Lycées agricoles : la filière « animal de compagnie » face au confinement

Lycées agricoles : la filière « animal de compagnie » face au confinement

Pascal Henault est enseignant en zootechnie et cynotechnie au lycée de la nature et du vivant de Somme Vesle (51) au sein de la filière baccalauréat professionnel « Conduite et Gestion d’une entreprise dans le Secteur Canin et Félin » (CGESCF). Il doit faire face comme la totalité de ses collègues à cette période jamais vécue depuis les années quarante. Il fait le point sur cette situation inédite. 

Quelle est la situation de votre établissement ?

La plupart des établissements dispensant des formations dans lesquelles « le vivant » animal est au centre de l’apprentissage professionnel. Cela reste compliqué mais gérable pendant cette tourmente mondiale.

 

Quelle est la situation des animaux sur le site ?

Les animaux n’échappent pas à la règle et sont en confinement justifié dans la plupart des établissements, y compris ceux qui pourraient bénéficier d’une vie de famille et pour plusieurs raisons :   

– Sociale : Eviter de multiplier les déplacements en ville et causer un souci supplémentaire aux familles avec à l’avenir, l’utilisation supplémentaire de « masques de protection » lors des sorties des chiens.

– Sanitaire : Possibilité pour l’encadrement sur place de réaliser les premiers soins de tout animal malade ou blessé. Éviter de la part des élèves, des déplacements trop fréquents chez le vétérinaire (période de déplacement réglementée) et parfois non justifiés. Le problème d’espace, suite au confinement de toute la famille dans un appartement, n’est pas envisageable. Demeure également la difficulté de prévoir le complément en alimentation canine ou féline (avec la fermeture de nombreux magasins spécialisés).  

-Technique : Seul et en fonction du caractère et de la race du chien, l’Apprenant ne maitrise pas d’emblée la progression d’une méthode de travail d’éducation

 

Comment les gérez-vous au quotidien ?

Le bien-être animal est au cœur des conversations lors de concentration d’animaux. Leur domestication les rend tributaires de nos connaissances zootechniques quel que soit les espèces (animaux de rente, et domestiques).

Pour les chiens, chats et nouveaux animaux de compagnie (pour les établissements effectuant une formation spécifique en animalerie) la tâche est plus délicate. En concert avec la direction, nous organisons un travail journalier de surveillance afin de subvenir aux besoins physiologiques et psychologiques des chiens.

 

Plus d’animaux sur le site signifie plus de travail au quotidien ?

 

C’est une autre de nos préoccupations, l’entretien des locaux en planifiant un service de nettoyage dans le respect des mesures de biosécurité. Pour les jeunes chiens, après avoir réalisé une bonne socialisation avant le confinement et si les chiens ou chats sont en âge de puberté, nous ne négligeons pas cette période importante pour la stabilité caractérielle et émotionnelle du chien ou du chat. Cela passe par un travail d’éducation /détente progressif et continu (cynotechnie) afin d’éviter des dérives comportementales (hiérarchie, syndrome du chenil, troubles obsessionnel compulsifs…) qui pourraient être néfastes par la suite pour l’animal et son entourage. C’est notre préoccupation de chaque jour depuis l’arrivée de ce virus.

Les soins aux animaux ne posent pas de problème particulier ?

Nous avons été très vigilant pour le ravitaillement en nourriture en anticipant sur le planning des commandes. Nous veillons également à respecter un calendrier vaccinal en fonction des services de transport et de l’agenda du vétérinaire traitant.

 

Comment occupez-vous les « pensionnaires » qui sont eux aussi confinés ?

Rester en courette pour un chien plusieurs jours voire un mois n’est pas une maltraitance si ce dernier est soigné, manipulé et éduqué chaque jour. Le bien-être et la maltraitance sont de vastes sujets. Faut-il un grand espace pour un chien inoccupé ou un espace restreint aux normes ICPE pour un chien ou un chat en activité journalière ?

 

Avez-vous instauré le télétravail entre les professeurs et les élèves ?

Depuis le 17 mars, les enseignants / formateurs et élèves de notre établissement sont obligés de télétravailler à distance et d’échanger à distance. Tout se passe très bien au niveau des cours, des rendus et du partage enseignants / élèves par le biais des classes virtuelles.

 

Et la formation pratique est donc impossible actuellement ?

Malheureusement reste la problématique des filières agricoles, services aux personnes et l’élevage canin et félin qui demandent une bonne partie de pratique mais les parents ne peuvent pas se substituer à l’enseignant technique. Nous devons également faire face aux différents problèmes inhérents au numérique (zone blanche, absence de matériel informatique au sein des familles et saturation des outils et des réseaux). Concernant les périodes de stage en entreprise d’élevage, un calendrier scolaire sera adapté afin de répondre aux exigences de la formation pour les classes rentrantes en Septembre 2020.

 

Comment allez-vous gérer les examens ?

Au niveau des épreuves terminales du BACPRO CGESCF pour la session 2020 l’Autorité académique des établissements publics, privés et des maisons familiales œuvre chaque jour pour trouver la solution la plus adaptée afin d’assurer une égalité de traitement qui doit être conçue dans un esprit de bienveillance vis à vis des candidats et de confiance vis-à-vis des équipes enseignantes.

 

 

Merci d’avoir répondu à nos questions. 

Les éleveurs face au confinement

Les éleveurs face au confinement

Jamais au grand jamais, les éleveurs canins français n’avaient été confrontés à une telle situation rendant difficile l’exercice de leur sélection d’élevage. Les contraintes auxquelles ils sont confrontés sont nombreuses et la sortie du confinement ne va pas tout résoudre…Cependant, cette crise sanitaire n’a pas fait chuter la demande de chiens de race… bien au contraire !

Valérie Bontemps n’est pas du genre à se laisser faire. Cette jeune femme élève des Chiens de Leonberg sous l’affixe Du Clos De Willmatt dans la banlieue ouest de Paris. Comme tous les éleveurs français, elle est confrontée au confinement et à ses nombreuses contraintes dans la vie de tous les jours.
Elle élève le chien de montagne allemand depuis une trentaine d’années, un colosse dont le gabarit est encore plus éloquent en période de confinement. « Cette année 2020 sera une année exceptionnelle pour moi en raison du confinement lié à la pandémie du Covid 19 ».  

Actuellement, elle a cinq chiens adultes à la maison – 1 mâle et 4 femelles – et une portée de 8 chiots qui sont largement en âge de partir. « Ces derniers devaient tous regagner leurs nouvelles familles le 11 avril, mais en raison du confinement tout a été bouleversé. Autant vous dire que la maison est bien remplie avec toutes ces boules de poils qui frisent actuellement les 14-15kg et mes adultes qui pèsent entre 55 et 65 kg ».

Elle reconnait cependant, avoir eu la chance d’avoir des contacts avec de futurs acquéreurs avant la mise bas, soit bien avant que le Covid-19 ne fasse parler de lui en France. « Malheureusement, ces derniers n’ont pas pu venir à la maison pour voir les chiots » souligne Valérie. « Je n’ai donc eu que des échanges téléphoniques ou par mails avec eux, ce qui est dommageable car rien ne vaut une rencontre physique pour pouvoir échanger et évaluer les motivations des futurs acquéreurs.  Cela dit, la chance a continué à me sourire, car ils ont tous réservé, en toute confiance, sans avoir vu ma chienne et ses chiots. Seules des photos, publiées chaque semaine, me permettent d’assurer le suivi avec les futurs acheteurs ».

Au début du confinement, sa première préoccupation était de savoir si elle allait pouvoir se fournir en aliments pour chiens, n’ayant pas prévu autre chose que le stock indispensable pour les chiots jusqu’à ce qu’ils aient deux mois. Elle n’avait donc qu’un faible stock d’avance pour ses cinq adultes. « Heureusement, mes fournisseurs de croquettes et de viande, situés en France et en Allemagne, ont continué à assurer le service sans aucun problème, grâce à la mise en place des gestes barrières lors de la livraison ».

Là où le confinement prend toute sa démesure dans son élevage, c’est l’impossibilité de faire vacciner et d’identifier ses chiots.
« En effet, l’Ordre Vétérinaire ayant interdit la pratique des actes qualifiés de non urgents, c’est donc logiquement que mon vétérinaire a refusé ces actes. Chose que je comprends et accepte totalement car il est tout aussi important pour lui et ses assistantes vétérinaires, de se protéger du virus en limitant les contacts, qu’il ne l’est pour nous ».

Pour cette raison, elle a décidé de ne plus sortir ses adultes comme elle le faisait habituellement avec des ballades quotidiennes dans le village MAIS de les restreindre à des sorties uniquement dans son petit jardin clôturé. Un choix bien entendu dicté par le bon sens, afin d’éviter tout risque sanitaire pour les chiots.

Valérie poursuit : « A la suite de la dérogation autorisée par le Ministère de l’Agriculture aux éleveurs professionnels qui peuvent ainsi continuer leur activité (considérés comme des exploitants agricoles), et qui peuvent à présent faire vacciner, identifier et surtout livrer leurs chiots, les choses se sont nettement compliquées pour moi ».

