Lancement de l’expérimentation de la télémédecine vétérinaire en France

Depuis le 7 mai 2020, la pratique de la télémédecine vétérinaire est autorisée en France par le Décret n°2020-526 : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041849984&dateTexte=20200602

Il s’agit en réalité d’une expérimentation qui durera un peu plus d’an. Au terme de cette expérimentation, il sera demandé à la communauté vétérinaire de se prononcer afin de conclure au maintien ou non de cette nouvelle méthode d’exercice de la médecine des animaux en France. Alors en quoi cela consiste-t-il ? Et comment la télémédecine pourrait-elle modifier notre façon de soigner nos chiens ?

D’ores et déjà autorisée dans plusieurs pays dont le Canada, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, d’autres pays comme le Royaume-Uni, l’Espagne ou l’Italie ont pris des mesures transitoires en faveur de la télémédecine durant la période de confinement.

Selon la définition donnée par l’OMS, la télémédecine est une activité professionnelle permettant la réalisation d’actes médicaux à distance, et donc la pratique médicale. Un sondage IMAGO réalisé début avril indiquait que 46 % des vétérinaires français interrogés étaient favorables à l’ouverture de la téléconsultation, à l’instar de ce qui est fait en médecine humaine. Cinq domaines de télémédecine vétérinaire ont été proposés par l’Académie Vétérinaire de France, ceux-ci ont été repris dans le texte du décret paru au Journal Officiel du 6 mai 2020 :

– La téléconsultation autorise désormais le vétérinaire à consulter à distance, en temps réel, grâce aux outils de télécommunication audios et visuels. Néanmoins, ces téléconsultations ne peuvent avoir lieu que si l’animal a été vu physiquement au cours des 12 derniers mois dans la clinique où exerce le vétérinaire consulté à distance.

– La téléexpertise permet au praticien vétérinaire de solliciter l’avis d’un confrère, à distance, en temps réel ou non.

– La télésurveillance médicale permet au vétérinaire d’interpréter à distance les données de suivi transmises par le propriétaire ou par un objet connecté, les fabricants de ces objets devenant les garants de la fiabilité des informations transmises.

– La téléassistance permet au praticien d’être aidé par un confrère, à distance, pour la réalisation d’un acte médical.

– La régulation médicale, enfin, permet que le propriétaire de l’animal soit orienté par le vétérinaire, de manière à lui assurer de la conduite à tenir en situation d’urgence.

En aucun cas ces actes ne doivent compromettre la santé de l’animal, c’est notamment pourquoi les échanges avec le propriétaire dans le contexte de la téléconsultation ne sont autorisés que par l’intermédiaire de vidéos.

Il demeure bien sûr impossible pour le vétérinaire d’effectuer nombre d’actes médicaux, et en particulier, la prescription de certains médicaments comme les antibiotiques n’est pas possible en télémédecine (cette prescription devant nécessairement faire suite à l’analyse d’un prélèvement).

Il est à noter que les actes effectués en télémédecine seront soumis à honoraires. Afin de savoir si la mutuelle de votre animal prendra en charge les frais vétérinaires de télémédecine, il s’agira bien sûr de vous renseigner auprès de votre assureur. Cependant les consultations en télémédecine, autant qu’en présentiel, pourront faire l’objet de remboursements.

 

Reflet d’une évolution sociétale, l’ouverture de la profession vétérinaire à la télémédecine présente plusieurs avantages, et en particulier de garantir une meilleure qualité de suivi de l’animal. Outre le renforcement de la relation entre le vétérinaire et le propriétaire de l’animal, la possibilité pour le praticien d’observer l’animal dans son environnement constitue également un des atouts majeurs du lancement de l’expérimentation de la télémédecine vétérinaire en France. Certaines craintes ont néanmoins été formulées par les vétérinaires interrogés, notamment la crainte de ne plus être en mesure d’exercer correctement ou le fait d’être confronté à des difficultés techniques liées aux nouvelles technologies. C’est pourquoi, au terme de ces quelques mois d’expérimentation, les vétérinaires référents ayant testé cette nouvelle façon d’exercer, complémentaire de leur exercice habituel de la médecine, se prononceront auprès de l’Ordre des Vétérinaires afin de conclure sur le maintien ou non de la télémédecine en France.

Par le docteur Ambre Jaraud-Courtin.

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