’américaine » mettant en exergue les expositions canines et les chiens qui s’y distinguent. Mais pas seulement les leurs, ceux d’autres handlers mais également éleveurs : le magazine Dogs Revelation était né. Le N°1 sortira en janvier 2011 et sera diffusé en exposition et petit à petit, avec une édition digitale. Leur dernier numéro était un numéro spécial Championnat de France du Chien de Race 2019.  

Deux ans plus tard, création du Syndicat National des Handlers Professionnels en 2013 qui a été repris par le SNPCC (Syndicat National des Professionnels du Chien et du Chat). Puis suite logique de la revue Dogs Révélation, naissance des Dogs Revelation Awards qui récompensent les meilleurs chiens de l’année : mais sans exposition, pas de pointage et donc pas de lauréats…etc…

Dans ce contexte, difficile de faire rêver des lecteurs faute de manifestations….

« Quand tout s’est arrêté avec le confinement, au début ça n’était pas très clair pour nous. Nous avons eu l’idée de faire des cours de toilettage et de handling à distance ».

Dès le début du confinement, cette idée se développa. « On a de la chance, nous avons de bons clients, et les chiens sont chez nous à l’année. Nos activités de pension et de toilettage ne concernent que la préparation en exposition des chiens qui nous sont confiés »

L’idée de formation ? Elle nous a agréablement surpris car de nombreux prospects nous contactaient. Des particuliers qui souhaitaient s’améliorer tant sur le plan du handling et du toilettage, mais également des éleveurs connus souhaitant être prêts le jour J de la reprise des expositions.

Autre idée développée pendant la période de confinement, le transport des chiots, qui est arrivé par hasard. « On s’occupait de nos chiens et une éleveuse et amie, Mathilde Charpigny, a évoqué le sujet avec nous. Comment s’organiser pour livrer des chiots dans toute la France dans les meilleures conditions ». Un long travail de préparation fut donc engagé avec cette éleveuse, et Cédric, qui avait tout ce que requiert un tel métier, s’est chargé de la livraison « en prenant bien soin, de ne jamais mixer les élevages lors d’une livraison. Un élevage, une portée, une tournée organisée de bout en bout pour des raisons sanitaires et que les chiots voyagent dans d’excellentes conditions ».

 

« On ne sait pas, ce que l’avenir nous réserve. On fait avec, on fera tous les efforts pour cette année 2020 en puisant sur nos réserves. Espérons que les mentalités vont changer et que les habitudes et les comportements d’hier auront fait place à plus de discernement. Très clairement, il y aura un après Covid-19 et la cynophilie tout entière devra revoir ses us et coutumes ». 

Audrey Garcia

Autre professionnelle installée et reconnue, Audrey Garcia, qui a débuté comme toiletteuse alors qu’elle n’avait que 22 ans. Quand des clients la voyaient pour la première fois, ils demandaient à voir la patronne… qui pourtant se trouvait devant eux !

« Je vivais à l’époque près d’Aix en Provence. Ma mère et ma sœur élevaient des caniches sous l’affixe Del Rey Rakashi. J’ai donc baigné dans l’élevage dès mon plus jeune âge. Ensuite, j’ai décidé de m’éloigner avec mon compagnon, Jérôme Pain, avec qui j’ai élevé quelques portées dans deux races, le caniche et le bearded collie, sous l’affixe Victory Wind’s.

Les expositions faisaient partie de ma vie pratiquement chaque week-end et la semaine, j’avais mon activité professionnelle avec le salon de toilettage. Au fil des années, nous voulions changer d’air, avec beaucoup d’espace pour nos chiens et nous souhaitions nous installer dans le Centre de la France. Pour différentes raisons, facilité d’accès, cadre de vie, budget, notre choix s’est porté sur l’Allier. Nous avons fini par revendre le salon de toilettage et nous sommes venus nous installer à une trentaine de kilomètres de Montluçon ».

Professionnellement, Jérôme diffuse pour la France toute une gamme de produits cosmétiques pour Chiens, Chats et Chevaux sous la marque MD 10 et il s’est également spécialisé dans le commerce en ligne dédié aux animaux de compagnie. Son activité a relativement bien marché pendant le confinement, confirmant l’explosion des achats sur internet pendant cette période.    

« A partir du moment où les expositions se sont arrêtées, le stress s’est installé, car nous venions de faire l’acquisition d’un véhicule totalement dédié à l’activité de Handling et qui est arrivé quelques jours avant le début du confinement. Je me suis concentrée uniquement et par choix sur ce que j’aime vraiment faire et me passionne : m’occuper des chiens, y passer le plus clair de mon temps, les toiletter, jouer et me balader avec eux, débuter une éducation douce pour les jeunes chiens sans oublier de préparer et d’entrainer pour les futures expositions. Ma campagne bourbonnaise s’y prête parfaitement bien ».  

Audrey à des chiens à demeure que des clients lui ont laissé en toute confiance et aussi par solidarité face à cette situation ahurissante de ne pas pouvoir exercer sa profession de handler. Donc, elle peut continuer à les préparer et les toiletter. Lorsque les expositions reprendront, les chiens seront fin prêts.

Chez elle ni formation à distance, ni livraison de chiots pour le compte de tiers. Mais Audrey arrive à joindre les deux bouts « et je dois avouer que cette période de confinement a en définitive été positive car après des années à courir chaque semaine, chaque jour, se poser nous a fait le plus grand bien pour repartir dès que les expositions reprendront ».  