En effet, comment expliquer aux acquéreurs qu’elle ne peut ni faire vacciner, ni identifier et encore moins livrer ses chiots car son statut l’en empêche.  « Je ne suis pas professionnelle mais juste dérogataire…  Pourquoi les règles appliquées à la SPA et aux refuges ne s’appliquent pas pour moi… ? J’élève depuis 1991, je produis que des chiots inscrits au LOF, mes reproducteurs sont tous niveau 4 recommandés, ont les tests de santé conseillées et pourtant, je ne suis pas considérée comme un éleveur puisque je n’ai pas de SIRET… Comme beaucoup d’autres qui sont dans le même cas que moi, je pense que nous sommes les « oubliés » des mesures prises par les autorités ». 

Elle va donc devoir gérer des chiots aussi longtemps que le confinement va durer avec toutes les conséquences que cela va pourvoir poser en termes de gestion sanitaire, de place, de surcoût financier lié à l’alimentation… Sans oublier de préciser que les acquéreurs se font de plus en plus pressants, pour ne pas parler de harcèlement, que ce soit par téléphone, courrier électronique voire même SMS pour avoir leurs chiots.

 

« Ceci-dit, précise Valérie, pour donner un point positif au confinement, mes chiots continuent leur sociabilisation et apprennent les codes canins auprès de mes adultes. Je passe beaucoup de temps avec eux pour les occuper, à jouer, à leur apporter de nouvelles expériences (objets insolites, bruits…). Un bonheur, en définitive, qui n’a pas de prix pour l’éleveuse que je suis ! »

 

 

Mathilde Charpigny gère en Dordogne, avec son mari Bastien, l’une des plus prestigieuses sélections françaises, l’élevage Du Haras de la Vergne, qui sélectionne avec bonheur deux races très distinctes, le basset hound et le bouvier bernois. Elle reconnait explicitement : « Que cette crise est venue bouleverser nos habitudes, et nous avons dû nous organiser en conséquence ».

Prenez la livraison des chiots : alors que chaque semaine, les clients venaient sur rendez-vous chercher ou choisir leur chiot à l’élevage, depuis le 16 mars tout semble s’être arrêté. « Pour pallier cette impossibilité de recevoir nos clients, j’ai fait appel aux services d’un présentateur professionnel qui, après accord de chacun de mes clients, organise avec moi un planning de livraison dans des conditions parfaitement respectueuses des mesures d’hygiène face au Covid-19. Il le fait bien évidemment en exclusivité car il est hors de question, pour des raisons sanitaires, que des chiots d’autres élevages fassent partie du même transport. Je veux que chaque client reçoive son chiot dans de très bonnes conditions ».

Ce qui a changé également, « ce sont les conditions pour faire identifier et vacciner nos chiots, sans quoi, ils ne sont pas inscrits au LOF et ne peuvent pas quitter l’élevage » souligne Mathilde. Le praticien qui suit l’élevage lui a donné un cahier des charges où effectivement, devant la clinique, chiot par chiot, est géré pour la vaccination, l’identification puis l’établissement du certificat de bonne santé. Ces derniers étaient pré remplis (Nom du chiot) afin de faciliter les choses, tout en observant parfaitement les gestes barrière et les précautions recommandées sur le plan sanitaire.

Et pour faire saillir les femelles, l’élevage dispose d’une batterie d’étalons et de lignées diversifiées : « Nous ne sommes pas confrontés au problème des déplacements extérieurs pour faire saillir nos femelles car nous avons plusieurs étalons à la maison. Par contre, pour les demandes de saillie venant d’autres élevages, les éleveurs prennent rdv à partir du moment qu’ils répondent aux exigences de la législation (statut) : il n’y a pas de contact entre eux et nous. Ils déposent la femelle, qui se retrouve en pension chez nous et viennent la chercher quand tout s’est bien passé, tout en observant les bons gestes ».

Pour les expositions, tout a changé et il y a un manque évident : « Imagine, nous sortions près d’un week-end sur deux, entre les expos en France et à l’étranger. Mon mari « ronge son frein ». Régulièrement, il démarre le camion et va le garer ailleurs dans la cour, un signe évident que les déplacements expositions lui manquent… à moi aussi »

Note positive dans ce contexte « confiné » ? Les courriels et les coups de fil pleuvent et parfois, les interlocuteurs veulent le chiot tout de suite : Mathilde reçoit des textos à des heures totalement indues !
Elle passe beaucoup de temps au téléphone afin de « sonder » le client, car elle ne veut surtout pas avoir de retour à la suite d’un achat impulsif, sur un coup de tête. C’est le risque en période de confinement où les gens achètent un chiot sans le voir et parfois, sans connaitre la race. Il faut que je sois prudente lors d’une réservation.

Pour remplacer les contacts, la communication sur le terrain (expositions, manifestations diverses), les réseaux sociaux sont devenus le meilleur allié de l’élevage. En filmant les mise-bas, en postant régulièrement des vidéos et des photos sur les chiots, la demande explose et les journées s’allongent pour tout le monde à l’élevage Du Haras de la Vergne. Les respirations et les temps morts, sont presque inexistants.

Cependant, l’agenda quotidien a peu changé : 80% de notre personnel est là et nous permet de continuer à travailler dans de bonnes conditions. Nous sommes à plein temps et le travail est resté le même à une nuance près : « Notre fille de 6 ans réclame bien entendu du temps et de l’attention car elle n’est pas éleveuse de chien. Il faut donc que nous parvenions à lui octroyer du temps, pour jouer avec elle car elle est bien entendu confinée avec nous, et Papy et Mamy ne sont pas là. Le fait d’être confiné donne l’impression que les journées sont plus longues qu’habituellement et sont sans fin ».

Autre changement significatif, l’absence de visites : « Habituellement, les clients après de nombreux contacts, prennent rendez-vous afin de visiter l’élevage. C’est un moment décisif pour eux avant de prendre leur décision : ceci n’existe plus en période de confinement. Et a été remplacé par des petits films réalisés lors d’une échographie, lors de la mise-bas, avec tout ce que cela implique : montage, formatage et enfin mise en ligne.  Cette communication a explosé et de surcroit, une vidéo génère un nombre de contacts ensuite en MP incroyable. Nous n’avions pas connu cela avant le confinent ». 

Mais quel bonheur, le calme qui règne dans l’élevage est atypique. Parfois je bloque la messagerie de Facebook sinon, notre sommeil serait compromis !

 

Dernier point et non des moindres, la pension. « C’est une activité importante mais cette année, alors que les mois de mars, avril et mai ont un bon coefficient de remplissage, nous avions beaucoup de réservations qu’il a fallu rembourser. Sur la deuxième quinzaine de mars, les annulations se succèdent. Et nous n’avons plus de réservation actuellement. Habituellement, en avril et sur les ponts du mois de mai nous tournons à 70 à 80% de taux de remplissage. Et pour cet été, nous attendons de voir, avec 100% de taux de remplissage. Mais d’ici là, les choses peuvent changer… »

 

Autre témoignage, au cœur des Vosges. Celui de Philippe Breinlen qui présente tous les ingrédients de l’amateur passionné par le berger allemand. Il est né « dedans », car son papa, Pierre, sélectionne le berger allemand depuis de nombreuses années sous l’affixe De Maxonchamp. L’affaire familiale ne s’arrête pas là, puisqu’il y a également l’élevage Du Domaine de La Tournelle à Brigitte Breinlen, Du Domaine Des Grands Brizeux à Pascale Breinlen etc… etc… Une saga familiale comme il en existe d’autres dans le berger allemand (Clautour, Trentenaere, etc.).

Dans cette période difficile, et qui change la donne pour beaucoup de gens, Philippe est heureux : « J’ai énormément de demandes, j’avais beaucoup de chiots disponibles car j’avais fait saillir pratiquement toutes mes femelles. J’avais près de 50 chiots bergers allemands au moment où le confinement a été mis en place : aujourd’hui, il m’en reste une vingtaine à placer qui vont partir sans problème ».

Les demandes pleuvent, car en période de confinement, Philipe martèle que les amateurs veulent absolument leur chiot pendant le confinement : ils voulaient attendre cet été mais comme les vacances sont compromises, bon nombre d’acquéreurs ont voulu faire tout de suite l’acquisition de leur chiot plutôt que d’attendre pour l’avoir avec eux pendant ce moment unique que représente le confinement.

Pour livrer les chiots, Philippe le fait très peu : des personnes se déplacent, envoient un professionnel chercher le chiot en gardant les distances de sécurité : j’ai des clients dans toutes les régions et ils se débrouillent.  

En tirant vers le haut sa sélection, au niveau qualitatif, Philippe s’est rendu compte que les clients le contactaient en toute connaissance de cause, faisant référence à ses prestations en exposition, les titres obtenus par ses chiens, la qualité de son étalon du moment, Nacia, sans doute l’étalon berger allemand le plus demandé en France.

« Vraiment, la demande a explosé avec toujours le même discours justifiant leur décision de prendre leur bébé chiot rapidement » résume Philippe.  

D’autres éleveurs vosgiens confirment être dans une situation inconnue jusqu’alors : tous les chiots sont vendus ou réservés !

Cette embellie va-t-elle perdurer après le 11 mai ? Nul ne le sait, mais très clairement, la période de confinement, les contraintes, la crise sanitaire ont incité de nombreux acquéreurs potentiels à franchir le pas.

« Sur le plan vétérinaire, mon praticien a joué le jeu en respectant toutes les règles de sécurité : identification et les vaccins après avoir reçu la liste des chiots que je vais lui présenter. Il vient avec tout le nécessaire et les certificats de bonne santé. Pour que tout se déroule dans de bonnes conditions sur le plan sanitaire, j’ai aménagé un espace spécialement aménagé pour cela à l’élevage. Contrairement à certains éleveurs, je fais tout chez le même vétérinaire, qui est mon seul interlocuteur pour l’ensemble de mes besoins vétérinaires (radios, échographie, taux de progestérone, identification, vaccinations, soins …) et il répond toujours présent. ».

Philippe doit avouer en définitive, qu’il vit très bien cette période de confinement.  

Par contre, si la sélection est basée sur un socle de lices de qualité et des lignées connues, le poids des étalons demeure important : L’Allemagne et l’Italie possèdent les plus grands étalons actuels qui sont sollicités par les meilleurs éleveurs de bergers allemand de la planète. En cette période où les règles sanitaires sont très strictes avec comme point d’orgue le confinement, Philippe est très prudent : « Je ne prends pas le risque d’aller à la saillie à l’étranger pour me retrouver en prison en Allemagne ou en Italie. J’ai la chance d’avoir mes propres étalons maison. A ce sujet, je n’ai pas fait saillir une seule de mes lices en Allemagne depuis décembre 2019 !  Une situation unique dans l’histoire de mon élevage ».

Autre problème soulevé, l’impossibilité d’entrainer les chiens, en particulier, les jeunes et la future génération de reproducteurs. « Avec l’ensemble des clubs d’éducation fermés, je ne peux plus faire travailler mes chiens pour les préparer. Pour les éleveurs de bergers allemands, c’est notre plus gros problème actuellement. Comment préparer la nouvelle génération de jeunes chiens et entrainer les adultes ? Cela fait donc bientôt deux mois qu’on ne peut pas les emmener ».

« Pour les jeunes de deux ans, impossible de leur faire passer leurs titres et cela signifie, si les Championnats reprennent, qu’ils ne seront pas prêts à la rentrée… Pour les radios coudes et hanches, le siège du CCBA étant fermé, nous n’avons pas de résultat, en tout cas en ce qui me concerne ».

Mais son plus grand souci reste la préparation des chiens sans laquelle rien n’est possible pour répondre aux exigences de la sélection du chien de berger allemand qui sont uniques dans la sélection canine actuelle.  

Dernier point soulevé par Philippe, qui connait bien la musique car il a travaillé plus de 20 ans chez l’un des leaders du Pet Food : « Les livraisons d’aliments se passent sans aucun problème : la palette est livrée devant le portail et comme j’ai mon attestation professionnelle, je peux me déplacer pour tous les besoins de l’élevage, même en période de confinement ».

 

Si les situations sont contrastées et les droits pas égaux, tous reconnaissent que le marché du chien de race ne baisse pas de pied et que parfois la débrouille ou le système D permettent de faire des miracles. Tous sont respectueux des règles sanitaires mises en place et ont su s’adapter. C’est la moindre des choses dans ce contexte historique de cloisonnement d’un pays pour Pandémie. 

Le confinement vu par nos voisins : Suède, Finlande et Dannemark

Le confinement vu par nos voisins : Suède, Finlande et Dannemark

Nous avons interrogé nos homologues étrangers sur les effets de la quarantaine actuelle sur leur activité.

Voici les questions et les réponses du Kennel Club Suédois (SKK), du Kennel Club Finlandais et du Kennel Club Danois (DKK).

1 – Est-ce que des mesures de confinement ont été imposées dans votre pays ?

SUÈDE : Il est recommandé de travailler à domicile, si possible. Lorsque c’est possible, d’éviter les transports publics, et de garder une distance sociale. Le bureau du SKK est ouvert, 15-20 personnes travaillent au bureau. Environ 50 travaillent à distance.

FINLANDE : Les gens doivent rester à la maison autant que possible, mais sont autorisés à aller à l’épicerie et à la pharmacie, à faire des promenades et à sortir les chiens. Toutefois, il doit y avoir une distance de 1 à 2 mètres entre les personnes, si elles n’ont pas de lien de parenté. Tous les musées, théâtres, centres sportifs, etc. sont fermés jusqu’au 13/05. Les écoles et la plupart des écoles maternelles sont fermées, mais les écoles organisent un enseignement à distance. Les restaurants sont fermés jusqu’au 31/05, mais ils ont la possibilité de vendre des plats à emporter. Le Gouvernement finlandais décidera des mesures supplémentaires le 22/04/2020.

DANEMARK : Le Gouvernement danois a décrété un confinement total à partir du vendredi 13 mars. Les travailleurs essentiels ont pu continuer à travailler, mais les autres personnes devaient rester chez elles et travailler à domicile. Toutes les écoles et institutions ont fermé, mais elles ont rouvert leurs portes pour les plus jeunes (-12 ans) après Pâques.

 

2 – Les dog shows et autres épreuves de sélection sont-ils annulés ?

SUÈDE : Le gouvernement a interdit les rassemblements de plus de 500 personnes, puis de 50 personnes. Cela signifie qu’aucun spectacle, concours, etc. ne peut être organisé. Le Conseil d’administration du SKK a choisi d’annuler toutes les activités liées aux chiens jusqu’au 31 mai avec plus de 10 personnes, afin de réduire le risque de propagation de la maladie.

FINLANDE : Toutes les expositions canines et toutes les épreuves et compétitions sont annulées jusqu’au 31/05. Les organisateurs d’événements entre le 01/06 et le 31/07 ont déjà la possibilité de reporter ou d’annuler leurs événements.

DANEMARK : Toutes les expositions et activités sont annulées jusqu’au 31 mai. La grande triple exposition du Kennel Club Danois (DKK) à Vejen en juin est cependant annulée, et la plupart des spéciales sont annulées jusqu’en août. L’entrainement des chiens dans les régions a été autorisé à reprendre après Pâques, s’ils le souhaitent et certains l’ont fait.

 

3 – Une dérogation aux mesures de confinement est-elle prévue pour certaines activités économiques ? Si oui, l’élevage en fait-il partie ?

SUÈDE : Non, pas de quarantaine de ce type en Suède.

FINLANDE : Il n’y a pas de quarantaine totale en Finlande jusqu’à présent.

DANEMARK : Tous les travailleurs essentiels sont exemptés de la quarantaine. L’élevage canin est une affaire privée, et n’a pas été qualifié comme étant ni interdit ni légal. Mais nous avons constaté une grande augmentation de l’intérêt pour l’achat de chiots pendant la période de coronavirus. Une grande partie de notre communication externe est basée sur un choix informé et les médias en demandent encore plus.

 

4 – Concrètement, est-ce que les éleveurs ont le droit d’aller livrer les chiots chez les particuliers ?

SUÈDE : Oui, voir ci-dessus.

FINLANDE : Oui, tant qu’ils gardent suffisamment de distance. Pendant trois semaines, une de nos provinces a été fermée et pendant cette période, il n’était pas possible de livrer des chiots depuis ou vers cette province.

 

DANEMARK : Nous demandons aux éleveurs de tenir les acheteurs de chiots informés par le biais de chats vidéo, de streaming et de photos. Il n’y a pas de règles interdisant de livrer un chiot à un acheteur, à condition que cela soit fait de manière appropriée et avec les précautions nécessaires. Il existe seulement une décision de justice interdisant de réunir plus de 10 personnes à la fois.

5 – Y a-t-il une différence des règles entre les éleveurs professionnels et amateurs ?

SUÈDE : Non.

FINLANDE : Non.

DANEMARK : Les éleveurs ayant trois portées ou plus par an sont soumis à une visite annuelle de l’Administration vétérinaire et alimentaire danoise, mais ni les éleveurs commerciaux ni les éleveurs non professionnels n’ont été traités différemment pendant la crise coronavirus.

 

6 – Comment cela se passe-t-il avec les vétérinaires ?

Sont-ils autorisés à faire : la vaccination ? l’identification des chiots ? des certificats de bonne santé pour la vente ? à se déplacer en élevage ?

SUÈDE : Oui, les vétérinaires peuvent vacciner les chiots, les identifier à l’aide de micropuces, délivrer des certificats sanitaires et aller chez les éleveurs.