Son comptable lui conseillait d’arrêter de payer ses charges et d’honorer les factures, en lui conseillant de repousser les échéances… mais comme le dit l’adage, ce qui est fait n’est plus à faire elle a préféré régler en temps et en heure. Il faut donc que sa société Goldie Curly Handling puisse présenter et exposer rapidement. Elle attend donc de pied ferme une reprise des expositions et concours pour tout simplement exercer son métier de présentateur professionnel. 

Le confinement vu par nos voisins : Grèce, Monténégro, Irlande et Russie

Le confinement vu par nos voisins : Grèce, Monténégro, Irlande et Russie

Nous avons interrogé nos homologues étrangers sur les effets de la quarantaine actuelle sur leur activité.

Voici les questions et les réponses du Kennel Club Grec, du Kennel Club du Montenegro, du Kennel Club Irlandais et du Kennel Club Russe.

Ces réponses sont les dernières que nous avons reçues. Nos voisins ont été eux aussi impactés par la crise du coronavirus, nous continuerons à travailler ensemble pour aider l’élevage de chiens à surmonter cette crise.

1 – Est-ce que des mesures de confinement ont été imposées dans votre pays ?

 

GRECE :  Nous sommes confinés depuis le 13 mars, et depuis le 16 mars, seuls les fournisseurs de denrées alimentaires – supermarchés, boulangeries, boucheries, épiceries, pharmacies, banques, animaleries, et quelques autres commerces – sont ouverts. Du 23 mars au 4 mai au moins, nous avons une quarantaine complète, ce qui signifie que pour pouvoir se déplacer, les gens doivent envoyer un SMS à l’avance, et ils sont autorisés à le faire pour 6 raisons différentes : par exemple, promener le chien / faire de l’exercice, acheter des produits de première nécessité, aller chez le médecin, rendre visite et aider les personnes dans le besoin, etc.

MONTENEGRO : Oui, depuis le 18 mars, tout le monde est en quarantaine ou en auto-isolement. Seuls les travailleurs essentiels sont autorisés à aller travailler, les autres doivent rester à la maison.

IRLANDE : Restez chez vous !

Il existe des exceptions pour certains travailleurs des entreprises clés, mais pour la majorité des gens, la règle est simple : restez chez vous.

C’est la meilleure façon de minimiser le risque du COVID-19 pour vos amis, votre famille et votre communauté. Vous pouvez acheter de la nourriture, vous rendre à vos rendez-vous médicaux, et même sortir pour faire de l’exercice, mais on vous demande de rester chez vous autant que possible. Vous ne pouvez pas organiser une rencontre avec une personne extérieure à votre ménage. Des mesures appelées « cocooning » ont été mises en place pour les personnes de plus de 70 ans, et celles qui sont médicalement extrêmement vulnérables au COVID-19. Elles restent à l’intérieur, et s’isolent autant que possible. A revoir dans 3 semaines.

RUSSIE : Comme la plupart des pays, nous sommes en quarantaine officielle, qui est maintenant annoncée jusqu’au 30 avril, mais qui sera probablement prolongée jusqu’à fin mai, ou mi-mai, selon le nombre de personnes infectées à ce moment-là.

 

 

2 – Les dog shows et autres épreuves de sélection sont-ils annulés ?

 

GRECE : Toutes les expositions et épreuves canines ont été annulées jusqu’au 1er juin.

MONTENEGRO : Oui, toutes les expositions canines et toutes les autres activités canines sont annulées depuis le 18 mars. Avant cela (quelques jours avant le 18 mars), tous les rassemblements ont été interdits. La plupart des expositions canines sont reportées pour l’été.

IRLANDE : Tous les événements canins sont annulés jusqu’à nouvel ordre.

RUSSIE : Bien sûr, aucun événement public n’est autorisé, et nous avons annulé ou reporté toutes les expositions prévues pour ces mois. Notre plus grand événement, « Eurasia », a été reprogrammé pour les 13-14-15 novembre 2020. Pour les expositions d’été, nous attendons toujours la décision officielle, mais il est fort probable que seulement de toutes petites expositions d’élevage puissent avoir lieu jusqu’à la fin du mois d’août.

 

 

3 – Une dérogation aux mesures de confinement est-elle prévue pour certaines activités économiques ? Si oui, l’élevage en fait-il partie ?

 

GRECE : L’élevage canin n’a pas été interdit.

MONTENEGRO : Oui, seuls les travailleurs essentiels sont exemptés de la quarantaine. Il s’agit des soins de santé, de la police, des pompiers, des entreprises de nettoyage, de l’agriculture… l’élevage n’est théoriquement pas interdit.

IRLANDE : Restez chez vous en toutes circonstances, sauf dans les situations suivantes :

– pour se rendre au travail et en revenir, lorsque le travail est considéré comme un service essentiel.