FINLANDE : Les vétérinaires peuvent exercer leur métier dans les cabinets vétérinaires, mais ne sont pas autorisés à se rendre dans les maisons. Dans les cabinets vétérinaires, ils ne peuvent accueillir qu’un seul client à la fois.

DANEMARK : Les vétérinaires sont autorisés à être ouverts, mais ont également la possibilité de rester fermés. La plupart, si ce n’est pas tous, sont cependant ouverts. Ils ont été autorisés à fonctionner comme d’habitude, mais ont dû prendre des précautions, comme recevoir les chiens à l’extérieur de leur bâtiment, limiter le nombre de patients accueillis, etc.

 

7 – Comment cela se passe-t-il pour les refuges ? Sont-ils autorisés à organiser des adoptions ?

SUÈDE : Oui.

FINLANDE : Les refuges n’acceptent pas de visiteurs pour le moment. De même, en Finlande, les éleveurs de chiens de race constatent une plus forte demande de chiots.

DANEMARK : Les refuges sont ouverts et il n’y a pas eu de restrictions aux adoptions dans les centres. Cependant, comme nous l’avons mentionné, les gens ne sont autorisés à sortir que pour le strict nécessaire, de sorte que les adoptions pourront être limitées. 

Interview de Gérard Thonnat

Interview de Gérard Thonnat

Juge, spécialiste des chiens courants et du « Gascogne » en particulier, éleveur de petits bassets et de griffons sous l’affixe Du Clos des Versonnes, trésorier adjoint au sein du Bureau de la SCC, membre de différentes commissions, c’est avec sa casquette de Président de l’Association Canine Territoriale de la Haute Loire que Gérard Thonnat a accepté de répondre à nos questions. 

Quel est l’impact du confinement sur l’ACT de la Haute Loire ?

Le confinement a des conséquences importantes au niveau de toutes les activités d’une ACT. En ce qui concerne celle que je préside, et la liste n’est pas exhaustive, annulation d’une séance de confirmation le 29 avril, Report de l’Assemblée Générale, grande incertitude pour l’exposition et la séance de confirmation de fin juillet, fermeture de tous les Clubs d’éducation et d’utilisation, annulation d’une douzaine de concours de ces Clubs, annulation de notre Field Trial de printemps, etc…

 

L’impact de la pandémie touche tout le monde. Comment les membres de l’ACT réagissent ?

Il y a très clairement un mélange de déception mais aussi de « raisonnable compréhension » guidée par le danger que représente la pandémie. Comme sans doute beaucoup de personnes, ce sont les rencontres physiques interdites qui perturbent le plus. Notre milieu associatif a besoin de ces rencontres et échanges en direct pour bien vivre ; instinct grégaire ou de meute (spécial chasse !).

 

Les demandes d’informations en ligne ou téléphoniques sont-elles en berne, stables ou en au contraire, en hausse ?

Nous avons peu de contacts directs, car les informations locales et nationales (notamment notre page Facebook et le site internet) ont bien fonctionné.

 

Toutes les manifestations canines sont annulées jusqu’au 15 juillet prochain. Comment l’ACT gère la mise à jour de son calendrier 2020 ?

Pour l’utilisation se sont les CUN qui ont assuré les modifications, tandis que pour la séance de confirmation et l’exposition, nous sommes en coordination avec le service de la SCC, sccexpo

 

Le report de certaines manifestations est-il envisagé sur le dernier quadrimestre de l’année ?

Non pour l’exposition. Si elle devait être annulée en juillet, il n’y aurait pas d’édition en 2020 mais en 2021. Par contre, très certainement les séances de confirmation seront reportées, car sans cet examen, il n’y a pas d’élevage et la suite que vous pouvez imaginer.

Comment se déroule l’organisation des taches au sein des différentes commissions de l’Association Canine Territoriale en cette période de confinement ?

Les quelques urgences sont traitées à distance par téléphone ou en vidéo-réunion (Skype), mais le nombre est faible. Le report indispensable des actions a été bien compris et accepté par le plus grand nombre dans ce contexte plus que singulier de pandémie mondiale.

 

Face à l’absence d’examens de confirmations depuis près d’un mois et demi, quelles solutions sont envisagées ?

C’est un problème important pour les éleveurs, aussi il est prévu que nous organisions dès que nous en aurons la possibilité administrative, une ou deux séances exceptionnelles en automne afin que les nouvelles générations de reproducteurs, reproduisent selon les principes de base de la sélection canine.

 

Quel est l’impact sur la sélection canine dans le département de la Haute Loire ?

Le nombre d’événements qui sont liés à la sélection n’est pas extrêmement important sur le département. Il est donc vraisemblable que si la reprise s’amorce comme on peut l’espérer d’après les infos autorisées, l’impact sera relativement faible.

 

Quel souhait voulez-vous formuler pour le prochain semestre ?

En tout premier un recul rapide de la menace covid19 pour la santé de tous. Ensuite que le déconfinement nous permette, au plus vite, une reprise d’activité (réouverture des Clubs, reprise du calendrier des concours et séances de confirmations, que les éleveurs puisse élever et sélectionner dans des conditions normales et que les utilisateurs puissent s’adonner à leurs disciplines dans de bonnes conditions et leur profession) enfin et surtout que l’impact économique n’affaiblisse pas trop le marché du chien.

Interview de Frédéric Maison

Interview de Frédéric Maison

 Comment les associations de race font face à cette période de confinement et tout ce que cela change dans notre quotidien ? Le Dr Frédéric Maison, éleveur, juge, membre du comité de la SCC et président de la Commission d’élevage, préside également le RALIE (Rassemblement des Amateurs de Lévriers Irlandais et Ecossais). Il a accepté de répondre à nos questions. 

SCC : Comment le RALIE fonctionne actuellement ?

Frédéric Maison : Le RALIE, comme beaucoup de clubs, était passé à l’ère du numérique depuis longtemps et nous fonctionnons en organisant des consultations par mail et uniquement une ou deux réunions physiques par an. Par la force des choses, notre club a adopté le télétravail !

 

 

L’impact de la pandémie touche tout le monde. Comment les membres du RALIE réagissent ?

Les membres du RALIE sont majoritairement sereins face à la pandémie et compréhensifs. Cette situation inédite a bousculé notre programme habituel mais la santé de tous est la priorité absolue et nous ne pourrions imaginer un instant avoir des victimes sur la conscience. Je crois que cela est clair pour nos adhérents.

 

Les demandes d’informations en ligne ou téléphoniues sont-elles en berne ?

A notre grande surprise, les demandes de renseignements sont en forte hausse depuis le début du confinement à l’exception d’une période initiale de « sidération » qui n’a duré guère plus d’une semaine. Pour en avoir discuté avec des éleveurs ou des responsables d’autres clubs, cela semble général et concerner toutes les races.

 

 

Toutes les manifestations canines sont annulées jusqu’au 15 juillet prochain. Comment le club gère cette situation ?

Nos chiens et nos races survivront assurément à une annulation des manifestations pendant quelques mois. Je vous rappelle que nos ancêtres ont élevé pendant des siècles sans ces épreuves. Certes ces dernières sont une aide sérieuse à la sélection mais la période actuelle est peut-être l’occasion de de les remettre à leur juste place, celle d’une aide, et non de tout faire reposer sur elles. La disparition complète et définitive des concours poserait un réel problème et nécessiterait alors de réinventer la sélection du chien de race mais leur annulation pendant une période aussi limitée, quand bien même elle se prolongerait jusque l’année prochaine, ne pèsera pas sur le destin de nos races.

 

 

La Nationale d’élevage est également annulée. Comment le RALIE gère cet événement majeur de l’année et un report est envisageable ?

 

Le comité du RALIE a préféré annuler purement et simplement notre ENE initialement prévue en Mai. La reporter au second semestre semblait compliqué et aurait surchargé un planning déjà bien rempli de manifestations importantes comme les championnats français, européens et mondiaux. Cependant, nous étudions la possibilité d’un CACS de championnat à la spéciale lévriers de Pompadour.

Comment se passe la vente des chiots, pour les éleveurs d’Irlandais et de Lévriers écossais ?

Comme je l’ai dit précédemment, les demandes de chiots en cette période de confinement sont plutôt en hausse. Ce qui pose un problème, c’est plutôt l’enlèvement ou la livraison des chiots, officiellement autorisés aux professionnels uniquement. L’exportation est également bloquée du fait de la fermeture des frontières. De nombreux chiots grandissent ainsi paisiblement sous le soleil printanier dans leurs élevages, ce qui n’est pas un vrai problème pour les petites structures familiales. Elles représentent l’intégralité des élevages de nos deux races. Ce qui m’inquiète d’avantage et qui concerne pour le coup toutes les races, c’est la motivation des acheteurs, désœuvrés et confinés, qui se découvrent une passion subite pour la gente canine. Le beau temps aidant, tout le monde a envie d’adopter un chiot ou un chien sans vraiment se préoccuper de l’après confinement. Des éleveurs peu scrupuleux, profitent de l’occasion pour refourguer à bon prix des chiots à des familles (ou des célibataires) qui ne seront plus en mesure de le garder après le 11 Mai, quand la vie d’avant reprendra à un rythme probablement plus effréné encore car il faudra bien relancer la machine économique. Quand notre pays va se réveiller de cet engourdissement, bon nombre de ces chiots, acquis de manière compulsive, vont devenir un souci. Il faudra alors s’attendre à des retours ou des abandons dont les seules victimes seront, une fois encore, ces pauvres animaux. Il n’est rien de pire que de se tromper sur les capacités d’accueil et des motivations d’un propriétaire. La période que nous traversons est propice à ce genre d’erreur et, à l’exception des chiots réservés de longue date, nous ne devrions pas vendre en ce moment. C’est le conseil que je donne aux éleveurs soucieux du bien-être de leurs protégés.  