– travailler dans un magasin, une banque ou un bureau de poste essentiels ;

– pour acheter de la nourriture, des médicaments et d’autres produits de santé pour vous-même, votre famille ou une personne vulnérable ;

– pour se rendre à des rendez-vous médicaux ;

– pour des raisons familiales vitales, y compris les soins aux enfants, aux personnes âgées ou vulnérables, mais à l’exclusion des visites familiales à caractère social ;

– pour faire de l’exercice dans un rayon de 2 km de votre maison. Vous ne pouvez pas faire de l’exercice avec des personnes extérieures à votre ménage ;

Services essentiels, magasins, banques et bureaux de poste :

– toute personne qui peut travailler à domicile doit travailler à domicile. Cela inclut les travailleurs essentiels et les travailleurs exerçant des fonctions essentielles au sein du gouvernement, des services publics ou autres ;

– les centres d’éducation communautaire pour adultes et les centres communautaires locaux sont fermés ;

– tous les services essentiels doivent garantir des conditions de travail sûres.

RUSSIE : non renseigné.

 

 

4 – Concrètement, est-ce que les éleveurs ont le droit d’aller livrer les chiots chez les particuliers ?

 

GRECE : Oui, tant que la distanciation sociale est maintenue.

MONTENEGRO : Jusqu’à présent, il n’est pas autorisé de voyager d’une ville à l’autre, et les frontières sont fermées. Je suppose que si l’éleveur fournit un document prouvant que le transport d’un chiot est nécessaire, il pourrait être autorisé.

IRLANDE : La vente de chiens n’est pas considérée comme nécessaire et, en raison des restrictions de déplacement, la livraison est illégale.

RUSSIE : non renseigné.

5 – Y a-t-il une différence des règles entre les éleveurs professionnels et amateurs ?

 

GRECE : En ce qui concerne le Corona virus, il n’y a pas de différence.

MONTENEGRO : Il n’y a pas de différence, tout le monde doit rester à la maison.

IRLANDE : En ce qui concerne le Corona virus, il n’y a pas de différence.

RUSSIE : non renseigné.

 

 

 

6 – Comment cela se passe-t-il avec les vétérinaires ?

Sont-ils autorisés à faire : la vaccination ? l’identification des chiots ? des certificats de bonne santé pour la vente ? à se déplacer en élevage ?

 

GRECE : Les vétérinaires sont autorisés à pratiquer, mais uniquement pour des visites non régulières, comme les urgences, les vaccinations des chiots et les traitements qui ne peuvent pas être reportés.

MONTENEGRO : Les vétérinaires peuvent travailler dans cette situation et peuvent se déplacer pour soigner les chiens, si nécessaire. En général, s’il n’y a pas urgence, il est conseillé de reporter la procédure.

IRLANDE :  Les vétérinaires décident au cas par cas.

RUSSIE : non renseigné.

 

 

7 – Comment cela se passe-t-il pour les refuges ? Sont-ils autorisés à organiser des adoptions ?

 

GRECE : Cela dépend du refuge, mais en tout cas, toutes les précautions contre la propagation du  Corona virus doivent être prises.

MONTENEGRO : Comme les gens ne sont pas autorisés à quitter leur foyer, ils ne sont pas autorisés à se rendre au refuge afin d’adopter un animal de compagnie.

IRLANDE : Pas d’autorisation pour ce service jusqu’à nouvel ordre.

RUSSIE : non renseigné.

FAQ – Déconfinement

FAQ – Déconfinement

Depuis le 11 mai, la France entre en phase de déconfinement. Petit à petit, la Centrale reprend donc ses activités. Nous répondons à vos interrogations à ce sujet avec les informations dont nous disposons.

1 – J’ai fait ma déclaration d’inscription en ligne, quand recevrai-je les certificats de naissance ?

Le service LOF est de retour dans les locaux de la Centrale Canine, nous allons donc éditer les certificats de naissance pour lesquels tout est en règle.

Pour toute question sur un dossier en cours, merci de nous contacter de préférence par mail à lof.eleveur@centrale-canine.fr, cela permettra aux personnes en télétravail de vous renseigner et aux personnes présentes sur site de se consacrer au traitement des dossiers et des envois.

 

2 – Je dois faire une déclaration de saillie ou de naissance, est-ce qu’il vaut mieux la faire en papier ou en ligne ?

 

Nous vous conseillons de continuer à faire vos déclarations en ligne sur votre espace LOFConnect.

Au regard des conditions actuelles, privilégier les déclarations par le web vous garantit un service fiable et rapide, sans délai.

Pour toute question sur la déclaration en ligne, vous trouverez le guide ici : https://www.centrale-canine.fr/articles/decouvrez-lof-connect

 

3 – Où trouver le numéro de portée qui est demandé pour publier une annonce ?

 

Une fois votre déclaration de naissance déclarée en ligne, le numéro est simultanément disponible.

(cf dossiers en cours – numéro de portée)
Dans le cas d’une déclaration de naissance papier :

Si vous avez fourni une adresse e-mail de contact, un mail vous est adressé automatiquement.

Si vous n’avez pas fourni d’adresse e-mail, un courrier vous est adressé.

Attention : Nous vous invitons à utiliser la déclaration en ligne.

 

La SCC ayant été fermée pendant 8 semaines, le délai habituel de traitement est inévitablement rallongé.

4. J’ai fait une demande d’affixe pendant le confinement, est-ce que mon dossier a été traité ?

Les demandes reçues pendant la période de fermeture sont actuellement en cours de traitement.

 

5. J’ai fait une commande de tests génétiques ou de test génomique pendant le confinement, quand recevrai-je le kit de prélèvement ?

 

Le service ADN est de retour dans les locaux de la Centrale Canine, les kits de prélèvement vont donc être envoyés dans les prochains jours, dans l’ordre chronologique des commandes.

La SCC ayant été fermée pendant 8 semaines, le délai habituel de traitement est inévitablement rallongé. Les commandes sont en cours de traitement et vous recevrez prochainement votre kit de prélèvement.

 

Pour toute question sur un dossier en cours, merci de nous contacter de préférence par mail à adn.contact@centrale-canine.fr.

 

6. J’ai envoyé du courrier (dossier de confirmation, déclaration de portée, …) à la Centrale Canine pendant le confinement, l’avez-vous reçu ?

 

Toutes les demandes transmises par courrier seront gérées progressivement, la SCC ayant été fermée pendant 8 semaines, le délai habituel de traitement est inévitablement rallongé. Les équipes font diligence pour réduire le délai de traitement au maximum.

 

N’hésitez pas à envoyer un mail au service concerné pour toute demande de renseignement. Toutes les informations sont ici : https://www.centrale-canine.fr/actualites/le-lof-en-periode-de-confinement-mode-demploi

 

7. Je dois faire confirmer mon chien pour valider la déclaration d’inscription des chiots, comment procéder ?

 

Nous sommes en train d’organiser la reprise des confirmations, qui devrait intervenir rapidement. Nous vous tiendrons informés dès que nous aurons des informations à vous communiquer.

 

8. Ai-je le droit d’aller chez mon vétérinaire s’il se trouve à plus de 100km ?

 

Pour aller chez votre vétérinaire, prenez rendez-vous avant. S’il se trouve à plus de 100km et que la consultation est une urgence, vous pouvez faire une attestation de déplacement. Si la consultation n’est pas une urgence, vous ne pouvez pas y aller pour l’instant.

 

9. Est-il possible d’aller à l’étranger pour livrer des chiots ou faire une saillie ?

 

Non, pour l’instant les frontières sont fermées.

 

10. Comment rester informé(e) de la suite des évènements ?

 

Pour toute question, n’hésitez pas à nous contacter par mail : https://www.centrale-canine.fr/articles/nous-contacter

 

La prochaine newsletter est prévue pour le vendredi 29 mai. Nous adapterons ensuite le rythme à la situation et aux informations que nous aurons à vous communiquer. En attendant, vous retrouverez toutes les informations sur notre site web (https://www.centrale-canine.fr/) et sur notre page Facebook Société Centrale Canine.

Covid 19 : Le point de vue des pensions

Covid 19 : Le point de vue des pensions

Le confinement a laissé des traces dans de nombreuses activités canines, notamment, les pensions pour chiens. Tous nos interlocuteurs sont unanimes : le confinement a véritablement tué l’activité et ce n’est pas terminé. 

La Pouponnerie

Nos interlocuteurs n’y vont pas par quatre chemins. A l’instar de Jocelyne Poupon et de sa fille Justine, qui gèrent une structure importante à deux heures de Paris : l’élevage Du Pré Moussey spécialisé dans le golden retriever et le berger allemand ainsi que différentes races de petits chiens d’agrément.

Elle est installée dans l’Aube (10) à Virey-sous- Bar, où se trouvent ses principales installations : « Depuis l’annonce du confinement et son démarrage effectif le 16 mars, notre activité pension est réduite à néant. Les habitués, qui partaient en week-end, prenait quelques jours de vacances à Pâques et ceux qui prenaient la poudre d’escampette pour s’évader sur un autre continent, aucun d’eux n’est bien entendu venu cette année. Ceux qui avaient posé une réservation ont demandé d’être remboursés. Les seuls clients qui viennent mettre leur chien en pension sont obligés de le faire sinon ils s’abstiennent ! Même le salon de toilettage est à l’arrêt car, comme le coiffeur, nous devons être fermés et les chiens qu’il faut impérativement toiletter à cette époque devront patienter… ».

La messe est dite ?

Pour Jocelyne, la pension, c’est mort actuellement, et ça risque évidement de perdurer car les vacances d’été s’annoncent catastrophiques pour la profession. En juillet et août, le taux de remplissage d’une pension est de 100%. Mais les annonces gouvernementales concernant les voyages à l’étranger et l’absence de visibilité face à cette pandémie, impliquent que nombre de clients habituels vont rester dans l’hexagone et choisir un lieu de vacances où les chiens seront acceptés. Résultat, une année très difficile à passer pour les pensions canines !

Pour mettre un peu de « baume au cœur » face à cette situation, Jocelyne rajoute : « Heureusement, contrairement à certains de nos confrères qui ne font que de la Pension, nous avons un élevage qui marche bien, avec une demande particulièrement soutenue depuis mars. Les demandes sont telles que nous ne pouvons toutes les satisfaire et nous invitons tous les futurs clients à s’armer de patience ».

Même son de cloche entendu dans l’élevage Du Haras de la Vergne géré par Bastien et Mathilde Charpigny qui considèrent cette année 2020 comme « catastrophique pour les pensions canines et félines » et sur le plan économique, des difficultés dont ils se seraient bien passés.

 

Les dresseurs qui ont une pension nous ont également fait part de leur désarroi face à des parcs, boxes et courettes vides. 