 

 

Face à l’absence d’examens de confirmations depuis plus d’un mois, comment le RALIE fait face ?

Nos races entrent en reproduction plutôt tardivement, surtout pour les femelles. L’absence d’examen de confirmation pendant quelques mois n’est donc pas un réel problème. Si la situation devait persister, il reste les confirmations à domicile. Mais dans ce cas, je pense que les régionales pourraient organiser des séances de confirmation sur rendez-vous avec respect des gestes barrières comme cela se passe dans les cliniques vétérinaires.  

 

Quel est l’impact de la situation sur la sélection des deux races ?

Comme je l’ai indiqué précédemment, aucune race, aussi sensible soit elle, ne devrait voir sa sélection impactée par l’absence de manifestation sur une durée aussi courte. Quelques mois, une année, sont un epsilon sur l’échelle de l’évolution d’un mammifère. Aucune crainte de ce côté.

 

 

L’impossibilité de se déplacer pour un éleveur non professionnel que ce soit pour livrer un chiot ou aller faire saillir une femelle, représente-t-elle un gros problème actuellement dans les races gérées par le RALIE ?

Notre cheptel est limité et à ma connaissance, il n’y a actuellement aucune situation critique. Certes, cela représente une gêne mais n’est-ce pas mineur face à la gravité de la pandémie qui affecte notre pays depuis plusieurs semaines. Il faut raison garder et hiérarchiser les problèmes.

 

Quel souhait voudriez-vous formuler pour le prochain semestre ?

 

Je ne dirais pas que mon souhait et que tout retourne à la normale pour le second semestre car, en fait, la normale signifie la situation antérieure, celle d’avant la pandémie. Hors l’élevage est en perpétuelle évolution. Nous n’élevons pas de la même façon qu’au 19ème siècle, ni même qu’à la moitié du vingtième siècle. Cette pandémie pourrait (L’avenir nous le dira) être le catalyseur d’une mutation vers un élevage plus responsable et écoresponsable, en réduisant nos déplacements, en produisant moins mais mieux, en étant soucieux de l’origine des aliments que nous donnons à nos chiens, en ciblant mieux nos clients…
Une tragédie voit sa peine amoindrie si, une fois le cataclysme passé, elle débouche sur une situation meilleure. Cela est mon souhait pour l’avenir.   

Mise à jour des fiches LOF Select

Mise à jour des fiches LOF Select

En cette période de confinement, vous pouvez en profiter pour découvrir (ou redécouvrir) notre outil d’aide à la Sélection, LOF Select : https://www.centrale-canine.fr/lofselect

Rottweiler a M. Oztel

Toutes les informations présentées sur LOF Select sont issues directement de notre base de données LOF. Vous pouvez ainsi rechercher vos chiens sur ce site et nous sommes à votre disposition pour mettre à jour les informations suivantes sur sa fiche :

          Propriétaire : si le champ Propriétaire est vide ou bien s’il indique une personne qui n’est plus le propriétaire actuel du chien, il faut envoyer un mail à laurence.leroux@centrale-canine.fr.

Pour rappel, l’information relative à la personne est protégée (RGPD) et ne peut donc pas être publiée par défaut. La publication nécessite un accord préalable écrit.

Le mail devra contenir les informations suivantes : Nom et identifiant du chien, copie de la carte ICAD ainsi que votre numéro éleveur. Si vous n’avez pas de numéro éleveur : votre nom, prénom et adresse postale. De plus, si vous êtes un particulier (propriétaire ou éleveur sans n° de SIRET), merci de nous indiquer dans le mail si vous souhaitez que votre nom apparaisse sur notre site LOF Select.

          Résultats santé : si vous constatez qu’il manque un résultat de santé, la procédure dépend du type de résultat manquant.

Pour un résultat de test génétique ou un examen de tares oculaires (MHOC ou ECVO) vous pouvez l’envoyer directement par mail à laurence.leroux@centrale-canine.fr.

Pour un résultat de lecture de dysplasie de la hanche ou tout autre examen clinique, il faut contacter votre club de race, qui est en charge de l’enregistrement.

          Résultat ADN : si vous souhaitez ajouter l’empreinte ADN de votre chien ou sa compatibilité de filiation avec ses parents, il faut passer une commande de saisie d’empreinte dans votre espace LOFConnect.

Pour la saisie d’empreinte, Cliquez sur le menu SANTE, puis SAISIE EMPREINTE ADN.
Pour la recherche en compatibilité de filiation, cliquez sur le menu SANTE, puis TESTS GENETIQUES.

          Cotation : si la cotation de votre chien n’est pas à jour sur LOF Select, c’est que nous n’avons pas reçu l’information de la part du club de race, il faut donc contacter votre club de race pour qu’il nous envoie les cotations à mettre à jour.

          Photo : : Vous souhaitez ajouter une photo à la fiche de votre chien

Vous êtes éleveur : Vous avez ouvert votre site éleveur, vous avez accès à l’ensemble des fiches des chiens que vous avez produit, et vous avez donc la possibilité d’enrichir chaque fiche avec une photo.

Si vous n’êtes pas éleveur :  envoyer une photo de bonne qualité, idéalement format paysage en indiquant le nom et l’identifiant du chien à notre webmaster webmaster@centrale-canine.fr
N’hésitez pas à prendre contact en cas de difficulté.

          Pedigree étranger :

Si votre chien importé n’apparaît dans notre base de données : Remplir le formulaire prévu à cet effet (téléchargeable ici) et envoyer ce formulaire accompagné d’un scan lisible du pedigree d’origine (recto verso) à genealogie.etrangere@centrale-canine.fr.

Si votre chien importé apparaît incomplet, envoyer un scan lisible du pedigree et des éléments manquants pour modification à genealogie.etrangere@centrale-canine.fr.

ATTENTION : Dans les deux cas, des documents généalogiques complémentaires peuvent être nécessaires pour compléter la 4e et 5e générations.

Si vous souhaitez signaler des erreurs ou ajouter des informations sur plusieurs chiens, merci de nous envoyer un mail par chien afin de faciliter le traitement de votre demande.

 

Pour toute autre question sur la fiche LOF Select de votre chien, vous pouvez contacter laurence.leroux@centrale-canine.fr.

Covid 19 : les dresseurs sont à l’arrêt

Covid 19 : les dresseurs sont à l’arrêt

Que vous ayez un jeune chien de chasse en attente d’être débourré ou un futur crack des Field, il y a fort à parier qu’il passe entre les mains de ces magiciens de l’éducation et du dressage…  Mais depuis mi- mars, ceux qui font le bonheur de nombreux chasseurs de l’hexagone se sentent oubliés… et revendiquent haut et fort leur envie d’exercer leur métier… tout simplement ! 

« La situation est très grave parce que les dresseurs professionnels, sont très souvent éleveurs et ont une pension avec zéro activité depuis plusieurs semaines et je ne parle pas du dressage qui est réduit à néant » souligne Dominique GUILLON, Président de l’Association des Dresseurs Professionnels.

« Le SNPCC a réuni plus de 80 professionnels représentants toutes les professions du chien et du chat et a déposé un dossier complet pour les reprises d’activités par métier avec des protocoles sanitaires. Respectant toutes les directives gouvernementales, ce dossier est en attente de validation par les ministères du travail et de la santé ».  

En définitive, pour répondre aux besoins essentiels de ces différentes activités, ces protocoles ont été créés afin de permettre aux différents dresseurs professionnels de l’hexagone, de faire une chose simple : exercer leur métier.

« Il y a un protocole par métier. Pour le Dressage, Comme nous avons généralement deux mois de dressage qui sont réservés par nos fidèles clients, nous avons mis en place un protocole sanitaire spécifique avec le SNPCC et sommes dans l’attente de sa validation par les instances concernées »

Ce protocole, qui est en attente de validation, permettrait aux dresseurs de recevoir leurs clients venus leur amener leur (s) chien (s) dans des conditions sanitaires respectueuses de la lutte contre le Covid-19. L’envie, le temps, la compétence et les territoires sont là pour débourrer, entraîner et préparer les concours et surtout, les grands championnats : mais pour l’instant, l’arrêt des concours ne leur facilite pas la tâche… et le temps file !