De Lady Noire

Autre point de vue, celui de Outi Kerkela et de son conjoint Thierry Marquet qui élèvent des schnauzers géants et nains dans le sud de l’Essonne sous l’affixe Scapman’s.
Ils ont une pension avec service de toilettage dont l’activité est actuellement réduite à néant. « Jamais je n’ai été confrontée à une telle situation. Habituellement, au mois de mars, les clients partaient au ski et laissaient leurs chiens et/ou chats en pension, puis également pendant les vacances de Pâques entre fin avril et début mai. Avec le confinement, je n’ai pas vu un seul client tout comme mon Salon de Toilettage alors que nous pouvions parfaitement gérer la venue de chaque client en respectant scrupuleusement les règles sanitaires en matière de Covid-19. ».
Plusieurs milliers d’euros si ce n’est beaucoup plus sont partis en fumée… plus précisément un chiffre d’affaire nul pour les activités de service annonce des lendemains difficiles. Et pire encore, selon elle, la pension cet été ne fera pas le plein alors que les factures des fournisseurs et des différents organismes seront bien au rendez-vous. Elle a donc déposé avec son expert-comptable un dossier afin d’être en partie indemnisée, mais pour l’instant, rien n’est venu créditer le compte bancaire de son activité pension ou toilettage.
« Dans une telle situation, je ne peux pas tourner en rond comme un lion en cage :  mes chiens sont toilettés au poil près, les installations nettoyées et repeintes, modernisées… Il faut bien que l’absence de clients me permette de préparer la reprise ».

Autre opinion, dans la lignée des précédentes : celle de Sylvain Raclin, qui sélectionne sous l’affixe De Lady Noire des bergers allemands et des bergers belges malinois pour le travail. Il est installé à Pernes-Les-Fontaines dans le Vaucluse (près d’Avignon). A côté de ses activités d’éleveur, il possède un terrain d’éducation et de dressage et gère également une pension : « Pour la première fois depuis la création de notre pension, je n’ai reçu aucune réservation pour le mois de mai, alors qu’habituellement les mois d’avril et de mai avec les vacances de Pâques et les ponts sont bien remplis. J’avais quelques chiens en pension début mars, qui sont partis entre-temps et depuis, je n’ai pas un seul pensionnaire dans mes boxes ! ».
Le dressage, n’en parlons pas, les terrains sont fermés donc pas d’entrainement et de préparation pour les futurs concours et compétitions. Et la réouverture ne se présente pas sous les meilleurs auspices.
Quant à l’élevage, « J’ai même vu des clients annuler car ils ne voulaient pas prendre en charge une partie des frais de livraison. Car bien entendu, ils ne peuvent pas se déplacer pour venir chercher leur chiot lorsqu’ils ont plusieurs centaines de kilomètres à parcourir. Donc ils annulent et repoussent à une date ultérieure, sans préciser de date. Avec des réservations annulées sur les meilleurs mois, l’année s’annonce catastrophique pour notre pension ».

 

Dans le midi, les touristes étaient souvent de bons clients occasionnels qui venaient chaque année, lui confier leurs chiens et/ou chats, et pour l’instant, il n’y a aucune réservation soulignent tous nos interlocuteurs très inquiets pour leur activité de pension. 

Le Palais des Papes

Du côté d’Avignon, l’élevage du Palais des Papes fondé au début des années 80 par Serge Laugier, sélectionne plusieurs races. La société dispose également d’une pension importante. Installé sur une propriété de 3,5 hectares, son emplacement se situe à quelques minutes du centre-ville historique d’Avignon. Pension canine, pension féline, salon de toilettage, magasin spécialisé, terrain d’éducation et de dressage attenant, tout est fait pour qu’un propriétaire puisse trouver tout ce qu’il peut souhaiter sur un même site. De surcroît, il y a un élevage important qui bénéficie d’installations de tout premier ordre. Et pour aller plus loin, l’élevage accueille également deux séances de confirmation sur son site chaque année. Mais le confinement est venu tout bousculer.
Pour Serge Laugier, le créateur de cette très belle structure, « C’est la galère depuis février pour l’activité pension, car nous avons vu les prémices de cette crise arriver dès la période des vacances d’hiver avec beaucoup d’annulations. A cette période, lors d’un voyage personnel, j’étais stupéfait par le nombre de passagers avec un masque et je pressentais que quelque chose de grave arrivait…
Sur les quatre premiers mois, j’accuse une baisse significative de mon chiffre d’affaires avec une activité pension réduite à néant, tout comme le service toilettage et la boutique d’aliments et accessoires a été désertée par nos client habituels. Je peux estimer la perte à près de 10 000 Euros par mois. Et ce n’est pas terminé, car le mois de mai, qui avec le mois d’août et les vacances de Noël, représente une période capitale pour la pension, je ne vais rien faire et je suis très inquiet pour cette période estivale habituellement pleine.
Heureusement, notre activité majeure, l’élevage, marche bien, très bien même, avec des ventes et des réservations record !
Je passais depuis quelques semaines tellement de jours sur nos outils en ligne afin de répondre aux personnes recherchant un chiot, que ce soit pour l’acquérir tout de suite ou à réserver, que j’ai pour l’instant arrêté de répondre à toutes les sollicitations. Dans le contexte actuel, nous sommes une équipe réduite pour nous occuper de l’élevage, des portées, des naissances etc…et je n’ai plus le temps de tout faire !
Avec mon statut d’exploitant agricole, je m’occupe également de livrer les chiots chez les acquéreurs et dans le même temps, je leur livre les croquettes et les accessoires requis
 ».

 

2020 s’annonce comme une année noire pour la grande majorité des professionnels du secteur et ce n’est malheureusement pas terminé !  

Portraits croisés : Barbara Ferry et Dominique Grandjean

Portraits croisés : Barbara Ferry et Dominique Grandjean

Chargée de recherche au Centre de Recherche en Neurosciences du CNRS de Lyon, le docteur Barbara Ferry étudie les capacités olfactives du chien. Ses travaux, notamment soutenus par la Société Centrale Canine, portent sur la mise en évidence des processus sensoriels impliqués dans l’identification d’odeurs complexe (en particulier les odeurs humaines) mais ont aussi pour but la compréhension du lien entre mémorisation olfactive et apprentissage. Afin de nous aider à mieux comprendre les capacités olfactives de l’espèce canine, le docteur Ferry a accepté de répondre à nos questions.

– En tant qu’être humain, il nous est difficile de nous rendre compte de la façon dont nos chiens perçoivent leur environnement, notamment car nous faisons souvent beaucoup d’anthropomorphisme avec nos animaux de compagnie. Pourriez-vous nous décrire le rôle de l’odorat d’un chien dans sa perception du monde ?

On pourrait dire que le chien perçoit le monde à travers son odorat. Les recherches menées depuis une quinzaine d’années sur ce sujet ont permis de montrer que les capacités du chien d’aujourd’hui à détecter et identifier les odeurs résulte du fonctionnement complexe et très élaboré de son organe sensoriel périphérique ainsi que de ses aptitudes à l’apprentissage et sa grande mémoire, qui sont le résultat de cette formidable évolution. Grâce à son exceptionnelle acuité olfactive, le chien perçoit l’odeur de ce qui l’environne bien avant qu’il ne voie l’objet dont elle émane. Le chien est par ailleurs capable de localiser la source de cette odeur, même si celle-ci est présente en infime quantité.

 

– Concrètement, que peut déceler l’odorat de mon chien ? Par exemple, grâce à son flair mon chien est-il capable de savoir que je suis passée à 200 mètres de la maison durant ma journée de travail ou les émotions que j’ai ressenties ?

Les odeurs sont représentées par un mélange complexe de molécules chimiques qui sont présentes en suspension dans l’air. Grâce à ses 250 millions de cellules réceptrices appartenant à 880 types différents, le chien de distinguer des milliers d’odeurs. Mais toutes n’ont pas la même pertinence pour lui, et ce n’est pas parce qu’il ne montre pas de réaction vis-à-vis de certaines odeurs qu’il ne les perçoit pas.

Si vous passez à 200 mètres de votre maison durant votre journée de travail, il y a peu de chances que votre chien, qui sommeille sur le pas de votre porte montre une réaction. En effet pour qu’il montre une réaction de reconnaissance, il faudrait que le vent apporte, sans le diluer, l’ensemble du mélange représentant votre identité olfactive et qui est composé de centaines de molécules organiques volatiles qui la composent.

Quant aux émotions que vous avez pu ressentir, là-aussi, certaines auront une pertinence pour votre chien. Si vous êtes stressée par exemple, votre chien sera peut-être capable de le détecter et de montrer une réaction comportementale. Mais là-encore, je pense que 200 mètres est une distance bien trop importante pour qu’il puisse avoir accès à cette information dans son intégralité.

 

– Quelle est l’influence de la race de mon chien sur ses capacités olfactives ?

Je ne sais pas dans quelle mesure on a pu montrer que certaines races de chiens sont « meilleures » que d’autres dans les tâches de détection olfactives et je n’ai pas de références bibliographiques faisant état de différences statistiquement significatives dans le nombre des récepteurs olfactifs ou dans l’efficacité du flair entre les différentes races de chien. Au départ, sauf preuve du contraire, tous les chiens ont une grande capacité de détection olfactive. En revanche, certaines races se prêtent mieux à la formation de recherche d’odeurs que d’autres, parce qu’elles présentent des caractéristiques dans leur gabarit, leur caractère, leurs capacités d’apprentissage ou de mémorisation et d’attention qui faciliteront leur formation en salle. D’autres races, représentées par les chiens de chasse ont une excellente capacité de pistage d’odeurs mais sont incapables de travailler dans des milieux clos (Saint Hubert, Basset Artésien). Dès lors et pour finir, je dirais qu’il est facile de généraliser mais n’oublions pas que de grandes différences inter-individuelles existent et l’on peut trouver des champions de la détection olfactive et aussi de mauvais détecteurs au sein de chaque race !

 

– Comment apprend-t-on à un chien à détecter une odeur en particulier ?

Même si les procédures utilisées au cours des formations sont propres à chaque spécialité, le principe sur lequel repose le dressage des chiens de détection consiste toujours en un apprentissage simple de type « odeur cible – récompense ». Très rapidement, le chien montre un réel plaisir à effectuer la tâche. Mais surtout, il apprend aussi très vite les règles du jeu consistant à « marquer » l’odeur cible pour obtenir la récompense. En fonction du type de spécialité de dressage, la procédure d’entrainement se complexifie de manière à augmenter la sensibilité olfactive du chien.

 

– En pratique, à quoi sont employés les chiens de détection ?