Le métier de dresseur de chiens de chasse, et en particulier, de chiens d’arrêt demeure inconnu de la grande majorité des cynophiles. « Nous sommes minoritaires et peu nombreux, Il faut gérer dans un timing précis, et pouvoir prendre en mains les chiens de nos clients dans de bonnes conditions. Dans l’état actuel des choses, je n’ai qu’un seul constat : la situation est catastrophique »

 

Laissez-nous simplement travailler

Autre son de cloche, à la fois empreint de tristesse et de rage. Celui de Bruno HYTIER, qui est encore plus inquiet de la situation de sa profession dans cette période de confinement. Installé dans le Doubs (25) à Pontvillers, il élève plusieurs races de chiens d’arrêt sous l’affixe Du CLOS DE LA BAUDELIERE. Mais son activité principale demeure le dressage, une profession qui est avant tout sa passion au quotidien qu’il vit aussi bien avec de jeunes chiens à débourrer que des adultes rompus aux plus grandes compétitions de Printemps et d’Automne.

« Je vis de l’élevage et du dressage, donc automatiquement, j’ai des appels quotidiens et je ne peux pas répondre positivement.  A cette époque, au 15 avril, je rentre normalement les revenus des concours des Field de Printemps. Ensuite, d’avril à juillet, je dresse des chiens pour la chasse, aussi bien pour la compétition que pour débourrer de jeunes chiens. Les gens actuellement appellent et je suis dans l’impossibilité de leur dire : « OK, venez à telle date ou rendez-vous après-demain vers 14h00 ».

Dans cette profession qui réclame beaucoup de temps et énormément de passion, les dresseurs sont régulièrement amenés à voyager sur le plan international avec des véhicules qui leur permettent de loger de nombreux chiens qu’ils vont présenter dans les Field-trials.

« J’ai juste envie qu’on nous laisse travailler rajoute Bruno : je dispose de 9 hectares pour dresser et entrainer et je n’ai donc aucun contact humain : je veux juste que puissions recevoir nos clients dans des conditions sanitaires responsables ». Il a un parc de plusieurs dizaines de d’hectares à quelques kilomètres de son élevage, où il est seul, sans aucun contact avec l’extérieur.
« Aller les chercher chez eux ? Comment voulez-vous que nous fassions car j’ai des clients qui sont éparpillés dans l’hexagone il m’est donc impossible d’aller chercher tous leurs chiens. Ils sont fidèles et ils patientent, certes, mais nous, nous n’avons pas un centime qui rentre pour couvrir nos frais, nos crédits, etc… depuis le 15 mars ».  

Cela fait plus d’un mois et demi que les dresseurs n’ont plus aucun revenu. Pour eux, ce qui est perdu est perdu : « j’ai besoin de travailler, laissez-moi travailler ! » implore Bruno.

 

 

Plus de revenus

Tous ont un discours similaire et parfaitement compréhensible : ils ont besoin de travailler. L’un d’eux soulignait que leur métier est également très lié à l’Agenda des concours. Leur annulation au Printemps, juste avant la période de confinement national, a généré beaucoup de frustration. Car des chiens avaient été dressés et préparés avec cet objectif : sortir en Championnat !

« Concrètement, les clients paient l’entrainement avant les concours, et quelques jours avant le jour J, nous leur annonçons que tout est annulé… ».

Si la pension demeure une activité mineure pour la plupart des dresseurs, la SEULE activité qui « tourne » c’est l’élevage et ils font tout pour livrer les chiots sans trop impacter le prix de vente initial. Sur ce thème de l’élevage, certains sont mêmes étonnés de la demande en cette période de confinement : le prix importe peu, ce que les clients souhaitent c’est avoir leur chiot le plus rapidement possible. Ils connaissent bien l’élevage et le dresseur, et ne se posent pas d’autre question que d’avoir « leur chiot ».

Pour mémoire, tout dresseur digne de ce nom, possède une licence propriétaire (pour conduire ses propres chiens) ou une licence de conducteur (pour les chiens de ses clients). Généralement le travail se fait sur réservation tant pour les jeunes chiens à débourrer que pour préparer un chien de concours. Et dans ce moment très compliqué, les annulations sont quasi inexistantes mais il sera impossible de rattraper le temps perdu.

 

Ils attendent tous la possibilité de recevoir leur (s) client (s) venus leur amener des élèves. C’est peu demandé mais c’est tout pour eux. Une passion dévorante, qui les occupe 365 jours par an, avec trois activités distinctes mais parfaitement complémentaires. Et ne voir personne venir à la porte, ne serait-ce que quelques minutes, avec un masque, une distanciation et toutes les règles d’usage face au Covid-19 ne peut que les rendre encore plus amères. Ils attendent avec anxiété un geste du Ministère pour sauver leur profession. 

FAQ – Service ADN

FAQ – Service ADN

De nombreuses questions nous parviennent concernant le fonctionnement du service ADN de la Centrale Canine. L’équipe est actuellement en télétravail, et peut gérer une partie de vos demandes, quelques précisions :

       J’ai une question sur le catalogue ADN, sur la génomique, ou sur un ancien résultat, qui dois-je contacter ?

Pour toute question, vous pouvez contacter le service ADN par mail à adn.contact@centrale-canine.fr.

Pour consulter le catalogue : https://www.centrale-canine.fr/articles/tests-adn-formulaires-de-commande-listes-et-plus

Pour en savoir plus sur les packs génomiques : https://www.centrale-canine.fr/actualites/loffre-genomique-de-la-centrale-canine

 

       Je souhaite faire enregistrer l’empreinte ADN de mon chien, est-ce possible ?

Oui, le service peut traiter l’enregistrement des empreintes en télétravail. Pour cela, il faut vous connecter à votre espace LOFConnect puis aller dans l’onglet SANTE puis Saisie d’empreinte ADN. La démarche se fait entièrement en ligne.

 

       Je souhaite faire une demande de filiation, est-ce possible ?

Si les empreintes ADN du chien concerné et de ses parents sont déjà enregistrées dans la base LOF, la commande de filiation sera traitée directement.

Pour faire votre commander, il faut vous connecter à votre espace LOFConnect puis aller dans l’onglet SANTE puis Tests génétiques. Vous devrez ensuite saisir l’identifiant du chien et sélectionner « Compatibilité seule » si cette option est disponible. La démarche se fait entièrement en ligne.

 

       Je souhaite commander un test génétique ou un pack génomique, est-ce possible ?

En télétravail, il n’est pas possible pour nous de vous envoyer le kit de prélèvement suite à votre commande. Vous pouvez bien passer votre commande depuis votre espace LOFConnect, mais celle-ci ne sera traitée qu’à notre retour dans les locaux de la SCC. Pour vérifier que votre commande est bien passée, vous pouvez aller dans l’espace Mes commandes.

Vous recevrez votre kit de prélèvement à la fin du confinement.

 

       Je souhaite envoyer le prélèvement ADN fait par mon vétérinaire, est-ce possible ?

Nous ne pouvons pas recevoir les kits de prélèvement en ce moment. Nous vous conseillons donc d’attendre la fin du confinement pour nous les envoyer.

Si vous avez déjà fait le prélèvement chez votre vétérinaire, vous pouvez le conserver dans l’enveloppe retour, dans un endroit frais et sec (il n’est pas nécessaire de le mettre au frigo).

Si vous n’avez pas fait le prélèvement, nous vous recommandons d’attendre la fin du confinement pour vous rendre chez votre vétérinaire, celui-ci devant se concentrer sur les urgences en ce moment.

 

       J’ai envoyé mon prélèvement avant la mise en place du confinement, est-il en cours de traitement ?

Pour suivre l’état de votre commande, merci de nous envoyer un mail à adn.contact@centrale-canine.fr avec le numéro de commande. Nous pourrons vous informer au cas par cas.

 

 

Pour toute autre question, vous pouvez contacter le service ADN par mail à adn.contact@centrale-canine.fr, nous nous efforçons de vous répondre en 48 à 72h.

Le confinement vu par nos voisins : Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni

Le confinement vu par nos voisins : Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni

Nous avons interrogé nos homologues étrangers sur les effets de la quarantaine actuelle sur leur activité.

Voici les questions et les réponses de la Fédération Cynologique Luxembourgeoise (Luxembourg), le Raad van Beheer (Pays-Bas) et le Kennel Club (Royaume-Uni).

1 – Est-ce que des mesures de confinement ont été imposées dans votre pays ?

LUXEMBOURG : Le confinement a commencé avec la fermeture des écoles le 16/03/2020. Vraisemblablement les écoles vont ouvrir le 04/05/2020. Rien n’est décidé actuellement (14/04/2020) sur le déconfinement.

PAYS-BAS : nous avons un confinement intelligent jusqu’au 28 avril au moins. Cela signifie que les gens doivent rester chez eux autant que possible, mais qu’ils sont toujours autorisés à sortir, par exemple pour se promener, faire des courses ou travailler. Les personnes (sans lien de parenté) doivent garder une distance d’au moins 1,5 mètre, à l’extérieur comme à l’intérieur. Dans le cas contraire, vous risquez une amende de 390 euros. Vous pouvez recevoir maximum 3 visiteurs.