A partir du moment où le mélange de composés organiques volatile est émis à un seuil détectable par le nez du chien, que la nature de ce mélange est comparable d’un échantillon à l’autre et qu’elle est propre à la cible recherchée, il est possible de conditionner un chien à le détecter. Les domaines dans lesquels les chiens de détection peuvent être employés sont multiples et très variés, allant de la détection médicale (cancers, diabète, stress…), à la détection de stupéfiants ou d’explosifs auprès des forces de secours et de sécurité, en passant par la recherche de personnes ou même la détection de la présence de nuisibles (Cochenille de la vigne, punaises de lit…).

 

– Détecter des virus ou des infections virales chez des personnes grâce à des chiens de détection, est-ce possible ou est-ce une utopie ?

Il nous manque des données aujourd’hui pour être sûr que ce n’est pas une utopie, mais en tous les cas, c’est un beau challenge ! Au vu des données de la littérature, rien ne s’oppose à cette possibilité. On trouve quelques articles montrant que les chiens sont capables d’identifier des patients infectés par certaines bactéries sur la base des  biomarqueurs spécifiques présents dans leurs selles, dans leurs urines ou dans leur haleine, en revanche, il y a très peu de travaux montrant qu’il est possible de former les chiens à identifier la présence d’une infection virale chez l’homme. Les deux seules études publiées sur ce sujet à ma connaissance ont montré que les chiens peuvent détecter la présence de biomarqueurs odorants émanant de cultures de cellules infectées par le virus bovin BVDV (virus bovin de la diarrhée) et, concernant l’organisme vivant, des biomarqueurs odorants spécifique au virus H1N1 chez l’oiseau.

 

Tout d’abord, on ne sait pas si chaque infection virale donne lieu à l’expression de composés organiques volatiles (COV) spécifiques que l’on pourrait retrouver chez tous les patients atteints d’un même virus. Ensuite, l’odeur corporelle d’un être humain est composée de centaines de molécules différentes. Selon moi, et ce qui sera le plus difficile à obtenir de manière fiable et reproductible, c’est un marquage spécifique de l’odeur émise chez un individu lorsque celui-ci est infecté par un virus, car rien ne nous dit aujourd’hui que le métabolisme des cellules infectées par un virus particulier chez l’homme exprimeront des COV qui seront similaires d’un individu à l’autre… Avant de répondre à cette question, il faudra donc procéder à de nombreux essais effectués en double aveugle. Cela prendra sûrement du temps mais le flair exceptionnel du chien mis à la disposition de bons professionnels cynotechniques en France est la recette idéale pour avancer vite et je ne serais pas étonnée d’en entendre parler prochainement !

Le professeur Dominique Grandjean, vétérinaire en charge de l’Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport (UMES) à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort (EnvA) et chef du service vétérinaire de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP), a initié en France les premiers essais visant à entraîner des chiens à la détection de personnes atteintes du Covid-19. Il a accepté de répondre à nos questions pour nous présenter ce projet novateur.

 

– Des chiens de détection de personnes atteintes du Covid-19, c’est possible ?

A la base, il s’agit du projet Nosais développé par l’UMES, pour la détection médicale des cancers et de la maladie de Parkinson par des chiens. Mais des travaux très prometteurs de l’Université d’Auburn (USA) ont montré la capacité du chien a mettre en évidence chez les bovins l’infection virale responsable de la maladie des muqueuses. Alors pourquoi le chien ne pourrait-il pas reproduire la même chose chez l’homme, concernant l’infection au SARS-CoV-2 ? En tout cas, nous, on y croit.

A l’instar de ce que nous faisons, d’autres projets similaires se montent à travers le monde, mais ces équipes travaillent sur d’autres types de prélèvements, comme de l’air expiré ou des masques, ou bien des prélèvements d’urines ou de salive. Nous préférons travailler à partir de la sueur de personnes infectées, qui ne comporte quant à elle pas d’excrétions virales.

Actuellement, les essais ont démarré sur trois site, à Maisons-Alfort, à Ajaccio et à Beyrouth (Liban). Ces chiens vont particulièrement intéresser les aéroports ainsi que la police de l’air et des frontières.

 

– Comment collectez-vous les prélèvements que vous utilisez pour former les chiens ?

Afin que les chiens apprennent à s’arrêter uniquement sur les prélèvements issus de personnes infectées par le SARS-CoV-2, il est nécessaire que les prélèvements proviennent de personnes présentant des symptômes du Covid-19, qui ont été testés positifs par PCR (c’est-à-dire porteur du virus) et qui n’ont reçu un traitement médical que depuis au plus 24 heures. Parallèlement, il nous faut également des prélèvements « contrôles » de personnes non infectées.

Actuellement, nous travaillons avec l’hôpital Bégin (94) et bientôt avec l’hôpital Antoine-Béclère (92) ainsi que d’autres centres hospitaliers de la Seine-et-Marne (77), en Corse et au Liban. Nous avons pu obtenir 50 prélèvements de personnes infectées, mais c’est malheureusement encore insuffisant. D’autant, plus qu’il est essentiel que les chiens comparent les odeurs provenant d’un même centre hospitalier car il est nécessaire que tous les chiens se figent sur une effluve commune qui n’est pas liée aux hôpitaux. Ainsi, le nombre de prélèvements dont nous avons besoin est très important et c’est à l’heure actuelle le plus gros facteur limitant à l’avancement du projet car nous devons en amont obtenir certaines autorisations pour avoir accès à ces prélèvements afin de respecter les normes de sécurité.

 

– Que détectent les chiens concrètement ?

Les chiens ne peuvent pas détecter les anticorps développés par le système immunitaire, car les molécules sont trop grosses pour les récepteurs olfactifs. Par contre, nous pensons qu’ils sont capables de déceler les résidus issus des chaînes métaboliques de réplication du virus lors de l’infection de l’organisme. C’est pourquoi le but du projet est de former les chiens à mettre en évidence des individus porteurs du virus.

 

– Où en êtes-vous du projet ?

Le premier résultat positif pour nous est que les chiens nous ont montré qu’ils existe bien une effluve spécifique chez les personnes infectées. Il nous est arrivé que tous les chiens s’arrêtent sur une odeur qui était marquée négative suite à l’analyse PCR et que l’équipe demande à l’hôpital de vérifier ce résultat : en refaisant l’analyse PCR, il s’est avéré que le prélèvement était en fait positif.

Je dirais que nous sommes à mi-chemin de la phase de formation des chiens. Lorsque les chiens seront suffisamment bien formés à la détection d’odeur sur les prélèvements de personnes infectées, la phase suivante consistera à passer de la détection sur support de prélèvement à la détection sur individu humain.

 

– Quels types de chiens utilisez-vous ?

Nous employons des chiens habitués au travail en ligne, notamment des chiens de DiagNose (Marne) détecteurs d’explosifs et exerçant sur les bagages en soute ou les containeurs de transport aérien. Les pompiers de Seine-et-Marne ont également mis 5 chiens de recherche de personnes sur le projet. Néanmoins ceux-ci ont besoin de s’adapter pendant 8 à jours au format de détection qu’on leur demande. Heureusement, nos maîtres cynophiles sont très qualifiés et savent comment s’y prendre pour aider les chiens à s’adapter rapidement.

Concernant les races, il s’agit essentiellement de chiens de Berger belge ou de Berger allemand, un Cursinu est également entraîné à Ajaccio. Mais cela pourrait être n’importe quelle race, des chiens croisés sont d’ailleurs entraînés à Beyrouth.

Attention à ne pas croire pour autant que tous les chiens détecteurs sont nécessairement de bons candidats : un chien habitué à détecter du clou de girofle (ou n’importe quel aliment par exemple) risquerait de se figer sur des odeurs qu’il connait, et donc de détecter comme positif un prélèvement en fonction de ce que la personne a mangé. C’est pourquoi les chiens détecteurs d’explosifs sont privilégiés, il ne peut pas y avoir d’explosifs dans la sueur !

 

Propos recueillis par le docteur Ambre Jaraud-Courtin

E-learning : 4 modules pour comprendre la couleur de robes

E-learning : 4 modules pour comprendre la couleur de robes

La Centrale Canine vous offre 4 modules de e-learning sur les couleurs de robes. Ces modules forment un parcours d’apprentissage complet sur les couleurs de robes et la génétique de ces caractères :

1)      Un premier module rappelle les bases de la génétique appliquées au chien et aux couleurs de robes.

https://www.centrale-canine.fr/articles/e-learning-couleurs-de-robes-1-rappels-de-genetique

2)      Le deuxième module est un voyage au cœur du poil afin de comprendre le métabolisme qui donne la coloration du poil.

https://www.centrale-canine.fr/articles/e-learning-couleurs-de-robes-2-voyage-au-coeur-du-poil

3)      Ensuite, vous apprendrez les gènes les plus importants qui gouvernent la couleur et leurs interactions.

https://www.centrale-canine.fr/articles/e-learning-couleurs-de-robes-3-les-genes-gouvernant-la-couleur

4)      Pour finir, le 4ème module sera une mise en application des connaissances sur la génétique des couleurs de robe dans le cadre de l’élevage.

https://www.centrale-canine.fr/articles/e-learning-couleurs-de-robes-4-predire-la-couleur-des-chiots

 

Après avoir suivi cette formation à distance, vous aurez toutes les bases pour comprendre la génétique des couleurs de robes de vos chiens. Cela vous permettra de choisir les accouplements en prédisant au mieux les couleurs (possibles) des chiots, et aussi de mieux lire les résultats de tests génétiques de vos chiens.

 

Pour en savoir plus sur les tests génétiques de couleurs de robes disponibles :

https://www.centrale-canine.fr/actualites/loffre-genomique-de-la-centrale-canine

https://www.centrale-canine.fr/articles/tests-adn-genomiques-formulaires-de-commande-listes-et-plus

 

Ces modules ont été développés par le service Formation de la Centrale Canine avec le soutien de notre partenaire Royal Canin et de la société Wolf Learning. Le contenu a été rédigé par le service Santé et Ressources génétiques (Fleur-Marie Missant et Dr Ambre Jaraud-Courtin), avec Pr Marie Abitbol, professeur de génétique à VetAgroSup, et membre de la Commission Scientifique de la SCC.

 

Les différents modules sont courts, de 5 à 15min environ. C’est une formation entièrement en ligne, accessible à tous et nous vous offrons ces premiers modules gratuitement. C’est une nouvelle façon d’apprendre que nous vous proposons, complémentaire des autres outils disponibles (livres, articles de nos différents sites internet, …). N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions sur ce premier cours, d’autres modules sont déjà en préparation !