Les musées, théâtres, bars, restaurants, etc. sont fermés au moins jusqu’au 28 avril. Tous les événements sont annulés jusqu’au 1er juin. Le gouvernement donnera une conférence de presse le 21 avril pour informer sur la période après le 28 avril.

ROYAUME-UNI : Depuis le 23 mars, tout le monde doit rester chez soi, sauf pour faire les courses de première nécessité, pour l’activité physique un fois par jour, pour des raisons médicales et pour se déplacer pour le travail, si nécessaire.

 

2 – Les dog shows et autres épreuves de sélection sont-ils annulés ?

LUXEMBOURG : La loi du 24 mars déclare l’état de crise pour la durée de trois mois et interdit l’organisation de tout évènement sur le territoire d Grand-Duché pour cette période de trois mois.

PAYS-BAS : Oui, toutes les expositions canines ont été annulées jusqu’au moins le 1er juin.

ROYAUME-UNI : Oui, toutes les expositions canines et les autres activités canines ont été annulées depuis le 17 mars. À l’heure actuelle, toutes les expositions jusqu’à la fin de juin ont été annulées, mais certains organisateurs ont choisi d’annuler les expositions jusqu’en septembre.

 

3 – Une dérogation aux mesures de confinement est-elle prévue pour certaines activités économiques ? Si oui, l’élevage en fait-il partie ?

LUXEMBOURG : La FCL dépend du Ministère de l’Agriculture dans ses activités et de ce fait tout ce qui est permis à l’agriculture devrait être permis aux éleveurs de chiens, sous condition bien évidemment de respecter les règles de fonctionnement fixées.

PAYS – BAS : voir la réponse sous 1. Les Pays-Bas ne sont pas en quarantaine totale.

ROYAUME-UNI : Jusqu’à présent, les éleveurs de chiens ont été soumis aux mêmes restrictions de mouvement que le reste de la population. Toutefois, pour les éleveurs professionnels, la réglementation leur permet de quitter la maison pour des raisons professionnelles, à condition de respecter les exigences en matière d’hygiène et de distanciation sociale.

Si le fait de garder des chiots plus longtemps qu’initialement prévu devient une préoccupation importante pour leur bien-être chez les éleveurs non professionnels, il est possible que cela soit considéré comme une excuse raisonnable pour quitter son domicile, conformément aux règles Covid-19 [veuillez noter que celles-ci diffèrent d’un pays à l’autre au Royaume-Uni]. De même, d’autres facteurs tels que les difficultés financières ou les problèmes de santé mentale liés à la garde prolongée des chiots peuvent également constituer des raisons valables pour quitter sa maison afin de transporter les chiots. Si vous transportez des chiots vers leur nouveau domicile, veuillez suivre les conseils donnés sur le site https://www.thekennelclub.org.uk/health/for-owners/coronavirus/advice-for-animal-related-businesses-and-local-authorities-during-covid-19/. Le recours à un transporteur commercial agréé pour les chiens peut également être envisagé.

 

4 – Concrètement, est-ce que les éleveurs ont le droit d’aller livrer les chiots chez les particuliers ?

LUXEMBOURG : Les règles du confinement ne prévoient pas ce cas en particulier. Comme dit au point 3, ne faut-il pas nuancer en se posant la question si la livraison d’un chiot peut être considérée comme essentielle et de première nécessité ? Plus est que la plupart des « clients » des éleveurs de la FCL n’habitent pas sur le territoire du Grand-Duché de Luxembourg, et comme les frontières sont fermées, aucun déplacement ne peut se faire pour ces cas.

PAYS – BAS : Oui, tant qu’ils gardent la distance de 1,5m. Le Kennel Club des Pays-Bas identifie les chiots par transpondeur. Nous avons changé notre procédure afin de limiter le risque de contagion. En conséquence, il n’y a plus de visite au domicile de l’éleveur.

ROYAUME-UNI : Toute personne travaillant dans le domaine de l’élevage de chiens (c’est-à-dire possédant une licence délivrée par les autorités locales) peut se déplacer pour livrer des chiots, selon la réglementation du confinement.

À présent, il est conseillé aux potentiels acheteurs de ne pas aller chercher les chiots.

Si le fait de garder des chiots plus longtemps qu’initialement prévu devient une préoccupation importante pour leur bien-être chez les éleveurs non professionnels, il est possible que cela soit considéré comme une excuse raisonnable pour quitter son domicile, conformément aux règles Covid-19 [veuillez noter que celles-ci diffèrent d’un pays à l’autre au Royaume-Uni]. De même, d’autres facteurs tels que les difficultés financières ou les problèmes de santé mentale liés à la garde prolongée des chiots peuvent également constituer des raisons valables pour quitter sa maison afin de transporter les chiots. Si vous transportez des chiots vers leur nouveau domicile, veuillez suivre les conseils donnés sur le site https://www.thekennelclub.org.uk/health/for-owners/coronavirus/advice-for-animal-related-businesses-and-local-authorities-during-covid-19/.

 

L’utilisation d’un transporteur commercial agréé pour les chiens peut également être envisagée, tant par les éleveurs commerciaux que non professionnels. Cela est autorisé par la réglementation sur le coronavirus.

5 – Y a-t-il une différence des règles entre les éleveurs professionnels et amateurs ?

LUXEMBOURG : la loi du 27 juin 2018 sur la protection des animaux ne fait pas de différence entre professionnel et amateur. Elle prescrit une autorisation à toute personne qui fait de l’élevage de chiens.

PAYS-BAS : en ce qui concerne le coronavirus, il n’y a pas de différence.

ROYAUME-UNI : Oui cf. question précédente.

 

6 – Comment cela se passe-t-il avec les vétérinaires ?

Sont-ils autorisés à faire : la vaccination ? l’identification des chiots ? des certificats de bonne santé pour la vente ? à se déplacer en élevage ?

LUXEMBOURG : Il appartient à chaque vétérinaire de décider sur les interventions à faire. Si le cabinet du vétérinaire est ouvert, celui-ci doit prendre toutes les mesures nécessaires afin que le bon fonctionnement des règles prescrites soit garanti.

PAYS – BAS : l’identification des chiots est effectuée par le Kennel Club, le Raad van Beheer, voir la réponse sous point 4. Les vétérinaires ont décidé de minimiser les services vétérinaires non-essentiels. Ils vaccinent toujours les chiots. Les examens (tels que radiographies pour la dysplasie de hanches et coudes) pour les animaux d’élevage sont toujours effectués, mais pas par toutes les cliniques. Les vétérinaires ECVO ont décidé d’arrêter les examens. Les éleveurs et les nouveaux propriétaires doivent contacter leurs vétérinaires afin de vérifier les services encore proposés.

ROYAUME-UNI : Les vétérinaires sont autorisés à exercer dans la situation actuelle, en particulier pour les soins d’urgence. Au cours des premières semaines de confinement au Royaume-Uni, les vétérinaires ont reçu des conseils non contraignants de limiter leur travail aux soins d’urgence. Suite à la poursuite du confinement, ces directives ont été mises à jour et les vétérinaires sont maintenant informés que les vaccinations primaires et les rappels annuels pour les chiens et les chats peuvent se poursuivre. Des micropuces peuvent être implantées si l’animal est déjà présent chez le vétérinaire pour l’activité essentielle, c’est-à-dire la vaccination primaire.

Le guide est disponible ici – https://www.bva.co.uk/media/3434/bva-guidance-for-veterinary-practices-on-covid-19-from-14-april-2020-final.pdf

Les cabinets vétérinaires individuels restent capables de prendre leurs propres décisions sur le travail qu’ils sont et ne sont pas disposés à faire.

 

7 – Comment cela se passe-t-il pour les refuges ? Sont-ils autorisés à organiser des adoptions ?

LUXEMBOURG : A partir du 20/04/2020 les refuges seront ouverts pour prendre des contacts téléphoniques en vue d’une adoption. Si toutes les conditions sont remplies l’intéressé peut se déplacer physiquement au refuge pour voir le chien et ceci bien évidemment sous condition que les règles de fonctionnement fixées soient respectées.

PAYS-BAS : comme les gens restent plus souvent à la maison, la demande de chiens est plus forte. Les gens se rendent souvent dans des refuges, mais – sagement – ils interrogent très bien les propriétaires potentiels, pour limiter le risque qu’après le coronavirus, le chien ne revienne au centre. En fonction du refuge, certains centres n’acceptent pas de visiteurs pour le moment, mais d’autres en autorisent encore et l’adoption est donc toujours possible.

Les éleveurs constatent également une demande plus importante de chiots. Nous leur avons envoyé un e-mail pour les avertir.

ROYAUME-UNI : Dans ce contexte, nous recommandons que, dans la mesure du possible, les responsables des refuges examinent sérieusement s’ils sont en mesure d’accueillir d’autres chiens ou de les placer, en raison des directives générales et des mesures de sécurité du gouvernement, tant que le confinement est en vigueur.

Le raisonnement qui sous-tend ces recommandations est le suivant :

En raison de l’interdiction des déplacements non essentiels, vous ne pourrez pas effectuer de contrôles à domicile. Cette mesure comporte des risques pour votre sécurité et celle des autres. Cela vous concerne également si vous devez aller chercher des chiens.

Vous devez tenir compte de votre propre capacité avant d’accepter d’accueillir des chiens et garder à l’esprit qu’il vous sera difficile de les placer dans un nouveau foyer à l’heure actuelle.

Nous attendons la publication prochaine de nouvelles lignes directrices par une coalition d’organisations de protection des animaux, qui fourniront un mécanisme permettant aux centres de sauvetage de livrer des animaux au domicile des personnes afin de les reloger. Ces directives viseront à clarifier la possibilité que les personnes remettent des animaux de compagnie aux refuges, soit par le biais d’une collecte par le refuge, soit en permettant à un propriétaire qui n’est plus en mesure de s’occuper de son animal de se rendre au refuge pour abandonner son animal.

 

 

Les réponses de l’Alliance Canine Latine (la RSCE (Espagne), l’ENCI (Italie) et le CPC (Portugal)) sont trouvables ici :  http://news.centrale-canine.fr/index.php/2020/04/17/le-confinement-vu-par-nos-voisins-lalliance-canine-latine/

Comment livrer un chiot pendant le confinement

Comment livrer un chiot pendant le confinement

En période de confinement, tous les éleveurs sont devant un cruel dilemme : les acquéreurs qui sont dans leur grande majorité des « particuliers » ne sont pas autorisés à venir chercher le chiot qu’ils ont réservé dans un élevage. Heureusement, des solutions existent car, pour la première fois de leur histoire, les éleveurs français sont tous sur un pied d’égalité sur ce point : aucun éleveur ne peut recevoir un acheteur à son domicile. Cela signifie que les visites à l’élevage se font rares pendant le confinement… et que la livraison s’impose, quand l’acquéreur n’est pas prêt à attendre….

Nous n’allons pas enfoncer des « portes ouvertes » mais en faisant appel à un professionnel du transport, ayant l’agrément (TAV) pour transporter des animaux vivants, le coût de la prestation sera bien entendu fortement lié à la distance parcourue, de l’élevage au domicile de l’acquéreur mais également s’il s’agit d’une livraison seule ou groupée. Cette dernière solution semble avoir la faveur des éleveurs.

Certains éleveurs ne veulent absolument pas entendre parler d’une tierce personne pour livrer leurs chiots : soit ils restent à l’élevage jusqu’à la fin du confinement, soit leur statut permet qu’ils fassent eux-mêmes les livraisons et des éleveurs tiennent particulièrement à garder ce lien avec leur client quand cela est possible. Mais dans de nombreux cas, l’éleveur ne peut pas livrer lui-même !

En général, les prestataires ont des tarifs « fixes » pour un déplacement intra-départemental ou dans la région mais au niveau national, le prix de la livraison se fait sur devis, en fonction du kilométrage et du nombre de chiots. Si le tarif au kilomètre proposé par le prestataire est la norme, tout dépend de la volumétrie.

Le confinement a également suscité de nouvelles vocations pour des personnes habilitées à transporter des chiens mais qui ne le font habituellement pas dans le cadre des livraisons de chiots.

 

Avant de prendre la décision

Entre six portées de chiots labradors et une portée de chihuahua en attente, avec des chiots en âge de partir chez leurs futurs propriétaires, les orientations ne seront pas les mêmes de la part de l’éleveur.

Les éleveurs interrogés reconnaissent, qu’avec cette période de confinement, ils souhaitent vivement que le chiot arrive rapidement chez son nouveau maître pour tisser des liens très forts dès le départ mais qu’il faudra gérer lors du déconfinement.

Quand un éleveur a plusieurs chiots « prêts à partir », qu’ils ont été identifiés, vaccinés, puis inscrits au LOF, les acheteurs, dans leur très grande majorité, n’ont qu’un souhait : l’avoir à la maison « rapidement ».

Si les chiots ne sont pas encore identifiés et vaccinés et n’ont pas de certificat de bonne santé, il faudra bien sûr vous renseigner auprès de votre vétérinaire en amont pour savoir dans quelles conditions il peut vous proposer de réaliser ces actes.

1er Point : Prévenir les clients qu’une livraison est possible

2ème Point : Trouver le bon prestataire et lui faire faire un devis détaillé, ce n’est pas une mince affaire. Evoquer d’emblée le tarif forfaitaire (à quelques exceptions près lorsque l’acquéreur réside dans le même département ou un département limitrophe de celui de l’éleveur, certaines formules permettent de livrer le chiot seul – sans la présence de ses frères et sœurs lors d’une tournée groupée)

3ème Point Pour éviter les désistements, il faut rassurer le client et suivre le chiot pendant la livraison et après la livraison. Nos interlocuteurs n’ont pas été confrontés à ce genre de problème mais il existe.

4ème Point Il faut s’organiser. La livraison, à l’instar de ce que l’éleveur à fait pour faire vacciner, et identifier ses chiots, doit lutter contre ses habitudes « reflexes » car en cette période de confinement, beaucoup de choses ont changé.

5ème Point Organiser la tournée des livraisons en relation étroite avec le prestataire : Inutile de faire faire des kilomètres superflus à ce dernier, il faut impérativement – comme un technico-commercial – optimiser la tournée pour que la somme forfaitaire divisée par le nombre de chiots livrés soit suffisamment basse pour ne pas dissuader l’acquéreur

6ème Point : Pour des questions sanitaires, il est fortement déconseillé que des chiots provenant de différents élevages se retrouvent dans le même véhicule : un éleveur = un véhicule de livraison

7ème Point : Lorsque le prestataire fait une tournée relativement longue, plus d’un jour, certains éleveurs exigent que le prestataire dorme dans le camion proche des chiots !

8ème Point : Après avoir préparé la pochette de chaque chiot avec tous les documents ad hoc (Passeport, Contrat, etc.), cette dernière sera proprement scotchée sur la cage de transport avec le prénom du chiot bien visible afin d’éviter tout problème au moment de la livraison.

9ème Point Il est bien entendu INUTILE de faire transiter des chiots qui n’ont pas été vaccinés : c’est interdit et de surcroit, dangereux sur le plan sanitaire

 

 

 

Les principales solutions de transport

Le TAXI ANIMALIER

Une ressource raisonnable lorsqu’il s’agit de livrer dans le département voir dans un département voisin. Une « course » est tarifée forfaitairement soit sur une base kilométrique (De 1 Euro à 1,50 Euro du kilomètre).

Depuis le début du confinement, ils sont fortement sollicités par des éleveurs et même des acquéreurs qui leurs demandent d’allez chercher leur chiot dans l’élevage.

Les plus anciens en activité, ont débuté dans les années 80, très souvent comme « ambulance animalière » mais également pour permettre à un chien d’aller chez son toiletteur, chez son vétérinaire ou tout simplement, pour être dépose dans une pension un week-end.

Les PRESENTATEURS OU HANDLERS

Dans le contexte actuel avec l’arrêt total des manifestations canines jusqu’à mi-juillet, les handlers se lancent dans ce service qui fait partie de leur métier, transporter dans de bonnes conditions des chiens d’un point A à un point B voire C quand ils font plusieurs expositions sur trois jours.

Pour livrer un chiot, il n’y a normalement qu’un aller et pas de retour, contrairement à leurs habitudes.

Les éleveurs qui ont recours à leurs services, imposent une chose : une livraison exclusive de la portée, une préparation en amont pour que le jour du départ tout soit prêt et que les livraisons se déroulent dans de bonnes conditions avec le retour de chaque client dès la réception du chiot.

Idem que pour les taxis animaliers, le forfait sur une base kilométrique ou sur devis en fonction de la distance et du nombre de chiots à livrer.

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Les Sociétés de TRANSIT

Ce sont des sociétés qui font le national mais également l’international (transport aérien) et qui prennent en charge de bout en bout le ou les chiots qui leurs sont confiés.

Le coût peut varier du simple au quadruple par rapport aux deux premiers modes de livraison cités avant. J’ai senti une réticence chez mes interlocuteurs arguant le fait que les conditions de transport ne sont pas optimales. Et nous savons tous, qu’un chiot qui « rate » son premier voyage en voiture, en porte les stigmates pendant longtemps. Un marché de « niche » pour ces transporteurs qui profitent bien entendu de cette période historique de deux mois de confinement, pour répondre présent.

Les sociétés de TRANSPORT EXPRESS

France EXPRESS, entre-autres, a développé une unité spécifique qui reste raisonnable pour les courtes distances

Il y a même un acteur qui s’est spécialisé dans le transport de chien et de chat. (TRANS CANIN), courte, moyenne et longue distance